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Comment les multinationales séduisent les ingénieurs indiens…

J’adore ces conversations spontanées et détendues qui naissent autour d’un verre dans le coin fumeur de la terrasse d’un hôtel. Hier soir, l’une d’entre elles, avec deux développeurs indiens travaillant pour un éditeur américain très spécialisé, s’est avérée particulièrement intéressante…

Combien gagnez-vous ? «Combien, d’après toi ?» Peut-être 800 000 Rs [1 € équivaut actuellement à environ 60 roupies indiennes] par an ? «Moins, plutôt de l’ordre de 650 000.» L’un des deux sort tout juste de l’IIT de Delhi; l’autre a déjà deux ans d’expérience.

Avez-vous déjà travaillé pour une SSII indienne ? «Non.» Et pourquoi ? Le plus expérimenté : «dans mon cas, c’est juste une question d’argent. Je voulais un bon package. Les SSII indiennes vont proposer de 150 000 à 250 000 Rs pour un débutant; c’est trop peu.» Pourtant, vous avez été approchés sur votre campus ? «En fait, non. Je n’ai pas vu les SSII indiennes; elles faisait leur recrutement en marge du processus officiel de l’IIT.» Pourquoi cela ? «Parce qu’elle savent que, dans l’IIT, elles ne sont que le dernier recours; personne, sortant de là, ne veut travailler à moins de 400 000 Rs par an.» Et en face, dans les multinationales… ? «Eh bien, tu vois : je t’ai indiqué l’ordre de grandeur de mon salaire; tu peux faire la différence.»

Si donc les SSII indiennes se font couper l’herbe sous le pied par les multinationales, il semble qu’il y ait au moins une raison très terre à terre à cela : le salaire.

Pour autant, les deux ingénieurs ne crachent pas sur les SSII indiennes : «Pour un débutant, ce n’est pas forcément une mauvaise solution; elles offrent une bonne formation.» Mais que dire de ces clauses contractuelles qui prévoient un dédommagement de l’entreprise en cas de départ prématuré ? «Comment ça, tu trouves ça anormal ?» Je ne sais pas… je m’interroge. «Nous, on comprend.»

En fait, le jackpot, cela semble être l’expatriation pour quelques mois : «j’ai un ami qui vient de partir aux Etats-Unis… il reçoit 600 000 $ par an. Je ne me rends pas compte : c’est beaucoup ? Est-ce que ce sera suffisant pour vivre là-bas ?»

Interrogé sur la question des salaires, Som Mittal, président du Nasscom, a avancé le chiffre de 350 000 Rs par an, en moyenne, pour un débutant, et de 600 000 Rs pour un employé avec 2/3 ans d’expérience, travaillant sur des domaines à fort volume et faible valeur ajoutée.

Quand le patron de HCL s’offre un bain de foule très bollywoodien

Directions, c’est un exercice étonnant. Le patron de HCL Technologies s’y offre un bain de foule très bollywoodien et sert un discours d’orientation stratégique directement à ses salariés. Aujourd’hui, c’est à 1200 de ceux employés sur le site de Gurgaon, cette banlieue de Delhi qui donne parfois l’impression d’être construire autour des centres des BPO.

Ne cherchez pas Vineet Nayar sur cette photo, vous ne réussirez pas même à l'entrevoir au milieu de ses salariés.

Sur une musique endiablée, Vineet Nayar arrive sur scène et commence un show qui n’a rien à envier aux grands finaux des films de bollywood : musique, danse, dérision… Les salariés sont invités à monter sur scène et à rejoindre un patron qui finit par disparaître sous le nombre.

Passée cette introduction haute en couleur, place au discours. Un discours qui se veut de vérité et qui, il faut bien le dire, brille par sa cohérence avec les messages délivrés à l’extérieur, notamment lors de la présentation des résultats trimestriels de la SSII. Au programme : concurrence, forces et faiblesses de l’entreprise, organisation interne, évolutions technologiques et leurs implications sur l’activité et la relation commerciale avec les clients. Tout à l’air d’y passer.

