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iPhone en Inde : Airtel veut couper l'herbe sous le pied de Vodafone

Au cours de mes trois semaines en Inde, je n’ai pas pu échapper à la campagne de promotion faite par Vodafone autour du lancement attendu de l’iPhone, d’ici la fin du mois d’août. Mais l’opérateur ne sera pas seul. Airtel, son principal concurrent (dont le réseau a connu une importante panne il y a peu), vient d’indiquer très officiellement son intention de commercialiser, lui aussi, l’iPhone 3G en Inde. Mais il s’est bien gardé d’indiquer un prix de vente.

Reste que l’iPhone 3G est très attendu dans le sous-continent. Quelques 150 000 iPhone 2G seraient en circulation, faisant de l’Inde le troisième marché non-officiel de l’iPhone, derrière la Russie et la Chine. Dans la pratique, il n’est pas rare d’en voir un dans les mains de quelque indien(ne) fréquentant des restaurants branchés.

Vite lu dans la presse indienne du week-end

– Le réseau de Airtel a bien été victime, ce vendredi, d’une panne monstre dans la région de Mumbai. Le Sunday Times explique qu’un incendie a ravagé une partie des « commutateur critiques [du réseau d’Airtel] à Mumbai, cinq pour être précis. L’incident s’est soldé par un black-out de plus de 12h. Afin d’éviter d’apporter un service minimum à ses clients, Airtel a demandé l’aide de Vodafone qui la lui a apportée bien volontiers. En Inde, Airtel en tête du marché de la téléphonie mobile avec 69,4 millions d’abonnés. Vodafone tient la seconde place avec 49,2 millions d’abonnés. Mais à Mumbai, c’est Vodafone qui est en tête avec 3,7 millions d’abonnés contre 2,5 pour Airtel.

Le fièvre de l’IT n’est pas retombée. Dans le seul état du Rajasthan, quelques 40 000 étudiants ont décidé de participer aux tests d’entrée dans les écoles supérieures d’ingénierie en informatique. Le Sunday Times précise que seules 20 000 places sont disponibles.

– Je ne sais pas si le Rajasthan est victime de coupures d’électricité. Mais Vasundhara Raje, premier ministre de l’état, entend bien lutter contre le vol et le gaspillage de l’électricité. Et de proposer des récompenses en espèces sonnantes et trébuchantes pour encourager les initiatives qui vont dans ce sens. A Mumbai, j’avais entendu dire que de nombreuses lignes électriques étaient piratées.

– Le Business Standard revient sur la stratégie des sociétés indiennes de développement logiciel. Celles-ci – et principalement les PME – souffrent de la crise aux Etats-Unis, un pays dont dépend 75 % de leur chiffre d’affaires. Elles se tournent donc vers l’Europe avec une démarche en trois étapes : investir dans la communication ; ouvrir des bureaux dans certaines grandes villes européennes ; et former des personnels aux langues – autres que l’anglais – et cultures européennes. Pour l’heure, l’Europe ne rapporte que 2 Md$ par an aux sociétés indiennes de développement logiciel. Celles-ci espèrent porter ce chiffre à plus de 4 Md$ en 2010.

– Grandir. C’est l’ambition de MindTree. L’entreprise vient de lever quelques 1 000 MRs auprès de HSBC et de Citibank afin de financier sa croissance. Premier investissement : la construction d’un campus capable d’accueillir 3000 salariés, à Chennai ainsi que l’extension de ses installations à Bangalore.

– Après TCS, c’est au tour de Wipro et de Satyam de présenter leurs résultats pour le premier trimestre. Le premier a enregistré un bénéfice net de 9080 MRs, soit 25 % de mieux qu’un an plus tôt, pour un chiffre d’affaires de 40,405 MdRs (+39 %). A court terme, Wipro prévoit une légère croissance de son chiffre d’affaires mais affiche sa prudence. De son côté, Satyam a enregistré une progression de près de 45 % de son bénéfice net, à 5477 MRs, et de 43,2 % de son chiffre d’affaires, à 26 MdRs. 

Au revoir Mumbai

Ma première semaine en Inde, entre Mumbai et Pune, touche à sa fin. Ce soir, je décolle pour Jaipur, où je dois passer le week-end en famille. La semaine prochaine, je serai trois jours à Bangalore et deux jours à Chennai. Là-bas, je dois notamment visiter les installations d’Infosys, Wipro et Logica, mais aussi rencontrer l’auteur Lavanya Sankaran, un représentant du syndicat Unites, et Partho Ganguli, de Reliance. Sans compter les éventuelles rencontres impromptues.

