India

Le Nasscom repart à l’assaut sur le dossier des visas

Pas question, pour l’industrie indienne des services informatiques, de se laisser couper l’herbe sous le pied. Alors que le congrès américain doit légiférer, en 2010, sur l’immigration, Som Mittal, président du Nasscom, la chambre syndicale des SSII indiennes, s’est une nouvelle fois élevé contre certaines dispositions en projet qui viseraient à réduire la capacité de ces SSII à obtenir des visas de travail (H1-B) pour leurs collaborateurs envoyés outre-Atlantique dans le cadre de contrats d’externalisation. Une restriction qui, selon Som Mittal, serait à double tranchant : un « tueur de business » d’un côté, mais aussi une mesure « pénalisante » pour les Etats-Unis. D’après le président du Nasscom, « 60 % des doctorats technologiques sont détenus par des étrangers. »

Si le discours de Som Mittal ne tombe pas forcément au meilleur moment – sur un total de 65 000 visas H1-B disponibles cette année, plus de 18 000 n’ont pas encore été attribués…; de quoi s’interroger sur l’ampleur réelle du besoin – il n’est pas forcément déconnecté de la réalité. Une réalité qui comporte deux facettes qu’il serait peut-être imprudent de décorréler l’une de l’autre : comment les SSII indiennes pourraient-elles continuer d’assurer leur croissance si, d’une part, on leur fermait les portes de ce qui reste leur principal marché alors que, d’autre part, leurs concurrentes issues de ce marché ne se privent plus pour venir chasser sur leurs terres ? Là, je pense bien sûr au géant IBM – 11 % du marché domestique indien en 2008 ; un marché sur lequel comptent les SSII indiennes pour renforcer leur croissante – le marché IT domestique indien doit progresser de 14 % cette année. Mais Big Blue n’est pas le seul chasseur de l’histoire.

Au cours des prochaines années, le gouvernement indien devrait lancer de nombreux marchés publics. La seule modernisation des hôpitaux du pays représenterait une enveloppe totale de l’ordre de 50 MdRs – environ 720 M€. Une enveloppe sur laquelle lorgnent bien sûr des HCL, Infosys, TCS (le marché domestique représente 10 % de son CA ; il vise 10 % des futurs marchés publics locaux, pour 1Md$ de CA) et Wipro. Et puis il faut ajouter l’enveloppe de 20 MdRs – près de 300 M€ – du fichier national de suivi des criminels. Et ce ne sont que quelques exemples. Mais pour tous ces projets publics, il faut compter avec l’appétit de Cognizant, HP, IBM, SAP, General Electrics ou encore… Dell, via Perot System, qu’il a récemment racheté.

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