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La formation initiale est-elle réellement adaptée aux défis de l’industrie IT ?

En Inde – comme en Europe, accessoirement – les entreprises IT recherchent des salariés susceptibles d’être le plus rapidement possible productifs. HCL, Infosys, TCS et Wipro disposent bien sûr d’importantes ressources internes dédiées à la formation. Mais qui refuserait de profiter des compétences de salariés «clé en main» ? C’est là que l’on touche peut-être à un paradoxe. Shiv Nadar, fondateur de HCL Technologies et l’un des pères de l’industrie IT indienne, a bien volontiers abordé le sujet avec moi, lors d’un entretien dans les bureaux de l’entreprise à Noida, près de Delhi.

Question : «D’un côté vous attendez des institutions scolaires des jeunes immédiatement employables et, de l’autre, vous demandez à ceux-ci d’être ouvert à la mobilité interne, d’être flexibles et de pouvoir s’adapter à des domaines différents de leur formation initiale… ce n’est pas un peu contradictoire ?»

Shiv Nadar, HCL Technologies, évoque la formation des jeunes en Inde.

Réponse : (sourire) «C’est une réflexion vicieuse; ce n’est pas exact. […] Qui devient un talent ? Il s’agit d’enfants issus de la classe moyenne, dont les parents veulent qu’ils reçoivent une bonne éducation, de bons salaires, qu’ils aient une vie qu’ils n’ont pas eu.» Et Shiv Nadar d’illustrer par l’exemple comment la manière dont s’effectuent, en Inde, les transferts de richesse, des enfants vers les parents. Un classique ici, sur lequel Lavanya Sankaran insistait déjà il y a deux ans, lors de notre première rencontre. Pour faire simple, en Inde, la retraite des anciens est payée par les jeunes, mais de le strict cadre de la famille. Souvenez-vous : «En Inde, la sécurité sociale, c’est la famille,» me disait Lavanya Sankaran.
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Vite lu dans la presse indienne

– La situation économique indienne commence à inquiéter. La croissance de la production industrielle est tombée à 5,4 % au mois de juin, contre 8,9 % un an plus tôt. [ToI] Les coupures d’électricité constituent une autre source de préoccupation : elles menacent la compétitivité des entreprises indiennes, sinon leur survie. [DNA] Mais KC Reddy, analyste chez ABM Amro, estime que l’Inde profitera probablement du ralentissement économique mondial. [DNA]

– Le développement logiciel serait, selon le Nasscom, une piste très prometteuse pour la croissance indienne. Cette activité devrait générer 12 Md$ de CA en 2015, contre 1,4 Md$ en 2008. [FE][ET] L’industrie IT devrait recruter quelques 100 000 personnes en Inde dans les prochains. [ToI] Infosys investit d’ailleurs 10 MdRs pour construire son plus important campus à Hyderabad avec une capacité de 25 000 personnes. [ET] Mais, côté, écoles supérieures, on relève néanmoins un recul des recrutements. [HT]

– Le turnover dans les entreprises indiennes de BPO aurait chuté de 20 points à 30 %, selon le PDG d’Infosys BPO. Principale raison : les salariés chercheraient maintenant à faire carrière dans les entreprises de BPO. [ET]

– La pluie arrive ! Et ce n’est pas forcément une très bonne nouvelle. L’ouest du Maharastra (Mumbai) est à la limite de l’inondation. [ToI] D’autres états, à commencer par le Karnataka (Bangalore), doivent s’attendre à d’importantes précipitations dans le courant de la semaine. [FE] La production électrique souffre, par endroits, de ces fortes pluies, en raison de l’inondation de mines de charbon. [MM]

Tata Tele Services s’apprête à commercialiser les services de communication électronique de RIM. [HT] Parallèlement, l’opérateur investira quelques 2 Md$ pour développer son réseau GSM. [FE] Avec l’objectif de 100 millions d’abonnés en 2011. [DNA]

– Le processus d’attribution des licences 3G, par enchères, devrait être finalisé le 30 septembre. [FE] Mais des observateurs s’inquiètent de ses limitations [ET] et de l’avantage compétitif donné à Airtel et Vodafone [ET], alors même que des opérateurs internationaux, un temps intéressés par le marché indien, devraient jeter l’éponge. [ET] Et certains de relever que, plutôt que de penser 3G, il faudrait peut-être déjà penser 4G. [FE] Parallèlement, le gouvernement indien demande de créer une zone sans couverture mobile, de 500m de large, à proximité des frontières. [HT]

– La sécurité avant tout. Il pourrait être désormais plus difficile d’acheter une carte SIM en Inde : le ministère local de l’intérieur propose que l’on oblige tout demandeur de présenter deux abonnés comme garantie. Le but est d’éviter que des terroristes n’utilisent la téléphonie mobile pour communiquer. [ToI] Et tant pis les auteurs des attentats de Bangalore et Ahmedabad ont utilisé des cartes SIM étrangères.

