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Vite lu dans la presse indienne du 30 juillet, édition spéciale attentats

– Le terrorisme continue d’alimenter les premières pages de la presse indienne. Dans The Hindu, on apprend ainsi que 18 nouvelles bombes ont été désarmocées à Surat, le second centre de l’activité commerciale dans l’état du Gujarat. A Delhi, on annonce de nouvelles mesures de sécurité, à commencer par le départ des vendeurs installés le long de la rue Ajmal Khan Road. A Hyderabad, les SSII ont décidé de renforcer la sécurité de leurs installations. Le Mail Today, évoque de son côté un second e-mail envoyé par le groupe Indian Mujahideen ce lundi, annonçant d’autres attentats dans l’état du Gujarat, allant jusqu’à préciser ses cibles et son modus operandi. The Hindustan Times publie une interview de Kenneth Haywood, directeur général de Campbell White Executive Soft Skills Company, dont le réseau WiFi a été utilisé pour expédier le premier e-mail de revendication.

– Times of India explique pour sa part que les terroristes utilisent des cartes SIM de pays étrangers pour leurs communications. Ils les obtiendraient grâce à de faux papiers. Ces cartes SIM proviendraient principalement du Pakistan, de Dubai et du Royaume-Uni. Parallèlement, la police de Navi Mumbai demande aux Cyber Cafés d’installer des caméras de surveillance.

– L’enquête conduite sur l’e-mail de revendication des attentats d’Ahmedbad soulève la question de la responsabilité de l’abonné à Internet et du titulaire d’un compte de messagerie électronique. La législation indienne dispose, par extension aux moyens de communication électroniques, que le titulaire ou l’abonné est responsable en d’utilisation illégitime. A charge pour lui d’apporter la preuve de son innocence et d’un piratage de ces outils. WiFi est bien sûr en ligne de mire. Le gouvernement voudrait rendre obligatoire l’usage de mots de passe de sécurisation.

Pour la petite histoire, j’ai résidé à Delhi dans un hôtel proposant un accès à Internet gratuit. Dimanche, à mon arrivée, cet accès avait été coupé. A l’accueil, le personnel évoquait la sécurité. Lundi matin, l’accès WiFi a été rouvert, moyennant sa sécurisation par une clé WEP que j’ai pu obtenir à l’accueil après avoir fourni mes coordonnées complètes. Mais j’ai été surpris de constater que cette modeste disposition de sécurité a été levée dans la journée : dès lundi soir, le réseau WiFi de l’hôtel était redevenu librement accessible.

– Tous les moyens de communication électronique semblent suspects. The Economic Times relève ainsi que le ministère de l’intérieur indien cherche à obtenir un assouplissement du chiffrement des transmissions sur les Blackberry utilisés en Inde. RIM aurait rejeté cette demande au nom des intérêts de ses clients tout en insistant le fait que ses serveurs sont installés au Canada et ne relèvent pas de la compétence du gouvernement indien. RIM se serait vu suggérer d’installer des serveurs en Inde pour ses clients en Inde.

Vite lu dans la presse indienne du 29 juillet

– La nouvelle vague de terrorisme, commencée vendredi dernier à Bangalore,  continue de faire les gros titres. Dans Times of India, on apprend que le niveau de planification des attentats de vendredi et samedi relève d’une progression inquiétante. Les bombes auraient été chargées dans des voitures à Vadodara, voitures volées à Navi Mumbai. A Chennai, un complot aurait été déjoué pour faire sauter une route suspendue. La police s’inquiète de l’absence de contrôle pour la vente du nitrate d’ammoniaque, utilisé pour la fabrication des bombes. Le terrorisme serait au moins partiellement financé par la fausse monnaie indienne en circulation.

– Pour lutter contre le terrorisme, l’état du Karnataka (Bangalore) veut connaître ses citoyens. Pour cela, il s’apprête à fournir à tous (ou presque) une carte d’identité individuelle… dans les plus grandes villes.

Internet, à haut débit, compte 4,38 millions d’abonnés. Rapporté à la population du pays, c’est peu. Fin mai, ce chiffre était de 4,15 millions. Par haut débit, le régulateur local entend 256 kbps ou plus. Principal frein : un coût élevé, de l’ordre de 500 Rs par mois. Et Times of India de souligner que le voisin chinois compte pour sa part quelques 253 millions d’internautes.

– Selon l’Economic Times, les ventes de PC en Inde ne sont pas à la fête. L’inflation, tant générale que spécifique aux prix des ordinateurs personnels, serait la principale cause de cette situation. Pour la période 2007/2008, les ventes n’ont progressé en volume que de 1 % à 5,5 millions d’unités.