(suite…)

Retour en Inde

L’Inde est décidément un pays plein de surprises. Ici, c’est l’hôtel Rose à Jaipur; une adresse de routard exquise où m’a emmené mon ami - et chauffeur - Ayub. Le propriétaire de l’hôtel y coule les douces journées de sa retraite. C’est un ancien ministre... Petit coucou à Ferdinand, Claudia et Juliette qui doivent encore séjourner là quelque temps.

Après un peu de plus de deux ans, me revoici en Inde. Une courte semaine dans le sous-continent que je passerai essentiellement à Delhi. Mais ce voyage a déjà été l’occasion de retrouver, à Bangalore, l’auteur Lavanya Sankaran, le syndicaliste Karthik Shekkar et le français Michel Guez, de Smart Testing. Au programme de nos conversations, des sujets aussi variés que la crise de 2008/2009 et son impact sur cette ville souvent présentée comme la capitale de l’industrie IT indienne, le scandale de la corruption dans le cadre des jeux du Commonwealth, ou encore la vétusté toujours impressionnante des infrastructures.

Mais avant de revenir sur ces sujets, j’aimerais partager avec vous une rencontre – aléatoire, comme toujours – faite dans le nouveau terminal de l’aéroport de New Delhi.

Ça commence par une discussion banale dans ce genre d’endroit : «où allez-vous ?», me demande-t-elle. Moi : «à Jaipur; je suis en correspondance ici depuis 5h. Et vous ?» «à Ahmedabad; je vais retrouver mon mari.» Et là, son exclamation : «un mariage d’amour !». Manifestement, elle a envie d’en parler. En même temps, je suis curieux d’entendre son histoire : quelques heures plus tôt, je discutais, dans l’avion qui m’amenait de Bangalore, avec un Sikh originaire de Chandigarh, au nord de Delhi, et qui me vantait les mérites du mariage arrangé. La coïncidence est amusante. (suite…)

Guide des achats IT à New Delhi

L'interieur de Nehru Place

L'intérieur de Nehru Place

Comment parler de l’informatique en Inde sans parler de l’achat Hardware… je prends toujours un malin plaisir à aller faire mes courses à Nehru Place, le “montgallet” de Delhi. Là où se rend tout Delhiite pour faire ses courses en informatique avec, au programme, ordinateurs, composants, imprimantes,  téléphones portables. Bien entendu, vous aussi pouvez y acheter des CDs pirates, remplir vos cartouches d’imprimantes d’encres douteuses (à la seringue !!).

Se garer a nehru Place

Se garer à Nehru Place

Pour faire vos courses, rien de plus simple. Si vous réussissez à vous garer, vous devrez déambuler dans les nombreux magasins extérieurs mais surtout à l’intérieur des multitudes de tours qui entourent ce marché. C’est d’ailleurs là que vous trouverez les meilleures affaires. Car attention, ici, bien entendu, tout se négocie et le touriste ne sera pas épargné par une montée flagrante des prix 😉 qui n’a rien à voir avec la hausse mondiale du carburant.

Comment remplir ses cartouches...

Remplir ses cartouches...

Pour acheter c’est simple : après avoir fait votre tour des magasins et comparé les prix, vous faites votre petite liste sur un bout de papier (qui peut être un tract de Pizza Hut), puis vous passez à la caisse. Bien entendu, pour cela, vous devrez avoir réussi à passer la foule qui s’amasse et se bouscule devant le « counter »; si vous survivez à cela vous n’aurez qu’à attendre un temps indéfini… (de 20 min à deux heures, c’est selon) pour récupérer votre précieux matériel… Et comme il se doit, il est indispensable de tout vérifier car il n’est pas rare non plus qu’ils aient pris la liberté de modifier votre demande en fonction des stocks.

