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Les grands de l’IT indien à la croisée des chemins

La reprise de la demande des entreprises occidentales en matière de services IT continue de profiter pleinement aux SSII indiennes. Mais ce contexte apparemment très favorable s’accompagne de tout un cortège de défis. Outre le contexte spécifique de certaines SSII en pleine transition dans leurs directions, c’est plus généralement le modèle classique de croissance linéaire qui semble montrer ses limites. Sous l’effet, notamment, des besoins en recrutement des acteurs du marchés. Acteurs locaux comme internationaux. Mais le virage semble difficile à négocier.

Avec le retour de la croissance, Infosys souffre de celui de l’attrition

La sortie de crise montre son double visage avec les résultats trimestriels d’Infosys, inférieurs aux attentes et accompagnés de signaux qui traduisent bien les difficultés des SSII indiennes pour lesquelles croissance rime encore largement avec recrutements et, leur corollaire, attrition. Un duo qui pèse et devrait encore peser sur la rentabilité d’une entreprise qui prévoit plus de 30 000 recrutements cette année.

Offshore : les prix repartent à la hausse

La crise passée, le temps des augmentations de salaires – à deux chiffres pour certaines populations – est de retour dans les grandes SSII indiennes. Cette tendance inflationniste, soutenue en outre par le coût associé à la reprise de l’attrition, devrait conduire les TCS, Infosys, Wipro et autres HCL à revoir à la hausse les tarifs horaires de leurs prestations. Selon l’Economic Times of India, la hausse pourrait attendre 5 %.
Pis encore, selon nos confrères, la plupart des nouveaux contrats à long terme listent désormais des clauses intégrant les risques de futures hausses salariales, de volatilité des taux de change, et d’inflation dans certains pays, au premier desquels, l’Inde.

Les SSII multiplient les initiatives pour lutter contre l’attrition

Au dernier trimestre 2010, Infosys a du se contenter d’une croissance nette de ses effectifs inférieure au nombre des départs… La faute à une attrition passée de 11,6 % en décembre 2009 à 17,5 % fin 2010. Chez TCS, elle atteignait 14,4 % au dernier trimestre 2010 – 24,7 % sur le BPO et 13,2 % pour les services IT. Chez HCL, elle est remontée de 12,8% sur les activités de services IT, au dernier trimestre 2009, à 17,2 % fin 2010… Chez Wipro, elle était remontée à 16 % au second trimestre 2010, contre 9,8 % un an plus tôt…

Un véritable défi quand on sait les difficultés du recrutement dans le sous-continent. Alors les périodes de formation reculent, ainsi que les taux d’intercontrat.

Pour lutter contre cette explosion, les SSII indiennes multiplient les recrutements et les initiatives pour retenir leurs talents. Avec notamment des efforts sur les promotions et les rémunérations, dont la progression est attendue pour 2011 aux niveaux historiques de 2007. TCS prévoit par exemple deux cycles d’augmentation de salaire par an pour cadres supérieurs, contre un seul jusqu’ici. Et il faut bien ça: selon nos confrères de SiliconIndia, les grands de l’IT indien ont commencé «une guerre pour les meilleurs talent au niveau du top management.»Mais les entreprises IT ont également allongé de délai de préavis à 3 mois pour les départs volontaires – contre un mois, notamment durant la crise financière.

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Vite lu dans la presse indienne

Programme chargé pour cette revue de presse indienne hebdomadaire avec, un accord important pour le développement du nucléaire civil en Inde, les pénuries d’électricité, ou encore l’ouverture de discussions pour la libéralisation des échanges entre Inde et Europe. Mais on parle aussi du marché domestique indien des services informatiques, de la situation économique, de la formation des ingénieurs en informatique, ainsi que de leur fidélisation.

