India

Quand l’occident menace l’industrie IT indienne…

Les entreprises occidentales – qu’ils s’agissent de SSII ou pas – commencent-elles à constituer une menace pour l’industrie IT indienne ? Peut-être. De nombreuses multinationales sont implantées dans le sous-continent, avec notamment des centres de service ou des unités de R&D. Parfois même très largement, comme un Dassault Systèmes ou un SAP qui réalisent environ 40 % de leur R&D en Inde. Dernier exemple en date, CA Technologies, qui vient d’investir 30 M$ dans un nouveau campus pour sa R&D, à Hyderabad. En tout, ces installations doivent pouvoir accueillir 2600 personnes.

Du coup, dans la compétition qui les opposent, entre elles, pour les recrutements, les SSII indiennes doivent composer avec les entreprises occidentales. Au cours de leur exercice fiscal en cours, les SSII indiennes vont chercher à recruter au moins 90 000 personnes, contre 20 000 l’an passé. La pression est telle que les SSII commencent à recruter des diplômés au profil non technique pour leurs activités d’administration d’infrastructure à distance. C’est bien simple, les niveaux de recrutement sont revenus à leurs sommets de l’automne 2007.

Pour Shiv Nadar, fondateur de HCL et l’un des pères de l’industrie IT indienne, «lorsque nous allons dans une bonne école d’ingénieurs, la concurrence tire à la hausse le coût des talents. Le coût des talents, au cours des dix dernières années à dû progresser de l’ordre de 200 %.» Et cette inflation s’accélère-t-elle ? «Je le crains bien, oui. Il y a un grand nombre d’étudiants entrant sur le marché; l’inflation s’accélère surtout sur les 25 % les meilleurs.»

Et les entreprises occidentales ont de sérieux arguments pour elles. En particulier, elles sont réputées pour donner une plus grande autonomie aux salariés. Et une fois passés par des organisations plus souples, les salariés indiens ne semblent pas très enclins à renouer avec la pesanteur hiérarchique que l’on prête à la plupart des entreprises indiennes. J’y reviendrai dans un autre billet.

Enfin, certains entreprises occidentales ne se privent plus de venir chasser directement sur le marché domestique indien – un marché qui pourrait peser plus de 13,5 Md$ en 2014. Deloitte vise ainsi un morceau du projet d’implémentation d’un ERP par l’IRDA, l’autorité locale de régulation du marché des assurances. Accenture, HP et IBM font parti des heureux élus du projet Unique ID, en plus d’HCL, TCS, Wipro ou Tech Mahindra.

Mais attention, les SSII indiennes ne manquent pas d’atouts dans leurs manches : forte flexibilité du droit du travail, avantages fiscaux, et même «des taux d’intérêts en croissance, ce qui rend le pays très attractif pour les investisseurs», explique Bidisha Ganguly, directrice de la recherche économique à la Confederation of Indian Industry.

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Un commentaire pour “Quand l’occident menace l’industrie IT indienne…”

  1. Le 28 octobre 2010 à 13:24

    françoise dit:

    Pas de doute: l’occident est vraiment le plus grand fouteur de caca de la planète, il le sait mais continue à se prendre pour un sauveur de l’humanité.

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