India

Vite lu dans la presse indienne du 17 juillet 2008

– Les coupures de courant s’étendent à Navi Mumbai, à Thane et à quelques parties de Mulund et de Bhandup. Elles durent trois à quatre heures et sont liées à un manque de quelques 4000 MW de capacité au Maharashtra. Le mois dernier, Tata Power Trading Company Ltd avait acheté quelques 200 MW de capacité supplémentaire pour éviter cela, mais a dû faire marche arrière en raison de la progression des coûts de l’énergie (+17,6 % en un mois).

– Les entreprises indiennes sont-elles prêtes à faire face aux menaces informatiques ? C’est la question que pose le Financial Express en s’appuyant sur un rapport sur la sécurité informatique en Inde, rapport produit à l’occasion de la conférence India Infosec 2008. Selon ce rapport, le niveau de sécurité logique des systèmes informatiques indiens serait au niveau de celui de ceux des pays occidentaux. Mais un effort significatif resterait à faire sur le front « de l’attitude socio-culturelle vis-à-vis de la sécurité de l’information ». Et l’auteur d’expliquer que l’Inde est un pays où partager l’information n’est pas un tabou, « une attitude généreuse qui pose problème en matière de sécurité. »

On se rassure comme on peut. En Une, le Times of India relève « la plus importante chute de prix du pétrole depuis 17 ans », avec un recul de 6,44 $ du prix du baril d’or noir sur le Nymex, mardi, suivi d’un second, de 2,03 $, mercredi, pour une clôture à moins de 135 $.

La mélancolie du Vinyle n’est pas une exclusivité occidentale. Le Bombay Times présente ainsi l’association SIRC (Society of Indian Record Collectors) qui réunit depuis 1990 des passionnés des vinyles avec l’ambition de préserver ce patrimoine.

Enfin, c’était dans l’édition du 14 juillet du Mumbai Mirror : Indian Railways prévoit de proposer un accès à Internet WiFi dans ses trains circulant dans la région du Kerala. L’éducation est au centre du projet avec la possibilité de télécharger gratuitement des contenus pédagogiques. Le service pourrait être opérationnel d’ici à 3 mois, avec la promesse de débits de l’ordre de 2 à 30 Mbps, grâce aux 38 000 km de fibre optique déployés par Indian Railways sur son réseau ferroviaire et exploités par sa filiale Railtel.

Les castes, un spécificité très indienne

Depuis que je suis arrivé, mes proches me demandent de manière récurrente « c’est comment ? Tu supportes ? Il paraît que c’est pire que l’Afrique. » La réponse est oui, je supporte. A de nombreux égards, Mumbai me rappelle Mombassa, Guatemala City ou encore Le Caire. Avec ces mêmes contrastes liés à un développement économique rapide, trop rapide peut-être, où l’opulence des constructions les plus récentes côtoie la pauvreté de ceux venus des campagnes pour tenter d’entrer dans une société de consommation qui leur promet de nombreuses richesses.

Habitat "léger" à Mumbai

Je ne sais pas si c’est « pire » que l’Afrique ou que d’autres pays en développement. Reste que l’Inde a une vraie particularité : ses castes. L’œil du touriste qui se promène dans la rue ne les voit pas. Mais pour peu que l’on parle, en confiance, avec des indiens, le sujet vient vite sur la table : « tu peux faire de grandes études, mais sur ton CV, il y a ton nom, ton adresse, celle de ta famille, la caste à laquelle tu appartiens ; on ne t’embauchera pas pour un travail qui ne correspond pas à ta caste, même si tes parents ont fait des sacrifices pour de payer de bonnes études. » Pour beaucoup de jeunes indiens, partir à l’étranger, c’est pouvoir sortir de ce système. C’est aussi pouvoir accéder à des modes de vie plus libéraux, libérés en tout cas et au moins en partie du poids de la famille. Ce dernier point, j’aurai l’occasion plus tard d’y revenir. Notamment avec certaines facettes très éloignées des images d’Epinal.

Vite lu dans la presse indienne du 16 juillet 2008

– Tromper l’ennui dans les embouteillages, ce fléau des grandes agglomérations indiennes [et encore, il paraît que Bagalore est bien pire que Mumbai, cette dernière disposant d’un réseau de transport public plutôt efficace et assez peu onéreux.], c’est ce que propose le Times of India, avec les livres lus et enregistrés  sur CD ou baladeur MP3. Et de citer Hormuzd Madan, cadre supérieur chez Accenture, qui se rend péniblement chaque matin à Vikhroli, le quartier des entreprises IT à Mumbai.