– Patni Computer Systems vient d’ouvrir un centre d’externalisation de processus métier écologiquement correct à New Delhi. Conçu pour accueillir quelques 3 500 personnes, ce nouveau centre a coûté quelques 1,75 MdRs et devrait permettre une économie d’énergie de l’ordre de 45 %.

– Le marché intérieur indien reste une mine d’or inexploitée pour les services informatiques. Selon The Economic Times, les SSII de petite et moyenne taille qui s’en sortent le mieux en bourse sont celles qui jouent à plein la carte du marché domestique. Et de citer Allied Digital Services, MIC Electronics, ou encore Redington India.

– L’Inde s’inquiète de la conservation des contenus d’Internet. Une commission vient d’être constituée pour plancher sur le sujet. Elle rendra un rapport préliminaire d’ici trois mois et ses conclusions, d’ici six mois.

Mphasis, filiale d’EDS, se porte bien. La SSII a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 7,422 MdRs au premier trimestre, clos le 30 juin dernier, en progression de 39,6 % sur un an. Le bénéfice net pour la période atteint 790 MRs, soit 54 % de mieux qu’un an plus tôt.

Vite lu dans la presse indienne du 28 juillet

– Les opérateurs mobiles serviront-ils de vache à lait ? Selon The Economic Times, le gouvernement indien voudrait obtenir quelques 8,25 MdRs des opérateurs mobiles à l’occasion du renouvellement de leurs licences 2G. Ces licences ont été accordées pour 20 ans à la fin des années 90 ; leur renouvellement doit intervenir dans les années à venir. Mais le régulateur local s’oppose à une telle ponction alors que les licences 3G sont sur le point d’être distribuées.

– The Economic Times s’inquiète de la saturation des réseaux de téléphonie mobile lors des attentats de Bangalore et d’Ahmedabad. Selon une source chez le régulateur local, « les opérateurs n’ont pas mis en place de dispositif permettant de rerouter les appels lorsque leurs réseaux sont saturés. » Et les opérateurs de répliquer que… le contexte réglementaire ne leur permet pas de mettre en place un tel système mais, surtout, que construire des réseaux avec un large surplus de capacité en prévision de situations de crise détruirait leur rentabilité.

– Les entreprises de service informatique de Bangalore affichent leur prudence après les attentats de vendredi. Elle attendent du gouvernement que leur sécurité soit une priorité et affirment à The Economic Times se concentrer sur la mise en place de plans de gestion des risques afin de préserver leur activité en pareilles circonstances. Et de rappeler que, par le passé, lors d’incidents d’ampleur tels que des émeutes, l’activité avait été transférée à d’autres sites ; pour compenser le temps perdu, les effectifs de Bangalore avaient dû prendre sur leurs congés.

L’éthique dans le monde des affaires fait débat, dans les colonnes du Times of India. L’industrie indienne ferait face à un « défi majeur avec la trahison de cadres dirigeant » qui parviendraient trop « facilement à rompre avec l’éthique professionnelle. » Et de souligner les difficultés de recrutement avec des délais de 3 à 4 mois pour trouver un remplaçant, puis de 3 à 6 mois pour le faire entrer en fonction, et un coût de l’ordre de 5 MRs.

– Selon le ministère des technologies de l’information, l’Inde devrait exporter du logiciel pour quelques 40 Md$ sur la période 2007/2008, soit 28 % de plus que l’année précédente. En roupies, la progression devrait se limiter à 15,6 % à 1 630 MdRs.

Changement de programme

On a beau préparer aussi soigneusement que possible un projet comme celui de cette enquête en Inde, l’imprévu arrive toujours à se faufiler. Là, ce sont quelques incertitudes quant à la présence d’interlocuteurs chez IBM et EDS à Bangalore – malgré les efforts des attachés de presse – qui m’ont amené à renoncer à revenir passer deux jours dans cette ville. A la place, je vais passer deux jours à Pune à la rencontre d’entrepreneurs français qui ont décidé de monter leur activité en Inde.

La pollution, gangrène des métropoles indiennes

Dans une revue de presse précédente, j’ai eu l’occasion d’évoquer la pollution des eaux de surface à Chennai. Bien sûr, je n’ai pas manqué de parler aussi de celle – atmosphérique – qui règne à Bangalore, avec les quelques troubles respiratoires qu’elle a pu provoquer passagèrement chez moi.