Mais avant de décoller pour Jaipur, je me suis installé dans le salon d’affaires de Jet Airways (accessible à tous les porteurs d’une carte de crédit MasterCard) dans l’espoir d’y utiliser une connexion à Internet. Problème : cette connexion est fournie par AirTel et le réseau d’AirTel serait en panne sur toute la région de Mumbai depuis ce matin. Selon une hôtesse du salon, ce serait une première. Mais toutes les communications du réseau AirTel seraient concernées, données de même que voix. J’utilise le conditionnel car, si je peux confirmer que le réseau WiFi d’AirTel à l’aéroport domestique de Mumbai ne fonctionne pas, je ne peux rien dire du réseau de téléphonie mobile.

Quoiqu’il en soit, il y a au moins un réseau WiFi qui fonctionne, baptisé « jetlounge », accessible dans l’aérogare au moins après le passage des contrôles de sécurité, et offre un accès gratuit à Internet.

Le mobile, même en moto, sans casque ni kit mains libres

Je suis arrivé à Mumbai vers 6h30, heure locale. Le temps de trouver un taxi et de récupérer ma chambre d’hôtel, il était dix heures, le bon moment pour m’atteler à ma première tâche sur place : me procurer un moyen de communication mobile efficace et pas trop cher. En effet, durant les prochaines trois semaines , je devrais rester joignable autant que lorsque je suis en France, que ce soit par mes collègues restés à Paris ou par les personnes que je dois rencontrer ici, quelque part entre Mumbai, Bangalore ou Dehli. Mais il n’est pas question d’exploser le budget prévu pour ce voyage pour les beaux yeux de l’un de nos opérateurs mobiles hexagonaux.

En Inde, Vodafone enregistre les pré-commandes pour l\'iPhone.Mon dévolu s’est jeté sur Vodafone. Ce n’est pas vraiment un hasard : l’opérateur dispose d’un point de vente à 50m de mon hôtel. En devanture, on peut d’ailleurs voir le teasing opéré autour de l’iPhone 3G. Cette proximité de l’antenne Vodafone n’est pas non plus un hasard : face à Airtel ou encore Reliance, Vodafone serait en position de force à Mumbai, selon une amie qui vit dans la banlieue de cette mégapole.

Pour prendre une carte prépayée, il faut se munir de son passeport ainsi que de l’adresse complète de son hôtel, même si l’on ne doit y rester que quelques jours. Surtout, il faut prévoir une photo d’identité. Un peu partout en ville, de petites officines proposent d’en réaliser en quelques minutes, à la manière de nos photomatons. Mais là, l’automatisation est réduite au minimum. Par exemple, à la gare de Church Gate, où j’ai fait réaliser ladite photo, le père tient l’officine et la caisse; un premier fils s’occupe des prises de vue, avec un petit compact numérique, mais aussi du calage du rideau qui sert d’arrière plan, de la mise à l’échelle et de l’impression sur une imprimante photo couleur domestique; un second fils assure le découpage et la livraison des photos au client. Une fois muni de tous les documents nécessaires, l’activation de la ligne prépayée est allé très vite.  

Du coup, j’ai pu commencer à communiquer mon numéro de mobile indien à toutes les personnes concernées. Et devinez quoi ? Mon téléphone s’est mis à sonner dans les minutes qui ont suivi ! Il faut dire que le mobile rencontre ici le même succès que partout dans le monde : je n’ai pas le taux d’équipement sous la main, mais il est difficile de croiser un indien qui ne tienne pas son mobile dans la main dans la rue. 

Quai de gare, à Mumbai, en heure creuseEn prenant le train pour aller dans le quartier de Bandra, je n’ai, en revanche, presque pas entendu de sonnerie de téléphone. Mais ce n’était ni un jour, ni une heure de pointe. Ce qui n’a pas empêché le wagon d’être bondé, une configuration finalement peu propice aux longs échanges téléphoniques. Et puis il y a les prix des communications. Rapportés au budget d’un européen, ils sont ridicules. Par exemple, appeler à Chennai depuis Mumbai, m’a coûté 1,5 Rs/min avec ma carte prépayée, l’équivalent de 0,02 €/min. reste que, rapportée au salaire d’un indien, la facture peut vite être significative.

Rue de Mumbai, perçue depuis un Rickshaw (sans le son)Ici l’interdiction d’usage du mobile au volant n’existe pas. Dans la rue, j’ai même vu plusieurs indiens téléphoner au volant de leur moto – dont un avec passager -, sans kit mains libres ni casque sur la tête. Franchement, j’en ai frémi compte tenu de la densité de la circulation routière locale et… de son côté chaotique aux yeux de qui débarque fraîchement des routes bien ordonnées et largement surveillées de France. 

Enfin, les services de type « ringback tone » – on écoute de la musique pendant que ça sonne chez son correspondant – m’ont l’air plutôt populaire, même chez les trentenaires : j’y ai été confronté avec plusieurs correspondants – tous sortis depuis longtemps de l’adolescence – au cours de cette première journée.