India

L’Inde en état d’alerte

Les attentats de vendredi, à Bangalore, ont été suivis, samedi, de 17 explosions à Ahmedabad, au bilan plus lourd : 29 morts, dont 18 dans deux hôpitaux de la ville, et 88 blessés selon le Sunday Times. En outre, une nouvelle bombe a été trouvée et désamorcée à Bangalore.

Dans un e-mail envoyé aux principaux médias indiens quelques minutes avant la première explosion à Ahmedabad, le groupe radical Indian Mujahideen revendique les attaques et en promet d’autres. La police indienne a remonté la trace de cet e-mail envoyé via un compte Yahoo Mail, jusqu’à une connexion à Internet à Mumbai. Mais l’émetteur de l’e-mail de revendication court toujours.

Avec cette seconde série d’explosions et leur revendication, c’est la piste politique qui semble désormais privilégiée : les explosions ont eu lieu dans les états dirigés par le parti d’opposition BJP ; parti plutôt proche des milieux hindous et accusé par certains de complaisance à l’égard des hindous radicaux en butte aux musulmans.

Vue du campus de Wipro, à Bangalore

Certains experts cités par la presse indienne s’attendent à ce que la prochaine cible soit la ville de Bhopal, dans l’état du Madhya Pradesh, également géré par le BJP. Ce qui n’empêche pas Mumbai d’être sur le qui-vive. Mais les services de renseignement indiens n’excluent pas que ces attaques soient tout simplement téléguidées depuis le Pakistan, via des agents dormants.

Dans la rue, les réactions sont partagées. A Bangalore, les personnes que j’ai pu contacter sont encore très impressionnées par les explosions de vendredi. Mais à Dehli où je viens d’arriver et où une importante célébration religieuse hindou bat son plein jusqu’à mercredi, la distance aidant, l’ambiance est plutôt sereine. Et certains d’affirmer dans une posture un rien bravache que « les hindous n’ont pas peur des attentats. »

Dans l’édition de dimanche de DNA Sunday, on apprend qu’un rapport d’avril 2007, commandé par l’association de quelques 120 entreprises installées à Electronic City (Elcia), révèle des failles de sécurité considérables dans la protection de ces entreprises. Ces failles pourraient être utilisées par des terroristes pour conduire des attaques ou encore procéder à des prises d’otages. Pour combler ces failles, il faudrait investir quelques 60 MRs. Mais l’Elcia n’a réuni jusqu’ici que 10 % de cette somme.

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Un commentaire pour “L’Inde en état d’alerte”

  1. Le 29 novembre 2008 à 17:13

    LeMagIT Blogs : La face IT des attentats de Mumbai dit:

    […] notamment chez Infosys et Wipro. [HT] Ce ne serait pas un luxe : en juillet dernier, DNA Sunday revenait sur les failles de la sécurité physique à Electronic City, en banlieue de Bangalore. Plus loin, certains […]

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