India

Retour en Inde

L’Inde est décidément un pays plein de surprises. Ici, c’est l’hôtel Rose à Jaipur; une adresse de routard exquise où m’a emmené mon ami - et chauffeur - Ayub. Le propriétaire de l’hôtel y coule les douces journées de sa retraite. C’est un ancien ministre... Petit coucou à Ferdinand, Claudia et Juliette qui doivent encore séjourner là quelque temps.

Après un peu de plus de deux ans, me revoici en Inde. Une courte semaine dans le sous-continent que je passerai essentiellement à Delhi. Mais ce voyage a déjà été l’occasion de retrouver, à Bangalore, l’auteur Lavanya Sankaran, le syndicaliste Karthik Shekkar et le français Michel Guez, de Smart Testing. Au programme de nos conversations, des sujets aussi variés que la crise de 2008/2009 et son impact sur cette ville souvent présentée comme la capitale de l’industrie IT indienne, le scandale de la corruption dans le cadre des jeux du Commonwealth, ou encore la vétusté toujours impressionnante des infrastructures.

Mais avant de revenir sur ces sujets, j’aimerais partager avec vous une rencontre – aléatoire, comme toujours – faite dans le nouveau terminal de l’aéroport de New Delhi.

Ça commence par une discussion banale dans ce genre d’endroit : «où allez-vous ?», me demande-t-elle. Moi : «à Jaipur; je suis en correspondance ici depuis 5h. Et vous ?» «à Ahmedabad; je vais retrouver mon mari.» Et là, son exclamation : «un mariage d’amour !». Manifestement, elle a envie d’en parler. En même temps, je suis curieux d’entendre son histoire : quelques heures plus tôt, je discutais, dans l’avion qui m’amenait de Bangalore, avec un Sikh originaire de Chandigarh, au nord de Delhi, et qui me vantait les mérites du mariage arrangé. La coïncidence est amusante.

Dans l'attente de l'appel de son mari...

Cette jeune femme – dont je tairai le nom à sa demande – a appris à connaître celui qui allait devenir son mari «par Internet. Ça commencé par un coup de fil. Je voulais appeler une amie et j’ai inversé deux chiffres dans son numéro. Un peu plus tard, cet homme m’a rappelé; je lui ai dit m’être trompée.» Tout se serait certainement arrêté là si l’homme en question n’avait été «marqué par ma voix. A partir de là, il m’a contacté à plusieurs reprises par SMS puis nous avons échangé par e-mail.» De fil en aiguille, les liens se tissent. Jusqu’au mariage. Et leurs parents ? «Mon père n’était pas franchement favorable à notre mariage. Mais ma mère et mon frère l’étaient. Il faut dire, en plus, que nous ne sommes pas de la même caste.» Bref, les temps changent et les mentalités évoluent.

Cette jeune femme est née, a grandi et vit dans la banlieue de Londres. Son mari cherche à la rejoindre au Royaume-Uni. En attendant, hier soir, elle a pu lui offrir le portefeuille en cuir qu’elle lui a acheté en chemin – «il ne voulait pas que je dépense trop pour lui mais je lui dit qu’on ne demandait pas le prix d’un cadeau.» -, les yeux probablement aussi pétillants qu’en racontant son histoire.

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