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Corruption : l’Inde à la croisée des chemins

Marche de soutien à Anna Hazare, à New Delhi, en avril 2011. Photo par vm2827

Arrêté dans la journée, il aurait dû passer une semaine en prison. Il sera libéré dans la nuit sous l’effet de la pression populaire. Il s’agit d’Anna Hazare, la bête noire de la majorité parlementaire indienne, devenue en quelques mois la figure de proue de la lutte contre la corruption.

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Changer le plomb en or…

Début 2009, l’Inde a eu son Enron, avec le scandale Satyam – dont le procès s’est ouvert au début du mois de novembre. Et puis, cette année, il y a eu les jeux du CommonWealth (CWG). Au programme : prise d’intérêt illégale, fraude à l’attribution de marchés publics… Le tout pour un moment pour l’heure estimé à environ 80 MdRs. Pour certains, une illustration de l’étendue de la corruption en Inde. Mais déjà un autre scandale vient compléter cette illustration : celui de l’attribution des licences mobiles 2G. Le parlement indien semble quasiment paralysé depuis dix jours par la confrontation entre le gouvernement et l’opposition, celle-ci demandant une commission d’enquête parlementaire – en vain jusqu’ici. Pour l’heure, ce scandale a au moins débouché sur la démission du ministre des télécommunications, A. Raja. Mes confrères de l’Economic Times of India en font un résumé : en 2008, neuf entreprises ont obtenu des licences de téléphonie mobile 2G valables pour l’ensemble du territoire indien pour moins de 350 M$. Selon l’opposition, l’Etat indien s’est ainsi privé de plusieurs milliards de dollars – l’attribution des licences 3G a rapporté près de 15 Md$. Quels mécanismes de gouvernance ont ici failli ? Raja aurait ignoré un rapport du contrôleur et audit général. La Cour Suprême indienne a demandé des explications au premier ministre pour son inaction sur le dossier. Le régulateur indien est allé jusqu’à suggérer l’annulation de 69 licences… Mint retrace de manière assez synthétique la chronologie de ce scandale sur lequel plane encore le soupçon de la corruption. et par lequel quelques journalistes pourraient être eclaboussés.

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La corruption mine-t-elle les marchés IT ?

Inutile de se voiler la face. L’éviction de Satyam, de Wipro et de MegaSoft des marchés de la Banque Mondiale a des relents de corruption. Du moins la suspicion entourant les avantages accordés à l’ancien DSI de l’institution, Mohamed Mushin, est-elle grande, et de cette nature.

En Inde, le problème de la corruption n’a rien d’un secret. Cet été, plusieurs indiens que j’ai pu rencontrer m’ont parlé de leur démocratie avec fierté, évoquant tout juste une certaine « faiblesse », faisant précisément référence à la corruption. Transparency International a d’ailleurs récemment placé l’Inde à la 85ème place d’un classement en comptant 180, pour l’efficacité de la lutte contre ce fléau. Sur le terrain, les témoignages de petites « rétributions » accordées à tel ou tel fonctionnaire ne manquent pas, pour accélérer des démarches ou éviter une procédure judiciaire. Mais cela va-t-il jusqu’aux marchés IT ? On peut être tenté de le penser.

L’indice de corruption des pays exportateurs, publié en décembre dernier par l’ONG, place la Russie en dernière position, précédée de la Chine, du Mexique, de l’Inde, de l’Italie et du Brésil : les entreprises originaires de ces pays seraient donc particulièrement susceptibles de recourir à la corruption pour gagner des marchés. Sur le plan sectoriel, les télécommunications sont moins bien placées que l’on ne pourrait l’imaginer, avec un score 6,6/10, contre 7/10 pour le secteur IT – les notes vont de 0 à 10, une notre de 0 indiquant une probabilité élevée de versement de pots de vin.

Mais l’Europe occidentale est-elle si blanche ? Pas si l’on en croît l’histoire récente. En France, en février 2003, Altran a porté plainte contre trois de ses anciens dirigeants pour abus de confiance et, également, corruption. Fin 2003, c’était  au tour de Cap Gemini d’être soupçonné de corruption en Allemagne. Plus près de nous, au printemps 2008, s’est ouvert en Allemagne un procès opposant Siemens à d’anciens salariés soupçonnés de corruption.

La semaine dernière, au détour d’un entretien téléphonique, un patron de SSII s’est confié. Selon lui, en Europe occidentale, la corruption a globalement disparu des marchés IT. Mais, « en Europe de l’Est, on sait que ça existe, comme au Moyen-Orient ou en Afrique du Nord. » Là, dans certains pays, le problème serait même « profond. » Comprendre, en filigrane, qu’il faut en passer par là pour s’offrir une place au soleil.

Que dit justement le rapport 2008 de Transparency International pour ces régions ? Il classe par exemple la Roumanie à la 167ème place de son palmarès. Sont pointées notamment le manque d’indépendance du département anti-corruption du ministère de l’administration et des affaires intérieures. Ou encore l’incapacité de la justice à se saisir des affaires soulevées par ce département. Globalement, pour les rapporteurs, « le dédain parlementaire pour le respect des normes de technique législative contribue à rendre les mesures anti-corruption perméables à des interprétations abusives. » Mais le rapport reste muet sur l’Afrique du Nord.

