India

Crise des visas : l’Inde en appelle à l’OMC

La tension entre l’Inde et les Etats-Unis, autour de la question des visas de travail, particulièrement importante pour les SSII du sous-continent, est loin d’être retombée.

Alors que les efforts diplomatiques, de lobbying, et encore de communication ont manifestement échoué, l’Inde prévoit désormais d’en appeler à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Selon le gouvernement du pays, celui-ci serait victime de discrimination.

Infosys cherche à faire ses emplettes en Europe

Serait-ce le retour des grandes manoeuvres ? Alors que la SSII indienne avait essayé fin 2008, en vain, de racheter le britannique Axon, spécialiste des solutions SAP, celle-ci pourrait profiter de ses importantes réserves de liquidité pour procéder à un rachat sur le vieux continent.

Selon nos confrères de Bloomberg, Infosys prévoirait ainsi de piocher dans ses 4 Md$ de liquidités pour réaliser une acquisition en Europe. Et de citer Sword Group et GFI Informatique parmi les cibles potentielles, mais également Sopra. De fait, la SSII indienne devrait privilégier une entreprise française pour profiter de prix de transactions très sensiblement inférieurs à ceux observés pour des SSII d’autres pays d’Europe de l’ouest. Le rachat d’un Sopra pourrait par exemple doubler le chiffre d’affaires d’Infosys sur le vieux continent. Et la SSII serait évaluée à 500 M€, selon nos confrères.

Le doute plane sur la santé réelle des SSII indiennes

Vont-elles bien ou pas ? Infosys avait semé le doute avec ses résultats pour le premier trimestre 2012. Mais TCS et HCL avaient rapidement rassuré. Las, les prévisions de Wipro, et surtout celles de Cognizant – en particulier sur un secteur clé pour TCS – sont à leur tour venues rafraichir les optimistes. Le doute sur les performances à court terme des SSII indiennes apparaît dès lors comme la seule certitude.

Rien n’est plus certain aujourd’hui que le doute quant aux perspectives à court terme pour les SSII indiennes. Certes, le premier trimestre 2012 s’est plutôt bien déroulé pour la plupart. Pour le premier trimestre 2012, TCS a ainsi réalisé un chiffre d’affaires de 2,65 Md$ (+2,5 % par rapport au trimestre précédent et +20,45 % sur un an), assorti d’un bénéfice net de 596 M$ (+3,74 % et +12,24 % respectivement). HCL a annoncé pour sa part un chiffre d’affaires de 1,05 Md$ (+2,54 % sur trois mois et +14,54 % sur un an), pour un bénéfice net de 121 M$ (+8,04 % et +17,48 % respectivement). Ces deux bonnes nouvelles sont intervenues après qu’Infosys a annoncé un chiffre d’affaires de 1,77 Md$ au premier trimestre 2012, soit près de 2 % de moins qu’au trimestre précédent, et prévu une croissance de 8 à 10 % pour l’exercice 2012-2013. De quoi rassurer les marchés ? En partie. De fait, Wipro a également annoncé de plutôt bons résultats pour le premier trimestre : chiffre d’affaires de 1,94 Md$ (+2,65 % par rapport au trimestre précédent, et +4,5 % sur un an), et bénéfice net de 291 M$ (+5,83 % par rapport à la fin 2011, mais -6,13 % sur un an). Mais son directeur financier et son Pdg n’ont pas manqué de souligner la «volatilité de l’environnement» ou encore «l’incertitude» pour mieux justifier une prévision stable sur un an de chiffre d’affaires pour le second trimestre de l’année.

TCS et HCL rassurent sur la santé des SSII indiennes

Nombreux sont les observateurs de l’industrie indienne des services informatiques à avoir poussé un soupir de soulagement à l’annonce des résultats trimestriels de TCS et d’HCL.

Pour le premier trimestre 2012, le premier a réalisé un chiffre d’affaires de 2,65 Md$ (+2,5 % par rapport au trimestre précédent et +20,45 % sur un an), assorti d’un bénéfice net de 596 M$ (+3,74 % et +12,24 % respectivement). Pour TCS, ce dernier trimestre de l’exercice fiscal 2011-2012 marque en outre le passage de la barre symbolique des 10 Md$ de chiffre d’affaires; une première pour une SSII indienne.

Visas : l’Inde menace le Royaume-Uni d’une délocalisation de ses SSII

Il n’y a pas qu’outre-Atlantique que le sujet des visas de travail accordés aux employés des SSII indiennes fait polémique. C’est également vrai outre-Manche.

L’Inde vient ainsi très officiellement d’avertir le Royaume-Uni d’un risque de délocalisation de ses SSII vers des pays d’Europe continentale en cas de durcissement de ses règles d’octroi de visas. Selon l’Economic Times of India, le sujet a été évoqué lors d’un échange entre le ministre indien du Commerce et de l’Industrie et le secrétaire d’État britannique au Commerce, à l’Innovation, et aux Compétences. En réponse, ce dernier a assuré son interlocuteur qu’aucune décision n’avait encore été prise sur les conditions d’octroi de visas, dans le cadre de transferts au sein d’une même entreprise. L’industrie IT indienne s’inquiète d’une proposition consistant à considérer les personnes concernées comme des immigrants en devenir.

