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Raccourcir les files d'attente aux caisses…

Samedi, fêtes de Noël oblige, je me suis prêté au cérémonial de la file d’attente dans un grand magasin. En fait, ce n’était que la Fnac, mais c’était long. Cet épisode fastidieux m’a renvoyé aux Apple Store que j’ai pu visiter aux Etats-Unis et en Chine. Avec une constante : une petite astuce est mise en oeuvre pour réduire le temps d’attente aux caisses. Cette petite astuce, simple mais redoutablement efficace, consiste en quelques vendeurs dotés de postes d’encaissement électroniques mobiles, intégrant lecteur code barre, TPE et imprimante pour le reçu et le ticket de caisse. Une caisse nomade, en somme. J’avoue, je suis plus adepte du petit commerce de proximité que des grands magasins. Du coup, je l’assume sans mal : je n’ai pas encore vu cette solution mise en oeuvre ailleurs. En revanche, j’ai eu, cet été, l’occasion de découvrir d’où elle vient : il s’agit du centre d’innovation de Tata Consultancy Services de Chennai, qui travaille notamment sur les solutions IT pour la vente de détail – avec l’exploitation des marqueurs RFID – et… pour les compagnies aériennes et l’exploitation des programmes de fidélité. Petit reportage.

Changement de programme

On a beau préparer aussi soigneusement que possible un projet comme celui de cette enquête en Inde, l’imprévu arrive toujours à se faufiler. Là, ce sont quelques incertitudes quant à la présence d’interlocuteurs chez IBM et EDS à Bangalore – malgré les efforts des attachés de presse – qui m’ont amené à renoncer à revenir passer deux jours dans cette ville. A la place, je vais passer deux jours à Pune à la rencontre d’entrepreneurs français qui ont décidé de monter leur activité en Inde.

Vite lu dans la presse indienne du 25 juillet

– La pollution d’un quartier très industriel de Chennai inquiète les résidents, explique The Hindu. C’est la pollution des eaux de surface et de l’air qui semble particulièrement préoccupante. Personnellement, j’ai été très impressionné par la pollution d’un fleuve qui longe l’hôtel où j’ai séjourné à Chennai : l’eau est tout simplement noire ; le fleuve dégage une odeur comparable à celle d’un égout à ciel ouvert. Mais l’air reste plus respirable que dans les embouteillages de Bangalore.

– Gestion à court terme. La pénurie d’électricité dont souffre Chennai est presque gérée au jour-le-jour. Selon The Hindu, l’état du Tamil Nadu (où se trouve Chennai), va commander quelques 100 MW de capacité supplémentaire pour une période de… un mois. La demande initiale portant sur 300 MW. Mais la capacité totale n’a pas pu être accordée en raison de la situation des autres états du pays. Dans l’état du Maharashtra (où se trouve Mumbai), le déficit de capacité électrique se monte à quelques 6000 MW, entrainant des coupures de 5 à 8 heures dans les grandes agglomération.

– Wipro renforce ses liens avec les écoles d’ingénieurs. Selon le Times of India, la SSII indienne s’est rapproché de 14 écoles d’ingénieurs des états du Tamil Nadu (Chennai), Andhra Pradesh et Karnataka (Bangalore) afin de les aider à former des ingénieurs prêts à l’embauche. L’opération n’a officiellement pas de but lucratif mais pourrait aider Wipro à soigner son image auprès des jeunes et ainsi recruter les meilleurs d’entre eux.

– Un bide ? L’EeePC semble peiner à trouver son public en Inde. Selon le Financial Express, Asus n’en a écoulé que 10 000 unités en quelques mois mais espère bien se refaire avec un objectif de 30 000 unités par mois pour les trois mois à venir. Selon Sumanta Mukherjee, analyste chez IDC India, le marché local n’est pas assez mûr pour ce produit. Mais pour Asus, le lent décollage de l’EeePC en Inde ne serait lié qu’à des problèmes d’approvisionnement.

– Bataille au sommet autour de la brevetabilité du logiciel. Infosys et TCS serait en situation d’opposition frontale avec Red Hat, ici en Inde. Selon le Financial Express, les deux premiers militent contre la Section 3(K) du projet d’amendement à la législation indienne sur la propriété intellectuelle. Celle-ci dispose que les « méthodes mathématiques ou professionnelles, un programme informatique ou algorithme ne sont pas brevetables. » Bien sûr, Red Hat soutient de son côté cet amendement.  

Au revoir Chennai

Cette seconde semaine en Inde touche à sa fin. Je m’apprête à décoller pour Jaipur où je dois retrouver ma famille pour le week-end. La semaine prochaine, je serai tout d’abord à New Dehli. Je dois y rencontrer Romain Dupuy, un jeune entrepreneur français installé là-bas, mais aussi Sopra et un confrère, notamment. A l’issue de ces rencontres, je retournerai à Bangalore pour deux jours. Une visite des installations locales d’IBM figure sur mon agenda.
Bon week-end à tous !

Question d’échelle

Vue du campus d'Infosys, à Bangalore

Les campus des principales SSII indiennes ont quelque chose de démesuré. Celui d’Infosys, à Bangalore, accueille plus de vingt mille personnes chaque jour. En plus de multiples bureaux et cafétérias – monstrueusement bruyantes, au passage – il intègre un authentique hôtel, avec piscine, pour les hôtes de marque. Ce dernier a fait l’objet d’un soin architectural tout particulier, s’inspirant dans son dessin de l’opéra de Sidney. Un grand bâtiment, « troué » en son milieu, est tout aussi étonnant : Il s’intègre au paysage dans une très agréable perspective.

Construction du bâtiment médian du futur campus de TCS à Chennai

Mais j’ai presque envie de dire que c’est peu de chose, comparé au campus qu’érige actuellement Tata Consultancy Service, sur le site de Siruseri, à la périphérie de Chennai. A terme, ce campus accueillira quelques 25 000 travailleurs. Ceux-ci seront répartis dans six bâtiments entourant une sorte d’épine dorsale. A l’une de ses extrémités se trouvera une tour, haute de plus de 100 m, avec plateforme panoramique pour recevoir les hôtes de marque en leur permettant de dominer les lieux. La direction aura bien évidemment ses bureaux en haut de cette tour. A côté de celle-ci doivent se dresser une bibliothèque ainsi qu’un micro-complexe hôtelier pour VIP.

Dans l'un des deux premiers éléments opérationnels du futur campus du TCS à Chennai

Coût des bâtiments ? Mystère. Coût de fonctionnement de l’ensemble ? Il est encore à l’étude. Les procédures d’entretien du site n’ont même pas encore été finalisées. Pour l’heure, seul un des six modules périphériques à l’épine dorsale est opérationnel. Un second doit être inauguré la semaine prochaine. L’ensemble sera achevé d’ici… quelques années. Mais quelques questions restent en suspens, à commencer par la date à laquelle l’Etat aura fini de rénover le chemin de terre – qui doit se transformer en route- pour supporter le passage de tous les cars transportant quotidiennement les personnels de TCS. Sans compter les voitures et deux-roues personnels pour lesquels des parkings souterrains ont été aménagés.

Pour la petite histoire, Hexaware est en train de construire de nouveaux locaux à côté de ceux de TCS à Siruseri. Ceux-ci devraient quasiment se trouver dans le prolongement de l’épine dorsale du colossal ensemble de TCS, à l’opposé de la grande tour. Mais vus depuis le chantier de Tata Consultancy Services, ils paraissent vraiment petits et d’une grande banalité architecturale. A moins qu’il ne s’agisse de sobriété, question de point de vue.