India

Les SSII multiplient les initiatives pour lutter contre l’attrition

Au dernier trimestre 2010, Infosys a du se contenter d’une croissance nette de ses effectifs inférieure au nombre des départs… La faute à une attrition passée de 11,6 % en décembre 2009 à 17,5 % fin 2010. Chez TCS, elle atteignait 14,4 % au dernier trimestre 2010 – 24,7 % sur le BPO et 13,2 % pour les services IT. Chez HCL, elle est remontée de 12,8% sur les activités de services IT, au dernier trimestre 2009, à 17,2 % fin 2010… Chez Wipro, elle était remontée à 16 % au second trimestre 2010, contre 9,8 % un an plus tôt…

Un véritable défi quand on sait les difficultés du recrutement dans le sous-continent. Alors les périodes de formation reculent, ainsi que les taux d’intercontrat.

Pour lutter contre cette explosion, les SSII indiennes multiplient les recrutements et les initiatives pour retenir leurs talents. Avec notamment des efforts sur les promotions et les rémunérations, dont la progression est attendue pour 2011 aux niveaux historiques de 2007. TCS prévoit par exemple deux cycles d’augmentation de salaire par an pour cadres supérieurs, contre un seul jusqu’ici. Et il faut bien ça: selon nos confrères de SiliconIndia, les grands de l’IT indien ont commencé «une guerre pour les meilleurs talent au niveau du top management.»Mais les entreprises IT ont également allongé de délai de préavis à 3 mois pour les départs volontaires – contre un mois, notamment durant la crise financière.

Des efforts aux résultats parfois contradictoires. Par exemple, pour simplifier les processus de recrutement, certaines SSII ont décidé de renforcer le recours à la cooptation. Mais le Nasscom a tiré la sonnette d’alarme dès avril 2010, s’inquiétant d’équipes projets littéralement vidées dès que l’un de leurs membres trouve place ailleurs… Lancées dans une véritable guerre du recrutement, les SSII indiennes ont même accusé Accenture de violer les règles tacites du recrutement sur les campus, en juillet dernier. Au final, le Nasscom chercherait à mettre en place un accord global de non-braconnage entre SSII

Pour le syndicaliste Karthik Shekkar, interrogé sur le sujet en octobre dernier à Bangalore, si attrition il y a «c’est que les employés ne trouvent pas qu’ils sont traités comme ils le mériteraient. Il n’y aurait pas besoin d’accords anti-braconnage si les traitements étaient en adéquation avec les aspirations. Bien sûr qu’il y a des salariés qui abusent. Mais je ne crois pas que soit la majorité. Pensez quand même que la durée du travail est censée être de 8h par jour, certains employeurs n’hésitent pas à exiger 9h de présence, par exemple.» Pour lui, la tentation du départ… ce serait notamment les vacances : «dans ma boîte, je bosse comme un fou sans vacances; je pars ailleurs parce que la période de formation initiale, c’est presque comme des vacances.»

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