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Une autre gestion du mérite

Il y a deux semaines, le DRH de TCS m’expliquait tranquillement que ses troupes ont besoin d’être régulièrement motivées. Pour y parvenir, il revendique une méthode très efficace : produire régulièrement des marques de reconnaissance et de gratification. Concrètement, ce peut être une sorte de diplôme ; une lettre signée du manager « que le salarié pourra montrer à son entourage ». Et occasionnellement une prime, « mais ce n’est pas le plus important. » Franchement, j’ai intérieurement accueilli l’information avec un recul certain. Je suis peut-être devenu trop cynique avec le temps. Par la suite, le même discours m’a été tenu à de nombreuses reprises, y compris par des entrepreneurs français installés en Inde. Au fond de moi-même, je me disais : « c’est pas possible ; ils se foutent de moi ?! »

Et puis la confirmation est venue jeudi soir. A Pune, j’ai pu aborder spécifiquement ce point avec des salariés. Qui m’ont confirmé être particulièrement sensibles aux marques de reconnaissance, même symboliques, puis plus que seulement pécuniaires. Et il ne me viendrait pas à l’esprit de mettre en doute leur sincérité : quand une question leur posait problème, ils ne manquaient pas de me signifier que « la charte RH ne nous autorise pas à discuter de ce point. » Le salaire fait partie des sujets tabous dans leur boîte…

Le logo de King Fisher, peint sur la dérive d'un avion

La compagnie aérienne King Fisher [NDLR: oui, c’est le même groupe que celui qui celui qui fait de la bière en Inde…] m’a donné l’impression de pousser cette logique jusqu’à son comble : les passagers sont invités à écrire par mail à la compagnie pour signifier leur satisfaction ou leur mécontentement. Non seulement les mails envoyés semblent effectivement lus et traités, mais c’est complètement intégré dans la politique interne de gratification des personnels.

A Jaipur, par exemple, un salarié de King Fisher m’a vraiment bien rendu service, depuis le passage de mes bagages aux rayons X jusqu’à l’enregistrement et au changement/annulation de billets… pour des vols avec des compagnies aériennes concurrentes. A sa demande, j’ai envoyé un e-mail chez King Fisher. Surprise : j’ai reçu une réponse rapide me remerciant pour cet e-mail. La réponse précise le nom et le prénom de l’employé mis en avant alors que je ne mentionnais que son prénom. Et comme on peut s’y attendre, la réponse précise que mes félicitations ont été transmises au salarié concerné. Je suis plus que tenté de croire que cela a vraiment été le cas.

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