India

La (grosse) boulette de Satyam

C’est l’histoire, toute récente, d’un fabuleux ratage qui vire au scandale. Elle commence le 16 décembre dernier, avec l’annonce, par Satyam, du rachat de deux entreprises spécialisées dans le… bâtiment et les travaux publics, Maytas Infra et Maytas Properties, le tout pour 1,6 Md$. [DNA]

Contrairement à des apparences trompeuses, Maytas Infra n’est pas si éloignée de Satyam : l’entreprise de BTP, qui vient de remporter le marché du métro d’Hyderabad, a été créée en 1985, sous le nom de… Satyam Constructions. Surtout, ce genre de mélange des activités, pour incongru qu’il puisse paraître à un occidental, n’a rien d’étonnant en Inde. Il n’y a qu’à regarder la liste des activités des groupes Tata, Reliance ou encore Godrej.

Même si V. Srivinas, directeur financier de Satyam, reconnaît le caractère peu conventionnel de cette opération de diversification, le scandale vient d’ailleurs. Et principalement dans le fait que la direction de la SSII soit prête à siphonner ses réserves de liquidités pour racheter des actions à des membres de sa famille. Le tout sans consulter son conseil d’administration. [HBL]

Moins de 48h après l’annonce de Satyam, les investisseurs institutionnels actionnaires de Satyam font entendre leur voix… et leur courroux : la direction de la SSII recule et retire son offre. [IE] Le verdict des marchés tombe comme un couperet : l’action plonge Satyam plonge littéralement, d’environ 30 % à la bourse de Bombay. L’occasion pour la SSII d’annoncer son intention de procéder à un rachat de ses propres actions. [FE] Mais, cette fois-ci, le conseil d’administration sera consulté, le 29 décembre. [HBL]

L’affaire semble clause. Que nenni. Dans le sous-continent, l’épisode a été l’occasion de soulever de lourdes questions sur la gouvernance des entreprises : conflits d’intérêts, indépendance des cadres dirigeants, processus de prise de décision, etc. [HBL] Le gouvernement indien aurait d’ailleurs décidé de lancer une enquête sur l’affaire. [ITE] Enquête qui pourrait se révéler croustillante : selon le Financial Express, la direction de Satyam aurait vendu plus de 600 000 actions de la SSII durant l’exercice fiscal en cours. [FE]

Mais les conséquences de l’affaire pourraient ne pas s’arrêter là. Aux Etats-Unis, le service de paiement en ligne Upaid vient de saisir l’occasion pour citer à comparaitre les dirigeants de la SSII dans une affaire qui l’y oppose depuis avril 2007 : Upaid reproche à des salariés de Satyam d’avoir falsifié des demandes de dépôt de brevet, falsifications ayant conduit Upaid au tribunal, face à Qualcomm et à Verizon, pour violation de propriété intellectuelle. [DNA]

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Un commentaire pour “La (grosse) boulette de Satyam”

  1. Le 22 décembre 2008 à 20:15

    LeMagIT Blogs : Le dossier Satyam s’alourdit dit:

    […] du montant proposé, enfonçant encore le clou, si c’était nécessaire. Au moment de l’annonce de son offre, la SSII a en effet fait référence à une évaluation indépendante de la valeur des deux […]

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