India

Les parlementaires indiens face à un agenda IT très chargé

Mi-mai, les indiens ont décidé de donner de nouveau au Parti du Congrès (centre-gauche, laïc) la majorité des sièges de leur parlement. De quoi conforter dans sa politique le premier ministre Manmohan Singh et la présidente du Parti du Congrès, Sonia Gandhi, veuve de feu Rajiv Gandhi.

Mais l’agenda est chargé dans un pays frappé par la crise – et peut-être plus que certaines voix ne voulaient bien le laisser entendre il y a seulement quelques semaines ; l’Inde vient d’entrer officiellement en déflation alors que, l’été dernier, l’inflation dépassait les 10 %… – et dont certains projets, comme l’attribution des licences 3G, ont pris un retard conséquent.

Accélérer le développement du haut débit sans fil

Justement, les opérateurs privés, qui voient déjà leurs concurrents publics BSNL et MTNL déployer leurs premiers réseaux 3G, ont bien signifié au ministère indien des télécommunications la nécessité de placer l’attribution, par système d’enchères, des licences 3G, parmi les priorités de son agenda. Et d’ajouter à cela la question des ressources en fréquences afin d’autoriser le développement du haut débit sans fil, Wimax en tête, et en particulier dans les zones rurales. Souffrant d’une infrastructure téléphonique historique limitée, l’Inde a, de fait, du mal à faire décoller le haut débit dans ses frontières sur les seuls réseaux du câble et du téléphone : fin avril 2009, le régulateur local, le TRAI, recensait un peu de 6,3 millions d’abonnés au haut débit fixe dans le pays, contre 4 millions un an plus tôt et 2,4 millions fin avril 2007… Une croissance au rythme d’une tortue, surtout en comparaison de l’explosion du téléphone mobile dans le sous-continent : plus de 400 millions d’abonnés fin avril dernier, contre près de 270 millions fin avril 2008 et 171 millions à la même date en 2007 !

Mais, même là, les opérateurs GSM se sentent à l’étroit dans leurs bandes de 4,4 MHz et souhaitent obtenir 6,2 MHz. Et, dans les zones rurales, se pose encore la question du service public universel.

En attendant, la question des licences 3G reste toujours aussi problématique : les ministères impliqués, finances et télécommunications, n’ont toujours pas trouvé de terrain d’entente. Pour rassurer, le ministère des finances assure que l’attribution de ces licences sera inscrite au prochain budget, lequel doit être présenté début juillet.

Aider des SSII menacées par le retour du protectionnisme

Mais ce n’est pas tout. Les SSII et entreprises de BPO, qui encaissent actuellement le choc de la récession mondiale – quand bien même TCS assure que la demande, en matière d’outsourcing, a cessé de décliner –, veulent recevoir un coup de pouce du gouvernement indien. Et, notamment, des garanties pour l’extension dans le temps des exemptions fiscales liées aux STPI. Mais aussi l’accélération de certains projets de modernisation de l’administration indiens, projets lucratifs avec lesquels les SSII indiennes comptent compenser, un temps, la faiblesse de la croissance de leurs exportations.

D’autres questions de fiscalité sont également à l’ordre du jour, comme celle de la taxe FBT (Fringe Benefit Tax) qui taxe les avantages consentis par les entreprises à leurs salariés, comme leur téléphone mobile, les frais de scolarité de leurs avantages, l’assurance santé, etc.

Pour les SSII indiennes, il s’agit simplement de retrouver toute leur compétitivité sur le marché international.

Avec 2,2 millions de salariés et une contribution à la croissance nationale annuelle de 6 %, l’industrie IT indienne ne devrait pas trop peiner à se faire entendre. Et tant pis si, pour certains, en occident, la fiscalité particulièrement avantageuse dont profitent les SSII indiennes pourrait être considérée comme une forme de distorsion de concurrence…

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