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Crise : l’industrie IT indienne change de ton

Les incertitudes économiques, liées notamment à la crise des dettes souveraines européennes, commencent-elles à affecter les SSII indiennes ? Peut-être. En tout cas, le discours semble s’être clairement infléchi.

Cognizant continue son insolente ascension

Jusqu’où ira Cognizant ? Cette vraie-fausse SSII américaine a réalisé un chiffre d’affaires de 4,6 Md$ en 2010, contre 3,3 Md$ en 2009. Soit une progression de près de 40 % ! Au troisième trimestre 2011, Cognizant a enregistré, pour son cinquième trimestre consécutif, une croissance de plus de 30 % par rapport à la même période un an plus tôt, pour un chiffre d’affaires de 1,6 Md$. Plus que HCL Technologies et un peu moins qu’Infosys (1,75 Md$) et Wipro (1,85 Md$). La seconde place sur le podium n’est plus simplement une cible lointaine, elle est largement entrée dans le viseur. D’ailleurs, avec un bénéfice net de 227,1 M$ pour la période, Cognizant vient tutoyer Wipro et ses 265 M$.

Il faut dire que la SSII a multiplié les signes d’agressivité au cours des dernières années : rachat du centre de BPO captif d’UBS, en Inde, fin 2009, de Galileo, en France, pour le test logiciel, en juin 2010, de CoreLogic India et ses 4 000 employés, cette année… Cognizant serait sur les rangs pour racheter l’activité services financiers d’Oracle en Inde.

Cognizant et Capgemini en lice pour racheter l’activité services financiers d’Oracle en Inde

Selon l’Economic Times of India, Capgemini et Cognizant cherchent à racheter la branche services financiers d’Oracle en Inde, spécialisée notamment dans  l’externalisation de processus métiers (BPO). Une vente dans laquelle l’éditeur est conseillé par le Crédit Suisse. Wipro, HCL et L&T Infotech, qui furent un temps candidats au rachat, auraient jeté l’éponge. Parallèlement, Oracle aurait réduit ses prétentions : il comptait initialement retirer 400 à 500 M$ de cette cession. Cette activité de BPO provient d’i-Flex, une entreprise dont Oracle a pris le contrôle en 2006, visant tout particulièrement sa solution bancaire FlexCube.

 

SSII indiennes : la polémique des visas rebondit

Les tensions protectionnistes menaçant l’activité des SSII indiennes pouvaient paraître dépassées. Du moins Barack Obama avait-il pu le laisser imaginer à l’automne dernier. Mais il n’en est rien. Des soupçons d’abus autour des visas pour les Etats-Unis ont récemment jeté de l’huile sur le feu. Un feu déjà bien vivace et qui commence à s’étendre au Royaume-Uni.

Les grands de l’IT indien à la croisée des chemins

La reprise de la demande des entreprises occidentales en matière de services IT continue de profiter pleinement aux SSII indiennes. Mais ce contexte apparemment très favorable s’accompagne de tout un cortège de défis. Outre le contexte spécifique de certaines SSII en pleine transition dans leurs directions, c’est plus généralement le modèle classique de croissance linéaire qui semble montrer ses limites. Sous l’effet, notamment, des besoins en recrutement des acteurs du marchés. Acteurs locaux comme internationaux. Mais le virage semble difficile à négocier.

Japon : les grandes SSII indiennes mettent leurs salariés à l’abri

Infosys a décidé, ce mardi 15 mars au matin, de rapatrier ses salariés travaillant au Japon. La SSII compte environ 350 employés dans l’archipel; tous devraient avoir rejoint l’Inde d’ici un à deux jours, selon le directeur des ressources humaines cité par mes confrères de l’Economic Times of India. Et de préciser que ces collaborateurs sont principalement installés à Tokyo, Fukuoka et Nagoya.

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Unique ID : la carte d’identité à tout faire qui attire toutes les convoitises