Le Times of India se fait également l’écho du déploiement, par la police de Mumbai, d’un nouveau piège technologie contre les voleurs de voitures haut de gamme. Il s’agit d’un véhicule « appât », équipé d’un GPS, d’une caméra et un dispositif de communication GSM : le voleur peut-être filmé en plein flagrant délit et suivi jusqu’à sa planque.

– Dans la même page, Bina Venkatraman, revient sur une nouvelle tendance architecturale tendant à construire des immeubles dans lesquels les habitants pourront produire les cultures nécessaires à leur consommation, ou tout du moins une partie. Ce n’est le toit végétalisé pour lutter contre le réchauffement climatique, mais ça peut aider dans un pays où l’on souffre du prix élevé des denrées de première nécessité. Sauf que cela ne devrait raisonnablement toucher que les classes les plus aisées, au moins dans un bon premier temps. Dans le Mumbai Mirror, Rahul Srivastava, associé d’un cabinet d’architectes, fait le point sur les erreurs dans l’urbanisation de Mumbai, pointant tout simplement l’absence complète de réflexion… urbanistique.

– La recherche publique indienne n’arrive à attirer les talents. La faute à des salaires quatre fois moins élevés que dans le privé (env. 30 000 Rs/an dans le privé ; la même chose que dans le secteur informatique). Les sciences fondamentales attirent quelques 21 % des étudiants. La demande a progressé de 17 % en 2006 avec des déficits de recrutement en agronomie, physique, chimie et botanique.

– Dans le Mumbai Mirror, on apprend la découverte d’un téléphone mobile Motoroka K1, incrusté de diamants, dans une urne à donations d’un temple dédié au dieu Ganesh. Le téléphone fera l’objet d’une mise aux enchères dont les fruits reviendront à l’organisation religieuse Siddhivinayak, la plus riche de Mumbai et l’une des plus riches d’Inde.

– L’Hindustan Times et le Financial Express consacrent quant eux les gros titres de leurs pages économiques aux résultats trimestriels de Tata Consulting Services. Au premier trimestre, clos le 30 juin dernier, TCS a réalisé un bénéfice net consolidé de 12,91 MdRs, soit 7,3 % de mieux qu’un an plus tôt, pour un chiffre d’affaires de 65,3 MdRs. S. Ramadorai, PDG de TCS, a fait état d’un ralentissement de l’activité dans le secteur bancaire, sensible depuis un mois. Les secteurs bancaire et des services financiers représentent quelques 44 % de l’activité de TCS. Le cours de l’action de TCS sur le Bombay Stock Exchange a reculé de 3 % pour toucher son plus bas depuis le 2 novembre 2005 à 728,10 Rs, avant la publication des résultats. A la bourse de Mumbai, c’est Infosys qui semble le plus à la fête avec une progression du cours de son action de 21 % au cours du trimestre écoulé.

Internet reste un rêve pour beaucoup de résidents en Inde

C’est Devidas Deshpande, du Pune Mirror, qui l’expliquait fin février dernier. A priori, la situation n’a pas beaucoup évolué depuis. Lors d’un rendez-vous, lundi après-midi à Pune, Devidas m’expliquait ainsi qu’il y a notamment des zones proches d’installations militaires où, pour des raisons affichées de sécurité, aucun accès filaire à Internet n’est déployé. Des opérateurs mobiles proposent l’accès à Internet en GPRS, promettant un débit de 250 kbps, « mais il n’est jamais atteint parce que les opérateurs ne font pas évoluer leurs infrastructures pour répondre à la croissance de la demande. » Plus généralement, « il y a des problèmes de vitesse d’accès, de disponibilité, de fiabilité, de coupures. »

Kishor Patil, Président et directeur exécutif de KPIT Cummings, voit dans cette situation un héritage du passé, ou plutôt son absence : « nous n’avons que très peu de lignes filaires existantes. » Et de miser sur le saut technologique, avec le développement des accès sans fil. Si les efforts nécessaires semblent réalisés sur le plan commercial, la technique paraît en retrait. Le constat de Devidas est à ce propos très clair. Il peut être complété par celui de l’absence de réseau 3G opérationnel dans le pays.

