India

Une série d’attentats touche Delhi

Après Bangalore et Ahmedabad, c’est au tour de Delhi d’être victime du terrorisme des islamistes indiens. A l’heure où ces lignes sont écrites, on recense déjà plus d’une vingtaine de morts et d’une centaine de blessés. Autant le dire tout de suite : Romain Dupuy, cofondateur de la société Spaarth, installé à Delhi et contributeur de ce blog, est sain et sauf.

Selon la presse indienne, au moins cinq bombes auraient explosé, réparties dans les quartiers de Karol Bagh, Connaught Place et Greater Kailash (GK-1). Personnellement, je m’attends à un bilan plus lourd : les quartiers visés – et notamment celui de Karol Bagh – font des cibles de choix pour les terroristes tant la foule peut y être dense. Pour vous faire idée, voici un extrait d’une vidéo tournée cet été sur Gaffar Market, au cœur de Karol Bagh, là où l’une des attaques a eu lieu aujourd’hui.

La tension était récemment retombée, du moins en apparence, alors que la police pensait tenir une partie des responsables des attentats de Bangalore, le 25 juillet, et d’Ahmedabad le lendemain. En apparence seulement car, selon plusieurs quotidiens indiens, les forces de l’ordre indiennes savaient que New Dehli était la prochaine cible : les terroristes arrêtés à la suite des attentats de la fin juillet auraient avoué que ces opérations faisaient partie d’un projet plus vaste intégrant la capitale du pays, un projet baptisé « BAD », pour « Bangalore-Ahmedabad-Delhi ». L’information provient du premier ministre de l’état du Gujarat, Narendra Modi, qui affirme avoir communiqué ces données au premier ministre du pays, Manmohan Singh, ainsi qu’au conseiller national à la sécurité, M.K. Narayanan.

Abdul Bashar, considéré comme le cerveau de l’opération, serait actuellement retenu par la police du Gujarat. Mais les forces de l’ordre sont toujours à la recherche d’Abdul Subhan Qureshi, ancien leader du mouvement étudiant radical interdit SIMI (Students Islamic Movement of India) et ex-employé de Wipro à Mumbai, considéré comme l’informaticien en chef de l’opération. Et, encore une fois, les technologies de l’information se retrouvent placées au cœur de l’enquête.

C’est en effet dans un e-mail que les Indian Mujahideen ont revendiqué les attentats d’aujourd’hui à Delhi. Dans ce courriel – 13 pages agrémentées d’une vidéo -, les terroristes insistent sur leur intention de commettre ces attentats en plein Ramadan.

Et cette fois-ci encore, l’e-mail de revendication a été envoyé via un accès WiFi piraté. Aujourd’hui, il s’agirait de celui de l’entreprise Kamran Power Control, dans ses locaux de Chembur à Mumbai. Lors des précédents attentats de Bangalore et d’Ahmedabad, l’utilisation du réseau WiFi, piraté, de l’américain Kenneth Haywood avait permis aux terroristes de brouiller les pistes, un temps du moins. Dans un récent e-mail, Abdul Subhan avait même poussé la provocation jusqu’à présenter Kenneth Haywood comme un allié, après son départ précipité aux Etats-Unis. Mais l’américain est depuis revenu à Mumbai.

Reste à savoir si la piste informatique permettra d’avancer dans l’enquête sur les attentats de Delhi : TCS et le Nasscom avaient fait chou blanc dans l’enquête précédente. La police était néanmoins parvenue à remonter une piste à partir de cartes SIM. Aujourd’hui, elle semble disposer de pistes sérieuses, notamment grâce à des témoins visuels.

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