Le projet Unique ID est l’un plus importants projets gouvernementaux indiens du moment. D’une part, parce qu’il marque un véritable tournant dans la manière dont l’Inde va gérer l’identification de ses citoyens. De fait, il s’agit d’associer chaque citoyen indien à un numéro d’identification unique – ce qui peut rappeler le numéro de sécurité sociale français. Surtout, ce numéro d’identification a vocation à permettre l’accès à tout type de service, public ou privé : en clair, il n’est pas question d’avoir, d’un côté, un numéro de sécurité sociale et, de l’autre, un numéro de permis de conduire. Bref, du tout-en-un qui, outre épargner aux indiens certaines lourdeurs administratives, doit en plus permettre d’élargir l’identification des citoyens indiens à des populations toujours susceptibles, aujourd’hui, de n’être pas identifiées, notamment dans les zones rurales. On l’avait notamment vu après les attentats de Bangalore, en juillet 2008 (en même temps, comme le relève la presse indienne, seuls 56 pays dans le monde proposent des cartes d’identité nationale). Un tout-en-un qui doit également contenir des informations de filiation ainsi que des données biométriques. Nadan Nilekani, fondateur d’Infosys débauché pour conduire le projet, ne cachait pas, déjà en 2007, son enthousiasme pour le projet. Approuvé à l’automne 2008 (mais le concept remonte à 2003), le projet d’Unique ID doit porter ses premiers fruits en 2010. D’ici à mi-2014, il devrait concerner 600 millions d’indiens. A New Delhi, il faudra attendre 2012.

Pour l’heure, la presse indienne n’évoque que relativement peu les questions associées à un tel projet relatives à la vie privée ou encore à l’inviolabilité des cartes à puces associées au projet – des cartes à puce basées sur le standard indien Scosta. Une autorité ad hoc, l’UID Authority, devra veiller à ces questions. Mais peut-être est-il encore trop tôt pour déjà les évoquer. En fait, le projet Unique ID a même été l’une des propositions phare du parti qui a remporté les dernières législatives indiennes.

Bien sûr, les SSII indiennes sont sur les rangs, mais le projet soulève un enthousiasme qui dépasse les frontières du sous-continent. En juillet dernier, Bill Gates a qualifié le projet de « remarquable initiative », exprimant au passage la volonté de Microsoft d’y être associé. De passage en Inde la semaine dernière, Carol Bartz, nouveau PDG de Yahoo, a également manifesté son intérêt pour le projet, soulignant la capacité de son entreprise à traiter de larges volumes de données en quotidien. Cognizant et IBM voudraient également leur part du gâteau. Et l’industrie IT israélienne s’est fendue, en juillet, de l’envoi d’une délégation sur place pour mieux vendre ses services au gouvernement indien dans le cadre de ce projet. Il faut dire que le gâteau est alléchant : le projet Unique ID devrait globalement couter 22 Md€.

Le Nasscom repart à l’assaut sur le dossier des visas

Pas question, pour l’industrie indienne des services informatiques, de se laisser couper l’herbe sous le pied. Alors que le congrès américain doit légiférer, en 2010, sur l’immigration, Som Mittal, président du Nasscom, la chambre syndicale des SSII indiennes, s’est une nouvelle fois élevé contre certaines dispositions en projet qui viseraient à réduire la capacité de ces SSII à obtenir des visas de travail (H1-B) pour leurs collaborateurs envoyés outre-Atlantique dans le cadre de contrats d’externalisation. Une restriction qui, selon Som Mittal, serait à double tranchant : un « tueur de business » d’un côté, mais aussi une mesure « pénalisante » pour les Etats-Unis. D’après le président du Nasscom, « 60 % des doctorats technologiques sont détenus par des étrangers. »

Si le discours de Som Mittal ne tombe pas forcément au meilleur moment – sur un total de 65 000 visas H1-B disponibles cette année, plus de 18 000 n’ont pas encore été attribués…; de quoi s’interroger sur l’ampleur réelle du besoin – il n’est pas forcément déconnecté de la réalité. Une réalité qui comporte deux facettes qu’il serait peut-être imprudent de décorréler l’une de l’autre : comment les SSII indiennes pourraient-elles continuer d’assurer leur croissance si, d’une part, on leur fermait les portes de ce qui reste leur principal marché alors que, d’autre part, leurs concurrentes issues de ce marché ne se privent plus pour venir chasser sur leurs terres ? Là, je pense bien sûr au géant IBM – 11 % du marché domestique indien en 2008 ; un marché sur lequel comptent les SSII indiennes pour renforcer leur croissante – le marché IT domestique indien doit progresser de 14 % cette année. Mais Big Blue n’est pas le seul chasseur de l’histoire.

Au cours des prochaines années, le gouvernement indien devrait lancer de nombreux marchés publics. La seule modernisation des hôpitaux du pays représenterait une enveloppe totale de l’ordre de 50 MdRs – environ 720 M€. Une enveloppe sur laquelle lorgnent bien sûr des HCL, Infosys, TCS (le marché domestique représente 10 % de son CA ; il vise 10 % des futurs marchés publics locaux, pour 1Md$ de CA) et Wipro. Et puis il faut ajouter l’enveloppe de 20 MdRs – près de 300 M€ – du fichier national de suivi des criminels. Et ce ne sont que quelques exemples. Mais pour tous ces projets publics, il faut compter avec l’appétit de Cognizant, HP, IBM, SAP, General Electrics ou encore… Dell, via Perot System, qu’il a récemment racheté.