Un bus des transports publics de New Delhi

Ici, à Dehli, la situation semble, au premier coup d’œil (ou à la première bouffée d’air chaud), un peu meilleure. Ce serait trompeur. Un français travaillant sur place m’a indiqué que la ville est considérée comme zone dangereuse, pour la santé, en raison, notamment, de la présence de particules d’aluminium en suspension dans l’air. Je n’ai pas réussi à me faire confirmer ce point par d’autres sources. Mais il reste notoire que la ville compte parmi les plus polluées de la planète. Certains efforts sont néanmoins fait du côté du transport avec taxis et bus fonctionnant au gaz.

Un étang, le long de la route entre Noida et New Delhi

Du côté des sols et des eaux de surface, la situation ne serait plus brillante. Des bassins particulièrement pollués m’ont été indiqués. Mais je n’aurai pas le temps d’aller tous les explorer mais je suis tombé par hasard sur ce qui m’a semblé être l’un d’entre eux, par hasard, le long de la route entre Delhi et Noida : l’eau stagnante est d’un vert splendide; cela ne semble pas gêner les vaches.

J’ai essayé d’aborder la question de l’environnement avec plusieurs entreprises de services informatiques indiennes. Pour l’heure, le solaire thermique semble trouver une certaine place, pour la production d’eau chaude. D’ailleurs, sur les toits de nombreuses maisons, on trouve des citernes d’eau, de couleur noire pour absorber la chaleur. Le solaire photovoltaïque peine en revanche à percer. La poussière n’aiderait pas, ajoutant des coûts d’entretiens aux coûts d’acquisition, encore élevés. Et puis il y a l’importante production électrique d’appoint qui fonctionne au diesel, quitte à entraîner des pénuries passagères à Bangalore pour ce carburant.  

Attentats à Bangalore : Unites Professionals en appelle au gouvernement du Karnataka

En réponse aux attentats qui ont frappé Bangalore vendredi dernier, le syndicat Unites Professionals a décidé de lancer une pétition pour appeler le gouvernement de l’état du Karnataka, où se trouve Bangalore, à renforcer la protection des employés des entreprises de service informatique installées dans Electronic City, mais aussi dans le reste de la métropole.

Karthik Shekkar

Lors de notre rencontre, la semaine dernière, Karthik Shekkar, secrétaire général de Unites Professionals pour l’Inde, avait évoqué quelques uns des problèmes de sécurité auxquels sont confrontés les employés des entreprises de service informatique de Bangalore. Notamment, les risques d’agression resteraient élevés pour ceux qui rentrent tard à leur domicile.

Le fait que le transport soit largement assuré par des bus privés, propriété des entreprises de service informatique installées à Bangalore, ne changerait que peu de chose à la situation.

L’Inde en état d’alerte

Les attentats de vendredi, à Bangalore, ont été suivis, samedi, de 17 explosions à Ahmedabad, au bilan plus lourd : 29 morts, dont 18 dans deux hôpitaux de la ville, et 88 blessés selon le Sunday Times. En outre, une nouvelle bombe a été trouvée et désamorcée à Bangalore.

Dans un e-mail envoyé aux principaux médias indiens quelques minutes avant la première explosion à Ahmedabad, le groupe radical Indian Mujahideen revendique les attaques et en promet d’autres. La police indienne a remonté la trace de cet e-mail envoyé via un compte Yahoo Mail, jusqu’à une connexion à Internet à Mumbai. Mais l’émetteur de l’e-mail de revendication court toujours.

Avec cette seconde série d’explosions et leur revendication, c’est la piste politique qui semble désormais privilégiée : les explosions ont eu lieu dans les états dirigés par le parti d’opposition BJP ; parti plutôt proche des milieux hindous et accusé par certains de complaisance à l’égard des hindous radicaux en butte aux musulmans.

Vue du campus de Wipro, à Bangalore

Certains experts cités par la presse indienne s’attendent à ce que la prochaine cible soit la ville de Bhopal, dans l’état du Madhya Pradesh, également géré par le BJP. Ce qui n’empêche pas Mumbai d’être sur le qui-vive. Mais les services de renseignement indiens n’excluent pas que ces attaques soient tout simplement téléguidées depuis le Pakistan, via des agents dormants.

Dans la rue, les réactions sont partagées. A Bangalore, les personnes que j’ai pu contacter sont encore très impressionnées par les explosions de vendredi. Mais à Dehli où je viens d’arriver et où une importante célébration religieuse hindou bat son plein jusqu’à mercredi, la distance aidant, l’ambiance est plutôt sereine. Et certains d’affirmer dans une posture un rien bravache que « les hindous n’ont pas peur des attentats. »

Dans l’édition de dimanche de DNA Sunday, on apprend qu’un rapport d’avril 2007, commandé par l’association de quelques 120 entreprises installées à Electronic City (Elcia), révèle des failles de sécurité considérables dans la protection de ces entreprises. Ces failles pourraient être utilisées par des terroristes pour conduire des attaques ou encore procéder à des prises d’otages. Pour combler ces failles, il faudrait investir quelques 60 MRs. Mais l’Elcia n’a réuni jusqu’ici que 10 % de cette somme.