Pour autant Internet semble plutôt entré dans les habitudes de nombreux indiens. Insyia, l’étudiante dont je vous ai déjà parlé hier, considère ainsi qu’un ordinateur « ne sert à rien s’il n’est pas connecté à Internet. » Kevin, l’un des étudiants français en médecine croisés dimanche avec des enfants du quartier de Pathanwadi, à Goregaon au nord de Mumbai, un bidonville à deux pas du « mall » Oberoi hyper moderne [encore un des contrastes de l’Inde…], m’a indiqué avoir trouvé, chez un habitant du quartier,  un ordinateur connecté. Allez savoir comment, alors que de nombreuses lignes électriques sont piratées… Cela dit, je ne résiste pas à l’envie de vous montrer les visages radieux de ces enfants qui m’ont fait l’honneur de m’accueillir chez eux [pour avoir le plaisir d’être pris en photo et de se voir sur l’écran de l’appareil, bien sûr 😉 Et merci encore pour l’excellent Tchaï.]

Reste qu’en ville, il n’est pas bien compliqué de trouver un cyber café, et dans à peu près n’importe quel quartier. Les connexions m’ont l’air assez bonnes dans ces lieux, avec des débits en upload de l’ordre de 512 kbps : j’ai pu très aisément envoyer à un confrère une photo, cet après-midi, depuis un cybercafé à Bandra. Le personnel était d’ailleurs très sympa, débranchant du réseau Ethernet un ordinateur inutilisé pour me permettre de connecter mon portable. Comptez 10 Rs du quart d’heure.

Dans mon hôtel, l’accès WiFi offre en revanche un débit descendant plutôt limité, sinon frustrant pour l’européen habitué à l’ADSL2+ que je suis. Plus gênant, la page Web de paiement de l’accès n’est pas sécurisée (pas de HTTPS pour entrer ses numéros de carte bleue…). Heureusement, l’hôtel permet l’achat de coupons prépayés à l’accueil, en liquide.

Vite lu dans la presse indienne

– Selon l’édition du 15 juillet du Mumbai Mirror, les ventes de baladeurs MP3 et d’appareils photos numériques se portent bien. En fait, la santé de ces marchés serait si bonne qu’elle permettrait aux principales chaines locales de détaillants de redresser la tête dans une période traditionnellement morose sur le plan commercial : la mousson.

Prises entre deux feux. C’est un peu la situation des entreprises de distribution de gaz domestique à New Dehli, selon le Mumbai Mirror. D’un côté, elles souffrent d’un prix d’achat toujours plus élevé. De l’autre, elles sont contraintes par une situation de concurrence exacerbée qui limite leur capacité à répercuter la hausse de leurs coûts sur leurs clients finaux. Du coup, leur profitabilité devrait reculer.

– Dans l’édition de Mumbai du Times of India, on apprend que 46 personnes sont décédées depuis le début de la saison de la mousson. Les deux principales causes de décès seraient la malaria et la leptospirose.

– Ce même quotidien rapporte une opération de sensibilisation à la lutte contre la pollution atmosphérique et le réchauffement climatique organisée par Greenpeace. Des militants se sont déguisés en policiers « verts », mettant à l’index une cinquantaine de véhicules dont le niveau d’émission de polluants n’avait fait l’objet d’aucun contrôle. L’association souhaite obtenir la mise en place d’une réglementation de limitation des émissions de polluants. A Mumbai, la situation n’est semble-t-il pas aussi impressionnante qu’à Bangalore. Un français m’a conseillé d’acheter un masque facial à mon arrivée dans cette ville, la semaine prochaine.

– Enfin, le Times of India se fait l’écho de l’initiative de Collobrières, village de provence qui a décidé de remettre le franc en circulation. Ne cherchez pas dans l’actualité française : La nouvelle n’est plus très fraîche.

Tout en contrastes

Difficile de dire que l’on n’est pas prévenu, ne serait-ce que par les guides touristiques : l’Inde est un pays de contrastes. Ce lundi 14 juillet au matin, j’ai pu apprécier à plein l’un de ces contrastes, sur la route qui conduit aux locaux de KPIT Cummins, à Pune. Sur la photo ci-dessus, au premier plan, ce sont des champs et les baraquements d’indiens qui occupent encore cet espace rural. A l’arrière, ce sont les bâtiments ultra-modernes des sociétés du secteur informatique. L’autre contraste, c’est celui de l’hypermodernité de ces bâtiments avec certains procédés utilisés dans leur construction. Ci-dessous, les maçons travaillent avec des échafaudages faits de bois et de cordages (une technique qui rappelle les échafaudages en bambou des immeubles de Shenzen en Chine).