– C’est la fête sur le front de l’énergie : l’Inde va pouvoir étendre son parc nucléaire civil. Cet été, le pays avait conclu un accord bilatéral en ce sens avec les Etats-Unis. Mais cet accord doit être ratifié par le congrès américain ; ce n’est pas encore le cas. Plus rapide, le groupe des pays fournisseurs de technologies nucléaires (NSG) vient de donner son feu vert au commerce de ces technologies avec l’Inde. Sans surprise, Paris s’est manifesté comme l’un des principaux soutien de l’Inde : Jacques Chirac avait déjà conclu un accord bilatéral avec le sous-continent, en ce sens, en février 2006. [ToI] Du coup, la France – avec Areva – prend une petite longueur d’avance. Petite parce que la Russie collabore déjà à la construction de deux centrales nucléaires de 1000 MW dans la ville de Kundakulum. L’Inde est longtemps resté dans une situation particulière : considéré comme pays « ami » des pays occidentaux, il détient l’arme nucléaire mais n’a jamais accepté de signer le traiter de non prolifération, se fermant ainsi certaines possibilités de commerce et de développement. Seul bémol, relevé par la presse indienne : la Chine a formulé des objections à l’entrée de l’Inde dans le club des pays nucléarisés. Retrouvez l’histoire du nucléaire indien ici.

– Dans l’immédiat, l’électricité continue d’être un problème au quotidien. A Chennai, on vient de passer à 5h sans électricité par jour. [IBN] A Pune, on vient de passer à 7h. [ToI]

– Des discussions vont commencer dès aujourd’hui à Bruxelles entre des représentants de la Commission Européenne et le ministre indien du commerce en vue d’un accord pour une ouverture plus large des marchés respectifs. Au menu des discussions : commerce de biens et de services, investissement et propriété intellectuelle. Le fruit des négociations devrait être présenté à l’occasion de la visite à Paris du premier ministre indien Manmohan Singh, dans le courant du mois de septembre. [HT] Et le gouvernement indien de pousser en faveur d’un accord bilatéral facilitant la mobilité des travailleurs. [ToI]

– On regarde encore du côté de la campagne pour les élections présidentielles aux Etats-Unis. En effet, le candidat démocrate Barack Obama a fait part de son intention d’industrialisation le processus d’attribution des visas H2B. La réflexion retient l’attention ici : les visas H2B sont notamment utilisés pour envoyer des collaborateurs de SSII indiennes, de l’autre côté du Pacifique, auprès de leurs clients.

– L’enquête sur les attentats d’Ahmedabad et de Bangalore, fin juillet, se poursuit. La police aurait retrouvé des disques durs utilisés par les suspects, dans un cybercafé. [EI]

– Le marché domestique, l’autre relais de croissance des SSII indiennes. Elles l’on longtemps négligé mais s’y intéressent de plus en plus. Il a progressé de 42% en 2007 et devrait atteindre 23,3 Md$ en 2008, selon le Nasscom. [ET] Les premiers exemples d’entreprises ayant recours à l’informatisation pour améliorer efficacité et rentabilité sont là. [FE] Reste que les entreprises indiennes ne sont pas encore très adeptes du BPO. [IBN] Alors, récession au US oblige, les SSII indiennes ne se tournent pas seulement vers l’Europe, elles visent aussi le Japon. [ET]

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Vite lu dans la presse indienne

– La situation économique indienne commence à inquiéter. La croissance de la production industrielle est tombée à 5,4 % au mois de juin, contre 8,9 % un an plus tôt. [ToI] Les coupures d’électricité constituent une autre source de préoccupation : elles menacent la compétitivité des entreprises indiennes, sinon leur survie. [DNA] Mais KC Reddy, analyste chez ABM Amro, estime que l’Inde profitera probablement du ralentissement économique mondial. [DNA]

– Le développement logiciel serait, selon le Nasscom, une piste très prometteuse pour la croissance indienne. Cette activité devrait générer 12 Md$ de CA en 2015, contre 1,4 Md$ en 2008. [FE][ET] L’industrie IT devrait recruter quelques 100 000 personnes en Inde dans les prochains. [ToI] Infosys investit d’ailleurs 10 MdRs pour construire son plus important campus à Hyderabad avec une capacité de 25 000 personnes. [ET] Mais, côté, écoles supérieures, on relève néanmoins un recul des recrutements. [HT]

