India

Internet reste un rêve pour beaucoup de résidents en Inde

C’est Devidas Deshpande, du Pune Mirror, qui l’expliquait fin février dernier. A priori, la situation n’a pas beaucoup évolué depuis. Lors d’un rendez-vous, lundi après-midi à Pune, Devidas m’expliquait ainsi qu’il y a notamment des zones proches d’installations militaires où, pour des raisons affichées de sécurité, aucun accès filaire à Internet n’est déployé. Des opérateurs mobiles proposent l’accès à Internet en GPRS, promettant un débit de 250 kbps, « mais il n’est jamais atteint parce que les opérateurs ne font pas évoluer leurs infrastructures pour répondre à la croissance de la demande. » Plus généralement, « il y a des problèmes de vitesse d’accès, de disponibilité, de fiabilité, de coupures. »

Kishor Patil, Président et directeur exécutif de KPIT Cummings, voit dans cette situation un héritage du passé, ou plutôt son absence : « nous n’avons que très peu de lignes filaires existantes. » Et de miser sur le saut technologique, avec le développement des accès sans fil. Si les efforts nécessaires semblent réalisés sur le plan commercial, la technique paraît en retrait. Le constat de Devidas est à ce propos très clair. Il peut être complété par celui de l’absence de réseau 3G opérationnel dans le pays.

Pour autant Internet semble plutôt entré dans les habitudes de nombreux indiens. Insyia, l’étudiante dont je vous ai déjà parlé hier, considère ainsi qu’un ordinateur « ne sert à rien s’il n’est pas connecté à Internet. » Kevin, l’un des étudiants français en médecine croisés dimanche avec des enfants du quartier de Pathanwadi, à Goregaon au nord de Mumbai, un bidonville à deux pas du « mall » Oberoi hyper moderne [encore un des contrastes de l’Inde…], m’a indiqué avoir trouvé, chez un habitant du quartier,  un ordinateur connecté. Allez savoir comment, alors que de nombreuses lignes électriques sont piratées… Cela dit, je ne résiste pas à l’envie de vous montrer les visages radieux de ces enfants qui m’ont fait l’honneur de m’accueillir chez eux [pour avoir le plaisir d’être pris en photo et de se voir sur l’écran de l’appareil, bien sûr 😉 Et merci encore pour l’excellent Tchaï.]

Reste qu’en ville, il n’est pas bien compliqué de trouver un cyber café, et dans à peu près n’importe quel quartier. Les connexions m’ont l’air assez bonnes dans ces lieux, avec des débits en upload de l’ordre de 512 kbps : j’ai pu très aisément envoyer à un confrère une photo, cet après-midi, depuis un cybercafé à Bandra. Le personnel était d’ailleurs très sympa, débranchant du réseau Ethernet un ordinateur inutilisé pour me permettre de connecter mon portable. Comptez 10 Rs du quart d’heure.

Dans mon hôtel, l’accès WiFi offre en revanche un débit descendant plutôt limité, sinon frustrant pour l’européen habitué à l’ADSL2+ que je suis. Plus gênant, la page Web de paiement de l’accès n’est pas sécurisée (pas de HTTPS pour entrer ses numéros de carte bleue…). Heureusement, l’hôtel permet l’achat de coupons prépayés à l’accueil, en liquide.

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Un commentaire pour “Internet reste un rêve pour beaucoup de résidents en Inde”

  1. Le 3 août 2008 à 18:23

    LeMagIT Blogs : Internet, un autre paradoxe indien dit:

    […] d’Internet pour une certaine frange d’indiens ; tout en notant à quel point il ne reste qu’un rêve pour beaucoup. Et je reste surpris par le nombre de publicités pour des services en ligne que je peux voir le […]

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