Neuf attentats à la bombe à Bangalore

Je l’ai appris hier soir, alors que mon avion en partance de Jaipur faisant halte à Hyderabad après avoir décollé de Bangalore : 9 bombes ont explosé à Bangalore en l’espace de 90 minutes. Selon le Times of India, une personne serait décédée dans les explosions, et huit auraient été blessées. Selon le quotidien, les bombes étaient de faible puissance, visant principalement à créer un trouble psychologique afin de déstabiliser la ville, sur le plan économique. La police met ces attentats sur le compte d’islamistes radicaux, dont des « poches » auraient récemment émergé dans le sud de l’Inde. Selon DNA Saturday, 4 des neuf explosions ont eu lieu le long de ces 2 km de route qui relie le centre de Bangalore à Electronics City, le quartier des entreprises High-Tech. 

En encadré, le Times of India revient sur l’effet psychologique de ces attentats : « il y a eu beaucoup de peur et de panique pendant 2/3 heures et aucun travail n’a pu être fait », raconte Atul, un employé d’EDS interrogé par le quotidien. De nombreuses entreprises installées à Bangalore auraient encouragé leurs salariés à rester dans les bâtiments ou chez eux jusqu’à ce que la situation redevienne normale. 

Réagissant rapidement, le gouvernement se serait dit prêt à amender la législation afin de permettre à l’industrie IT indienne de bénéficier de la protection d’une force de police spéciale, dédiée à l’industrie, la CISF.

Pour l’heure, toutes les personnes rencontrées au cours de ces trois jours passés à Bangalore, que j’ai pu contacter hier soir, m’ont confirmé n’avoir pas physiquement souffert des attentats.

Question d’échelle

Vue du campus d'Infosys, à Bangalore

Les campus des principales SSII indiennes ont quelque chose de démesuré. Celui d’Infosys, à Bangalore, accueille plus de vingt mille personnes chaque jour. En plus de multiples bureaux et cafétérias – monstrueusement bruyantes, au passage – il intègre un authentique hôtel, avec piscine, pour les hôtes de marque. Ce dernier a fait l’objet d’un soin architectural tout particulier, s’inspirant dans son dessin de l’opéra de Sidney. Un grand bâtiment, « troué » en son milieu, est tout aussi étonnant : Il s’intègre au paysage dans une très agréable perspective.

Construction du bâtiment médian du futur campus de TCS à Chennai

Mais j’ai presque envie de dire que c’est peu de chose, comparé au campus qu’érige actuellement Tata Consultancy Service, sur le site de Siruseri, à la périphérie de Chennai. A terme, ce campus accueillira quelques 25 000 travailleurs. Ceux-ci seront répartis dans six bâtiments entourant une sorte d’épine dorsale. A l’une de ses extrémités se trouvera une tour, haute de plus de 100 m, avec plateforme panoramique pour recevoir les hôtes de marque en leur permettant de dominer les lieux. La direction aura bien évidemment ses bureaux en haut de cette tour. A côté de celle-ci doivent se dresser une bibliothèque ainsi qu’un micro-complexe hôtelier pour VIP.

Dans l'un des deux premiers éléments opérationnels du futur campus du TCS à Chennai

Coût des bâtiments ? Mystère. Coût de fonctionnement de l’ensemble ? Il est encore à l’étude. Les procédures d’entretien du site n’ont même pas encore été finalisées. Pour l’heure, seul un des six modules périphériques à l’épine dorsale est opérationnel. Un second doit être inauguré la semaine prochaine. L’ensemble sera achevé d’ici… quelques années. Mais quelques questions restent en suspens, à commencer par la date à laquelle l’Etat aura fini de rénover le chemin de terre – qui doit se transformer en route- pour supporter le passage de tous les cars transportant quotidiennement les personnels de TCS. Sans compter les voitures et deux-roues personnels pour lesquels des parkings souterrains ont été aménagés.

Pour la petite histoire, Hexaware est en train de construire de nouveaux locaux à côté de ceux de TCS à Siruseri. Ceux-ci devraient quasiment se trouver dans le prolongement de l’épine dorsale du colossal ensemble de TCS, à l’opposé de la grande tour. Mais vus depuis le chantier de Tata Consultancy Services, ils paraissent vraiment petits et d’une grande banalité architecturale. A moins qu’il ne s’agisse de sobriété, question de point de vue.

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