Voilà, vous venez de vivre une expérience inoubliable…

Le retour de vacances…

Me voici de retour à Delhi, après 2 semaines de repos bien mérité, je retrouve ma jungle qui m’a tant manqué. Bilan des deux semaines… du retard sur les projets, 2 coupures internet (liées apparemment à la fête nationale du 15 août), 2 semaines de pluies intensives et le festival de Krishna qui touche à sa fin…en bref, quand on est entrepreneur, il ne faut jamais partir en vacances.

Mais revenir à Delhi est toujours amusant, revoir des amis, des connaissances, des « business contacts »… Ma première semaine de retour a été l’occasion de revoir certains d‘entre eux. Ils n’ont pas changés, certains gagnent des millions et réagissent toujours comme des enfants quand un nouveau gadget est disponible sur le marché et cette fois il s’agit, bien entendu, de l’IPhone 3G.

Rohit en fait partie. Pour la sortie de l’Iphone 3G tant attendu en Inde, il a réussi à être le premier propriétaire à delhi de ce nouveau joujou dont il n’utilisera sans doute que le quart des fonctionnalités. Programme de la soirée : à minuit tapante, Airtel (un des principaux fournisseurs d’accès mobile et Internet) doit envoyer une voiture à son domicile avec le fameux téléphone; Rohit sera en photo dans le journal avec ses commentaires bien entendu préparés à l’avance par Airtel, un peu comme un téléprompteur, « respecté » de tous pour avoir réussi (non sans « extra » et contacts) a être l’homme le plus à la mode de la journée… 

Malheureusement, comme d’habitude, rien ne se passe comme prévu : la voiture est annulée et Rohit est en retard de 2 heures… une jeune fille aura l’immense honneur d’acheter ce premier iPhone à Delhi pour la maudite somme de 36100 INR (soit dans les 600 euros…), soit 4 fois le prix espéré… Rohit ne sera pas célèbre et aura usé de ses contacts et « extra » pour… un iPhone 3G cher et un beau stylo offert par Airtel comme compensation…

La pollution, gangrène des métropoles indiennes

Dans une revue de presse précédente, j’ai eu l’occasion d’évoquer la pollution des eaux de surface à Chennai. Bien sûr, je n’ai pas manqué de parler aussi de celle – atmosphérique – qui règne à Bangalore, avec les quelques troubles respiratoires qu’elle a pu provoquer passagèrement chez moi.

Un bus des transports publics de New Delhi

Ici, à Dehli, la situation semble, au premier coup d’œil (ou à la première bouffée d’air chaud), un peu meilleure. Ce serait trompeur. Un français travaillant sur place m’a indiqué que la ville est considérée comme zone dangereuse, pour la santé, en raison, notamment, de la présence de particules d’aluminium en suspension dans l’air. Je n’ai pas réussi à me faire confirmer ce point par d’autres sources. Mais il reste notoire que la ville compte parmi les plus polluées de la planète. Certains efforts sont néanmoins fait du côté du transport avec taxis et bus fonctionnant au gaz.

Un étang, le long de la route entre Noida et New Delhi

Du côté des sols et des eaux de surface, la situation ne serait plus brillante. Des bassins particulièrement pollués m’ont été indiqués. Mais je n’aurai pas le temps d’aller tous les explorer mais je suis tombé par hasard sur ce qui m’a semblé être l’un d’entre eux, par hasard, le long de la route entre Delhi et Noida : l’eau stagnante est d’un vert splendide; cela ne semble pas gêner les vaches.

J’ai essayé d’aborder la question de l’environnement avec plusieurs entreprises de services informatiques indiennes. Pour l’heure, le solaire thermique semble trouver une certaine place, pour la production d’eau chaude. D’ailleurs, sur les toits de nombreuses maisons, on trouve des citernes d’eau, de couleur noire pour absorber la chaleur. Le solaire photovoltaïque peine en revanche à percer. La poussière n’aiderait pas, ajoutant des coûts d’entretiens aux coûts d’acquisition, encore élevés. Et puis il y a l’importante production électrique d’appoint qui fonctionne au diesel, quitte à entraîner des pénuries passagères à Bangalore pour ce carburant.  

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