Pune se présente comme une Silicon Valley à l’indienne et se veut au moins aussi importante en la matière que Bangalore. Du moins est-ce ainsi que ses résidents en font la promotion. La banlieue de Pune dans laquelle se sont installées les entreprises du secteur informatique semble n’avoir été que champs pendant longtemps. Les entreprises se sont installées là sans trop de logique d’aménagement global. Du coup, leur zone d’implantation jouxte des champs encore existants et quelques habitations que l’on qualifierait aisément de « fortune ». Un français installé à Pune m’a confié hier soir que ce défaut de travail global sur l’aménagement urbain est tellement criant que même les particuliers les plus aisés de la ville sont souvent privés d’eau courante. Mais je n’ai pas le sentiment que ces éléments de confort matériel soient vraiment une priorité ici, à moins que les habitants n’en aient pris leur parti avec un certain fatalisme. Quitte à reporter leurs dépenses sur d’autres choses : voiture, téléphone mobile, ou encore équipement informatique. Le même français me confiait voir régulièrement de belles voitures flambant neuves garées en bordure des bidonvilles où résident leurs propriétaires.

L'iPhone fait rêver…

Pub pour l'iPhone chez Vodafone

J’ai bien peur que l’on ne puisse faire le tour du monde sans échapper à l’iPhone-mania. La presse, à Mumbai, ne manque pas de traiter le sujet, signe que la demande d’informations sur le sujet est plutôt importante. Chez KPIT Cummins (une SSII indienne qui emploie plus de 4500 salariés et réalise un CA supérieur à 100 M$), certains membres de l’équipe marketing ne m’ont pas caché leur intérêt pour l’appareil phare d’Apple. Insyia, une étudiante de 18 ans rencontrée dans un café ce matin, veut clairement l’acheter dès sa sortie : « Je sais qu’on ne  pourra pas profiter de toutes ses fonctions, ici en Inde, mais c’est un superbe appareil; et puis on peut télécharger et ajouter des logiciels ». Son amie Maria est plus raisonnée : « j’ai déjà un iPod et un téléphone mobile, je n’ai pas besoin de l’iPhone ». Contrairement aux informations du Mumbai Mirror, la rumeur veut que l’iPhone arrive ici au prix de 8000 Rs – 120 € environ -, « ce n’est pas cher et tout cas moins que le premier », pour Insyia qui est convaincue du bien fondé de la rumeur.

Vite lu dans la presse indienne

Le Mumbai Mirror

– Mumbai se prépare au nouvel iPhone. C’est le titre de l’article que Nirmal Menon signait hier 14 juillet dans le Mumbai Mirror. Ici, l’iPhone est attendu début août à un prix oscillant entre 25000 et 30000 Rs, soit un maximum de 430 € environ. Times of India revient quant à lui sur les ratés de l’activation logicielle de l’iPhone à son lancement, il y a quelques jours. Ici, plusieurs personnes m’ont confirmé que l’iPhone 3G est très très attendu – malgré l’absence de réseau 3G dans le pays et son prix élevé. Les moins de quarante ans un peu aisés pourraient se ruer dessus.

– Dans ses pages affaires, Times of India revient sur la crise financière aux Etats-Unis et ses conséquences sur le crédit à la consommation, évoquant une « fonte du plastique » en référence aux cartes de crédit. Et d’étendre la problématique au Royaume-Uni.

– La rentrée scolaire occupe pleinement sa place de marronnier de saison, avec un supplément dédié aux études supérieures dans Times of India. En couverture de ce supplément : l’étranger, avec, parmi les destinations favorites des étudiants Indiens, l’Allemagne, le Canada, la France, et Singapour. Mais les Etats-Unis et le Royaume-Uni restent en tête, notamment pour tous ceux qui souhaitent faire carrière dans l’informatique. Et de détailler les coûts de tels investissements scolaires et les procédures d’inscription.

En Inde, l’itinérance nationale est une réalité

Un temps évoquée en France, notamment pour assurer la couverture des zones blanches de la téléphone mobile – sans réseau disponible – l’itinérance nationale est une réalité en Inde. J’ai pu en faire l’expérience lors d’un déplacement à Pune – 3h de route depuis Mumbai – pour rencontrer les responsables de la SSII KPIT Cummins : mon téléphone équipé d’une carte SIM prépayée Vodafone est passé sans difficulté sur le réseau de BPL Mobile. Mais du coup, une surtaxe s’applique à l’émission et la réception de communications.

En France, les zones blanches sont couvertes selon un mécanisme d’itinérance au rabais appelé colocalisation : les trois opérateurs se partagent un même relais de téléphonie incapable de fournir d’autres services que la voix et les SMS.

Les technophiles français ont d’autres raisons de jalouser leurs homologues indiens : les opérateurs mobiles locaux n’ont pas attendu les réseaux 3G – inexistants dans le pays à ce jour – pour lancer des offres data illimitées ; chez BPL Mobile, c’est 199 Rs par mois, soit moins de 3 €.