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Fait-il bon travailler chez HCL Technologies ?

La question pourrait se poser – et d’ailleurs, se pose – pour les autres SSII indiennes. Mais avec sa philosophie de management dite «Employees First, Customer Second», HCL fait un peu figure d’ovni. Question, donc : sur le terrain, au quotidien, quel est l’impact de cette philosophie ?

En particulier, lors de la rencontre organisée fin octobre entre Vineet Nayar et les salariés de Gurgaon, un salarié s’était de voir ses compétences sous sinon mal employées. Alors j’ai profité de la présence salariés lors d’un déjeuner dans les bureaux de HCL à Noida pour évoquer le sujet avec eux. Attention : il ne s’agit pas de salariés rencontrés par hasard mais de collaborateurs choisis par HCL pour rencontrer les journalistes présents. Mais l’échange n’en a pas manqué pour autant d’une certaine franchise.

Un premier : «dans mon équipe, nous recrutons d’abord sur la base de compétences acquises. Mais au bout d’un moins de formation, nous organisons un entretien pour savoir si le candidat peut être intéressé d’autres options. Par exemple parce que, après ce laps de temps, il apparaît que nous avions des attentes trop techniques par rapport au candidat, dans le cadre du poste initialement envisagé. Et qu’il ne se projette plus dans ce poste. On cherche alors une orientation au sein de l’entreprise.»

Une seconde : «Je sors d’études financières et j’ai fait ma dernière année d’études dans le marketing. Et je suis dans le département Formation. Ça surpris, au début que l’on me propose de faire du marketing au département formation. Mais je n’en suis pas frustrée; j’en suis même plus satisfaite. En fait, j’ai pu utiliser mes compétences pour assurer la promotion, en interne, de nos programmes de formation.»

Une troisième montre son attachement à la formation pratique fournie par l’entreprise : «est-ce que le savoir acquis suffit ? Non. On le confronte à la réalité; on voit ce qui marche, ce qui ne marche pas. Je dirais que ma capacité à travailler ici, c’est 70 % de formation et 30 % d’instruction à l’école.» Et de souligner avoir été formée à savoir comment «agir en tant que manager», quelque chose de «très générique». Le reste, la pratique… : «sur le terrain.» Et d’estimer que le système éducatif gagnerait à se rapprocher de la vraie vie dans les entreprises. Puis un autre relance : «aucune école ne peut totalement préparer à ça. Ici, on apprend tous les jours.» Et un dernier, pour conclure : «je pense que c’est un mélange d’intention, de passion et de compétence. J’ai un exemple : un gars chez nous, qui avant, vendait du savon… Il est arrivé dans nos équipes avant-vente. C’est devenu une star. Personne ne lui arrive à la cheville.» Bon, on déborde un peu du sujet initial. Mais c’est l’enthousiasme et la passion qui me semblent déborder.

Quelque jours plus tôt, à Bangalore, j’avais évoqué HCL et ses pratiques de management avec Karthik Shekhar. Voici ce qu’il m’en avait dit : «ils ont alternativement soufflé le chaud et le froid avec nous. Mais nous avons pu rencontrer le vice-président ainsi que leurs équipes des ressources humaines. Ils se sont intéressés à nous en raison de leur exposition aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, notamment, aux activités syndicales. Et parce que HCL veut apparaître N°1 dans tout ce qu’il fait. Mais ils cherchaient quelque chose qu’ils puissent contrôler. Et nous n’étions pas d’accord. Pour autant, il nous ont laissé rencontrer leurs salariés.» Un bon point, donc. Et à titre de comparaison, Karthik rappelle que «nous n’avons toujours aucun contact avec Wipro.»

Et cette philosophie, «Employees First, Customer Second» ? «C’est une bonne philosophie», pour Karthik Shekhar, «plus ou moins sincère. N’oublions pas que durant la récession, ce sont les seuls à avoir continué d’embaucher. Ils offrent une bonne formation mais, côté dialogue social, je trouve qu’ils manquent encore d’ouverture; je pense qu’ils peuvent faire bien plus. Mais je ne les blâmerai pas : tant que le Nasscom n’arrêtera pas de dire “personne ne discute avec les syndicats”, les choses avanceront peu.»

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Un commentaire pour “Fait-il bon travailler chez HCL Technologies ?”

  1. Le 5 juillet 2011 à 15:31

    Les employés d’abord, les clients ensuite… plus qu’un bon coup marketing ? – IT India dit:

    […] l’automne dernier, lors d’une rencontre avec des salariés de HCL Technologies, ceux-ci m’ont clairement paru épanouis. Mais ce n’était pas non plus une rencontre improvisée. Ayant anticipé une telle rencontre, […]

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