Les petites perles d’IndiaSoft 2012

On trouve de tout, sur IndiaSoft, de la TPE spécialiste du développement HP à la SSII moyenne qui officie souvent dans l’ombre de ses grandes soeurs. Si les exposants sont très variés en termes d’offres et de spécialités, ils le sont aussi sur le plan qualitatif. Voici une sélection d’exposants qui ont retenu notre attention.

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Microsoft défend les travailleurs migrants

Le géant de Redmond monte au créneau. Alors que le bras de fer entre administration américaine et SSII indiennes, autour des visas de travail H1-B, se poursuit désormais depuis plusieurs années, Microsoft vient d’affirmer son soutien à cette immigration. Pour Brad Smith, vice président exécutif de l’éditeur en charge des questions légales, «les personnes que nous employons avec le statut H1-B – formées dans quelques unes des meilleures universités des Etats-Unis et du monde – sont cruciales pour nos activités », et cela même si «la grande majorité de nos effectifs aux Etats-Unis est composée d’américains ». Selon lui, le taux de chômage dans l’industrie IT n’est que de 4 % outre-Atlantique et «notre économie est avide de travailleurs dotés d’une solide formation, et en particulier de diplômés en sciences, ingénierie et mathématiques ».

IndiaSoft 2012 renforce la place des éditeurs

Pour son édition 2012, IndiaSoft, qui se déroulait la semaine dernière à Hyderabad, a accordé plus de place aux éditeurs de produits et de solutions, en plus des incontournables prestataires de services de développement. La marque d’une volonté d’aborder des partenaires potentiels avec des éléments plus concrets, et d’accélérer ainsi l’établissement de relations d’affaires.

Cérémonie d'ouverture d'Indiasoft 2012

«La Silicon Valley indienne», ou du moins la ville qui a le potentiel pour le devenir. C’est ainsi que Shri S. Radhakrishnan, président de l’ESC, qui organise IndiaSoft, décrit Hydebarad où se déroulait cette année le salon. De fait, l’inventaire des entreprises IT présentes à Hitech City, dans la partie ouest de la ville, à cheval entre les quartiers de Kondapur et Madhapur, est impressionnant. On trouve là le centre de développement d’Amazon, un autre de Microsoft, et encore un de Nvidia, Oracle, Dell [un étage de l’édifice abriterait même des équipes de ventes pour la région Europe, Moyen-Orient, Afrique, NDLR], Google, TCS – juste en face de l’International Institute of Information Technology -, Infosys, Wipro, Mahindra Satyam, Cognizant, mais aussi un centre de service IT de HSBC, ou encore des implantations d’ADP et de Gameloft. Le tout à un jet de pierre de l’Université d’Hyderabad, lieu stratégique s’il en est pour séduire de jeunes recrues. Sont également présents dans l’état d’Andhra Pradesh IBM, Motorola, CA Technologies, Capgemini, CSC, Siemens, Facebook, Polaris… Bref, un peu comme à Bangalore, la planète IT semble s’être donné rendez-vous dans une ville que l’on surnomme parfois Cyberabad, à juste titre semble-t-il. L’état d’Andhra Pradesh compte d’ailleurs pour près de 14 % des exportations IT de l’Inde, soit environ 5,4 Md€; l’IT représentant 39 % des exportations de l’état. Le secteur y emploie près de 280 000 personnes.

IndiaSoft 2012 : une délégation française pleine d’ambition

Cérémonie d'ouverture d'IndiaSoft 2012

Comme l’an passé, le conseil indien de promotion des exportations IT a invité une délégation française à IndiaSoft. Ses membres ont accepté de nous confier leurs attentes et leurs premières impressions.
La délégation française invitée cette année par les organisateurs d’IndiaSoft est fortement marquée par la recherche de partenariats. Mohammed Harrare, président du cluster Franche-Comté Interactive et directeur d’E-Maginair, est ici pour «évaluer les sociétés indiennes dans une perspective de sous-traitance dans le domaine du développement Web, pour [ses] adhérents». Il cherche également des partenaires vers lesquels les adhérents du cluster pourraient se tourner pour le développement d’applications mobiles : «nous disposons de quelques acteurs dans ce domaine, localement, mais ils sont peu nombreux et le recours à la sous-traitance pourrait les aider à accélérer leur développement.» L’une des difficultés qu’il rencontre, sur place, est de trouver des structures comparables à un cluster. Myriam Bardinet, secrétaire du groupement, fait le même constat, relevant que les entreprises indiennes présentes sur IndiaSoft ne semblent pas enclines à coopérer sur un mode de cluster. Sinon pour s’organiser afin d’éviter de se voler mutuellement des compétences, souligne Mohammed Harrare. Myriam Bardinet cherche également à développer une première compréhension de la manière dont des relations commerciales peuvent s’organiser entre la France et l’Inde.