Vie des entreprises

Axon n’est qu’un début. HCL Technologies indique qu’il entend procéder à d’autres acquisitions, à court terme, avec, en ligne de mire, des spécialistes des services d’ingénierie, de l’environnement Blackberry, de SAP, et du BPO. [ET]

– Le PDG de Mphasis (EDS), Jeya Kumar, vient de démissionner, « pour saisir des opportunités de carrière externes » a expliqué la SSII. Jeya Kumar occupera sa fonction jusqu’à ce qu’un remplaçant soit nommé. Jeya Kumar a été nommé PDG de Mphasis en… février 2008. [HBL] Son départ sera-t-il lié aux procédures d’économies en vigueur ? La SSII va chercher à concentrer ses implantations à Bangalore, mais aussi et surtout à réduire sensiblement les émoluments des membres de son conseil d’administration et de sa direction – jusqu’à 45 % ! [BS]

Wipro étoffe son offre, avec des services liés à la reprise d’activité, dont notamment l’automatisation des workflows et des processus associés. [TMN] Et de se lancer dans le SaaS sur le marché de l’informatique hospitalière. [ITE] Tout en préparant trois acquisitions dans le domaine des services d’infrastructure. [DNA]

Satyam vient de conclure un partenariat avec l’éditeur K2 afin de développer des solutions de gestion des processus métier (BPM) sur plateformes Microsoft. [HBL]

Infosys vient de remporter un important contrat avec la banque du Punjab visant à informatiser les 1 300 implantations locales de l’institution. [FE]

TCS roule pour l’écurie Ferrari de Formule 1. Et ce, pour les trois prochaines années. [HBL] Et quitte à verser dans la mécanique, la SSII a aussi décroché un contrat avec Ducati. [HT]

– La crise économique n’a pas empêché Cognizant d’empocher plusieurs contrats de 50 à 100 M$, dont l’un avec client nord américain existant, pour des développements Oracle, ou encore d’autres avec Deutsche Telekom et Healthnet. [ToI] Ni GenPact de remporter un gros contrat avec Hyatt, ou encore Infosys, avec AstraZeneca. [ToI]

Infrasoft, un éditeur de solutions pour la banque et services financiers installé à Mumbai, s’apprête à réaliser deux acquisitions en Europe et quatre aux Etats-Unis, pour un montant total de 30 M$. [BS]

HP cherche à toucher au-delà des grandes villes indiennes, notamment dans les états du Guajarat et du Rajasthan. [HBL]

Intel prévoit d’aider les équipementiers et les opérateurs WiMax en Inde, ne serait-ce qu’en matière de promotion, afin d’aider au décollage de cette technologie dans le sous-continent. [ITE] Le fondeur vient par ailleurs de lancer « Net Yatra », une opération de sensibilisation et de formation à Internet. [FE] A cela, il convient d’ajouter le programme de formation Intel Teach lancé à Hyderabad. [HBL] Ainsi que 23 M$ d’investissements dans des entreprises indiennes. [ET]

– De son côté, Microsoft peut de targuer d’avoir signé avec 70 startups indiennes dans le cadre de programme BizSpark, un programme… gratuit de mise à disposition de certaines de ses solutions. De quoi mieux les faire connaître. [HT]

IBM s’occupera des serveurs, des infrastructures de stockage, des services réseau et du logiciel d’administration de la banque privée Madhav Nagrik Sahakari, pendant 5 ans, pour un montant non communiqué. [ITE]

– Les salariés indiens de Motorola n’échapperont pas à la curée. 100 d’entre eux vont être remerciés. [HBL]

Tata Teleservices prépare le déploiement de son réseau GSM. C’est Nokia Siemens Network qui a remporté le gros lot pour la fourniture des équipements d’infrastructure. Le montant précis du contrat n’est pas connu, mais Tata Teleservices avait précédemment indiqué vouloir investir 1,5 Md$ en deux ans pour le déploiement national de son réseau GSM. [HBL]

– Améliorer sa connexion IP internationale. C’est la volonté de l’éditeur Polaris, installé à Chennai, qui vient de s’offrir un réseau privé MPLS auprès de Verizon.

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