L’espace dédié à la région Afrique du Nord/Moyen-Orient de Transparency International est plus loquace. On peut y lire que « la corruption est largement répandue et prévaut dans les pays [de la région]. » Et l’ONG de souligner que, si les nations de la région ont ratifié la Convention des Nations Unies contre la corruption, sa mise en œuvre « reste un défi majeur. »

De son côté, la France est-elle protégée ? Le projet de suppression du juge d’instruction est-il susceptible d’entraîner des dérives ? Vous-même, lecteurs collaborateurs de SSII, avez-vous été témoin d’actes assimilables à une forme de corruption ? Vous avez nos coordonnées.

Vite lu dans la presse indienne

– Sans donner de détails, la police indienne assure avoir progressé dans la recherche des auteurs de l’e-mail de revendication des attentats de New Delhi (pas ceux d’hier 27 septembre ; les précédents…). [HT] Pendant ce temps-là, les Indian Mujahideen, profitant du soutien financier de la mafia [TH], menacent Mumbai. [HT] Et font un pied de nez à la police du Gujarat en divulguant, dans une vidéo, les codes d’accès à deux comptes de messagerie qu’ils ont utilisés. [ToI] Du coup, comme après les attentats de Bangalore et d’Ahmedabad au mois de juillet, les réseaux WiFi ouverts sont l’objet de toutes les attentions. [FE] Ils seraient 15 000 rien qu’à Mumbai. [MM] Du coup, on commence à expliquer comment protéger les réseaux WiFi et à s’inquiéter des « war drivers ». [ToI][DNA] En attendant, certains n’hésitent plus à soulever la question : l’état indien est-il capable de protéger ses citoyens ? [DNA] D’autant plus qu’il a retardé la création d’un centre dédié à la lutte contre la cybercriminalité. [HT]

– Le modèle de Bangalore fait des émules. Le Népal aimerait bien répliquer l’expérience, faisant émerger sa propre « Silicon City. » [HBL] Pour l’heure, le Népal se contente d’un petit parc IT près de Kathmandu. Mais l’état mise sur son potentiel hydro-électrique pour séduire. De son côté, le Bengale de l’ouest s’apprête à fournir 230 acres de terrain pour les entreprises IT. [TH] Et à Chennai, ce sont les télécoms et l’IT qui portent la demande pour les espaces de bureau. [BS]

Le cours de la roupie, reparti à la baisse, aidera-t-il des SSII indiennes dont les objectifs, en dollars, semblent difficiles à atteindre ? Rajendra Shreemal, trésorier de Wipro, veut y croire. [HBL] Certains analystes l’y encouragent. De son côté, l’inflation est repartie à la hausse, à 12,14 %. [TH]

– Avis de gros temps pour les étudiants : le ralentissement économique aux Etats-Unis semble désormais suffisamment sérieux pour menacer l’embauche des jeunes diplômés des instituts indiens de technologie (IIT). [DNA] Certains enseignants voient tout de même un côté positif à la situation : le recul de la demande dans le domaine financier pourrait ramener les étudiants à la technologie pure, comme l’aéronautique, par exemple. Reste que Gartner estime que la crise ne devrait pas toucher durement les SSII indiennes. [ET] Mais cela n’empêche pas les SSII indiennes de donner déjà des consignes de ralentissement des recrutements. Vingt à vingt-cinq mille emplois pourraient être supprimés en raison de la crise financière. [ET][ET] MPhaSis, filiale locale d’EDS, ne prévoit par exemple plus que 4000 recrutements cette année, contre 8000 initialement prévus. [BS]

– Un étudiant indien en informatique, âgé de 21 ans, a tenté de se suicider. Selon la police, c’est l’éloignement familial – l’étudiant en question était inscrit à l’IIT de Mumbai mais venait d’Andhra Pradesh – qui l’aurait conduit à l’état dépressif ayant mené à la tentative de suicide. [ToI]

– Avec le développement d’Internet, l’Inde s’ouvre au phishing et au vol d’identité en ligne. Les régulations locales ne permettent pas de lutter efficacement contre le problème. Mais Ernst & Young s’attend à de prochaines améliorations, notamment sous la pression du Nasscom. [FE]

– Biswamohan Pani, ancien ingénieur chez Intel, est poursuivi – et fait l’objet d’une enquête du FBI – pour avoir volé 13 fichiers contenant des secrets industriels du fondeur… et les avoir transmis à AMD. [DNA] Pour sa défense, Biswamohan Pani assure que les documents en question étaient destinés à son épouse qui travaille toujours chez… Intel. Le suspect n’est plus employé par AMD.

– Fait-il bon chercher à faire des affaires en Inde ? Pas trop, selon le rapport de la Banque Mondiale qui place le sous-continent à la 122ème position dans un classement qui en comporte 181. Selon le rapport, il faut compter 1 420 jours pour obtenir la pleine réalisation d’un contrat en Inde, contre 150 jours à Singapour, par exemple. [FE] La Russie apparaît à la 120ème place ; la Chine à la 83ème ; et le Brésil à la 125ème. Côté liberté d’entreprendre, l’Inde se place 77ème sur 141 en 2006. [ToI]

– Les indiens que j’ai rencontrés cet été m’ont parlé de leur démocratie avec beaucoup de fierté, évoquant à regret une certaine « faiblesse ». Cette « faiblesse », c’est la corruption. En matière de lutte contre ce fléau, l’Inde vient de tomber à la 85ème place (sur 180), reculant de 13 places en un an, selon une étude de Transparency International. [ToI] La note d’intégrité du pays a très légèrement baissé de 3,5 à 3,4/10. 

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