India

L’Inde a-t-elle trouvé le remède à la cybercriminalité ?

D’aucun voudraient sûrement le croire. En novembre dernier, l’Inde s’est dotée de l’arsenal pénal nécessaire à la lutte contre la cybercriminalité et, en particulier, le cyber-terrorisme – lui donnant une définition légale assortie de peines de prison à vie et d’amende d’un montant non précisé, ainsi qu’une cour de justice spécifique. Un texte qui, selon le Business Standard, rend les fournisseurs d’accès à Internet responsables de l’utilisation faite de leurs points d’accès WiFi. Pour mémoire, c’est un tel point d’accès qui avait, à Mumbai, été piraté pour revendiquer des attentats en Inde en 2008. Et, pour mémoire, en mai 2009, Deloitte et le Data Security Council of India avaient estimé à 86 % la part des réseaux WiFi vulnérables en Inde. Plus tôt, en mars dernier, la cellule de lutte contre la cybercriminalité de la police de Mumbai soulignait la difficulté de ses missions, indiquant notamment faire des efforts de sensibilisation auprès des cadres des multinationales implantées localement. Une initiative loin d’être superflue, si l’on en croît PricewaterhouseCoopers : en avril 2009, le cabinet relevait que les données d’entreprises comptaient pour 68 % des fuites de données en Inde… contre 32 % pour les données relatives à la propriété intellectuelle. Les mêmes efforts pourraient même être consentis pour les personnalités politiques: en juin dernier, l’ancien ministre indien de l’union, Mani Shanka Aiyar, a vu son compte de messagerie électronique piraté.

Mais, comme dans d’autres pays, les autorités indiennes semblent avoir bien pris la mesure du risque lié à la cybercriminalité et au cyberterrorisme, tout particulièrement celui visant les infrastructures vitales. Un plan de protection de ces infrastructures a d’ailleurs été finalisé en juillet 2009. Un plan global qui doit encore être décliné pour les différents secteurs d’activité concernés.

Pour autant, des avancées concrètes ont déjà eu lieu, à commencer par la création d’une cellule spécialisée dans la sécurisation des points d’accès WiFi des entreprises, dans l’état du West Bengal, avec le soutien du Nasscom.

Mais, en Inde, la préoccupation de la cybersécurité semble d’autant aigüe que le pays a clairement eu l’occasion de constater des liens entre cybercriminels et terroristes plus «traditionnels», à Bangalore, New Delhi, ou encore Mumbai, en 2008. Pour ajouter un peu aux craintes des autorités, des audits de sécurité conduits sur les systèmes d’informations de multinationales implantées à Bangalore ont montré, en mars dernier, des échanges réguliers entre salariés de ces entreprises et des groupes jihadistes. Des entreprises qui ont reçu des menaces d’attaques sur les installations, selon l’Economic Times of India.

Tags: , ,

Un commentaire pour “L’Inde a-t-elle trouvé le remède à la cybercriminalité ?”

  1. Le 17 mai 2010 à 21:01

    L’Inde a-t-elle trouvé le remède à la cybercriminalité ? « Cybercriminalité, sécurité et ordre public dit:

    […] Cybercriminalité, sécurité et ordre public Le blog de Jean-Paul Pinte, Docteur en Information Scientifique et Technique, Maître de conférences et Lieutenant-Colonel (C) de Gendarmerie « Des milliers d’e-mails piratables sur les sites .gouv.fr – BUG BROTHER L’Inde a-t-elle trouvé le remède à la cybercriminalité ? mai 17, 2010 D’aucun voudraient sûrement le croire. En novembre dernier, l’Inde s’est dotée de l’arsenal pénal nécessaire à la lutte contre la cybercriminalité et, en particulier, le cyber-terrorisme – lui donnant une définition légale assortie de peines de prison à vie et d’amende d’un montant non précisé, ainsi qu’une cour de justice spécifique. Lire l’article […]

Déposez un commentaire