– Le turnover dans les entreprises indiennes de BPO aurait chuté de 20 points à 30 %, selon le PDG d’Infosys BPO. Principale raison : les salariés chercheraient maintenant à faire carrière dans les entreprises de BPO. [ET]

– La pluie arrive ! Et ce n’est pas forcément une très bonne nouvelle. L’ouest du Maharastra (Mumbai) est à la limite de l’inondation. [ToI] D’autres états, à commencer par le Karnataka (Bangalore), doivent s’attendre à d’importantes précipitations dans le courant de la semaine. [FE] La production électrique souffre, par endroits, de ces fortes pluies, en raison de l’inondation de mines de charbon. [MM]

Tata Tele Services s’apprête à commercialiser les services de communication électronique de RIM. [HT] Parallèlement, l’opérateur investira quelques 2 Md$ pour développer son réseau GSM. [FE] Avec l’objectif de 100 millions d’abonnés en 2011. [DNA]

– Le processus d’attribution des licences 3G, par enchères, devrait être finalisé le 30 septembre. [FE] Mais des observateurs s’inquiètent de ses limitations [ET] et de l’avantage compétitif donné à Airtel et Vodafone [ET], alors même que des opérateurs internationaux, un temps intéressés par le marché indien, devraient jeter l’éponge. [ET] Et certains de relever que, plutôt que de penser 3G, il faudrait peut-être déjà penser 4G. [FE] Parallèlement, le gouvernement indien demande de créer une zone sans couverture mobile, de 500m de large, à proximité des frontières. [HT]

– La sécurité avant tout. Il pourrait être désormais plus difficile d’acheter une carte SIM en Inde : le ministère local de l’intérieur propose que l’on oblige tout demandeur de présenter deux abonnés comme garantie. Le but est d’éviter que des terroristes n’utilisent la téléphonie mobile pour communiquer. [ToI] Et tant pis les auteurs des attentats de Bangalore et Ahmedabad ont utilisé des cartes SIM étrangères.

– La fibre optique démarre lentement à Dehli et Mumbai. L’opérateur BSNL ne compte pour l’heure, dans ces deux villes, que 4 500 à 5000 abonnés. Le déploiement physique des fibres poserait des difficultés. [DNA]

– Le réseau WiFi public de Mumbai sera protégé contre les piratages. C’est du moins ce qu’affirment les autorités qui prévoient un système complet et strict d’enregistrement des utilisateurs, d’authentification et de supervision. [DNA]

– Apprendre à travailler ensemble. Les SSII indiennes telles que TCS, Wipro, Satyam et Cognizant ne se contentent plus de former leurs salariés à la culture de leurs clients occidentaux : elles s’attaquent aussi à la formation culturelle de leurs clients afin d’améliorer la qualité des interactions. [ET]

– La bataille est engagée autour des brevets logiciels. Dans le Financial Express, Venkatesh Hariharan, directeur des affaires corporates chez Red Hat, prend la plume pour défendre le point de vue des acteurs du monde du logiciel libre. [FE]

Vol de données. La banque d’investissement californienne Thomas Wiesel Partners vient d’engager des poursuites à l’encontre de BNP Paribas et de l’un de ses employés indiens, à Mumbai, pour vol de données confidentielles. Thomas Wiesel Partners soupçonne le directeur de l’unité de recherche de BNP Paribas à Mumbai, parti précipitamment fin 2007, d’avoir profité de son accès privilégié à ses données clients. [ET]

– Mauvaise nouvelle pour les indiens « marginalisés » : le système des quotas dans le monde de l’éducation ne devrait pas s’appliquer cette année aux 13 IIT du pays. [DNA][NewsX]

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