India

Internet, un autre paradoxe indien

Souvenez-vous : lorsque je suis arrivé à Mumbai, j’ai relevé l’importance d’Internet pour une certaine frange d’indiens ; tout en notant à quel point il ne reste qu’un rêve pour beaucoup. Et je reste surpris par le nombre de publicités pour des services en ligne que je peux voir le long des rues.

Mais ce qui me surprend le plus, c’est la qualité de service discutable, pour les particuliers ou les TPE/PME, dont m’ont fait part les personnes avec lesquelles j’ai pu discuter.

Le haut débit, ici, c’est majoritairement 512 kbps. Quand tout va bien, on passe à 2 Mbps. Le top, c’est 8 Mbps mais cela me semble rester marginal. Je ne vous raconte même pas la tête de salariés d’une SSII indienne quand je leur ai parlé d’ADSL à 24 Mbps et de fibre optique à 50 voire 100 Mbps symétrique (mais j’ai précisé que la France n’en est qu’à ses débuts à la matière et que le territoire, pourtant petit, est loin d’être également doté en matière de haut débit).

Publicité Windows Live, dans une rue de Mumbai

Le problème en Inde, c’est aussi la fiabilité de l’accès. D’après les multiples témoignages que j’ai pu recueillir, les pannes ne sont pas rares. Lors d’une entrevue, Romain Dupuis, un français installé à Delhi m’a fait part de sa méthode pour être sûr que l’intervention du technicien soit efficace : « je ferme la porte derrière lui ; je lui offre à boire. Après 30 minutes à s’ennuyer ferme, il se décide à appeler ses collègues et à vraiment travailler pour rétablir la connexion. Dans les dix minutes, ça remarche. »

Dans ses bureaux, Romain, qui a monté son entreprise de design et de développement Web en Inde, s’appuie sur deux abonnements à Internet différents, par sécurité. Et ce n’est pas un cas isolé.

Vincent Spehner, un autre « expat' », installé à Pune, m’a quant à lui fait part des ruptures de connexion provoquées par les pluies de mousson. Avec parfois plusieurs heures voire une journée de chômage technique.

Mais cela n’empêche pas les publicités pour les abonnements mais aussi les services en ligne de fleurir allègrement le long des rues. Ici, le site de réseau social à la mode, ce serait Orkut. Et malgré un nombre d’abonnés à Internet encore limité, on s’inquiète déjà des utilisations malveillantes de ce type de service.

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