– La fibre optique démarre lentement à Dehli et Mumbai. L’opérateur BSNL ne compte pour l’heure, dans ces deux villes, que 4 500 à 5000 abonnés. Le déploiement physique des fibres poserait des difficultés. [DNA]

– Le réseau WiFi public de Mumbai sera protégé contre les piratages. C’est du moins ce qu’affirment les autorités qui prévoient un système complet et strict d’enregistrement des utilisateurs, d’authentification et de supervision. [DNA]

– Apprendre à travailler ensemble. Les SSII indiennes telles que TCS, Wipro, Satyam et Cognizant ne se contentent plus de former leurs salariés à la culture de leurs clients occidentaux : elles s’attaquent aussi à la formation culturelle de leurs clients afin d’améliorer la qualité des interactions. [ET]

– La bataille est engagée autour des brevets logiciels. Dans le Financial Express, Venkatesh Hariharan, directeur des affaires corporates chez Red Hat, prend la plume pour défendre le point de vue des acteurs du monde du logiciel libre. [FE]

Vol de données. La banque d’investissement californienne Thomas Wiesel Partners vient d’engager des poursuites à l’encontre de BNP Paribas et de l’un de ses employés indiens, à Mumbai, pour vol de données confidentielles. Thomas Wiesel Partners soupçonne le directeur de l’unité de recherche de BNP Paribas à Mumbai, parti précipitamment fin 2007, d’avoir profité de son accès privilégié à ses données clients. [ET]

– Mauvaise nouvelle pour les indiens « marginalisés » : le système des quotas dans le monde de l’éducation ne devrait pas s’appliquer cette année aux 13 IIT du pays. [DNA][NewsX]

Vite lu dans la presse indienne

Le Mumbai Mirror

– Mumbai se prépare au nouvel iPhone. C’est le titre de l’article que Nirmal Menon signait hier 14 juillet dans le Mumbai Mirror. Ici, l’iPhone est attendu début août à un prix oscillant entre 25000 et 30000 Rs, soit un maximum de 430 € environ. Times of India revient quant à lui sur les ratés de l’activation logicielle de l’iPhone à son lancement, il y a quelques jours. Ici, plusieurs personnes m’ont confirmé que l’iPhone 3G est très très attendu – malgré l’absence de réseau 3G dans le pays et son prix élevé. Les moins de quarante ans un peu aisés pourraient se ruer dessus.

– Dans ses pages affaires, Times of India revient sur la crise financière aux Etats-Unis et ses conséquences sur le crédit à la consommation, évoquant une « fonte du plastique » en référence aux cartes de crédit. Et d’étendre la problématique au Royaume-Uni.

– La rentrée scolaire occupe pleinement sa place de marronnier de saison, avec un supplément dédié aux études supérieures dans Times of India. En couverture de ce supplément : l’étranger, avec, parmi les destinations favorites des étudiants Indiens, l’Allemagne, le Canada, la France, et Singapour. Mais les Etats-Unis et le Royaume-Uni restent en tête, notamment pour tous ceux qui souhaitent faire carrière dans l’informatique. Et de détailler les coûts de tels investissements scolaires et les procédures d’inscription.

Vite lu dans la presse indienne

– Comme partout dans le monde, le prix de l’or noir constitue une préoccupation, ici, en Inde. Dans l’édition du dimanche 13 juillet du Sunday Times, Saurabh Sinha signe un article sans concession sur la situation difficile des compagnies aériennes indiennes : « Vous avez réservé votre billet à l’avance ? Priez pour que la compagnie aérienne survive. » Et de souligner qu’aucune réglementation comparable à celles que l’on connaît en occident ne protège les clients locaux des compagnies aériennes indiennes. Citant Richard Branson, le patron de Virgin Atlantic, le Mumbai Mirror renchérit : il y aura « des dégâts spectaculaires » dans l’industrie aéronautique au cours des 12 prochains mois.

– L’inde va-t-elle pouvoir continuer de s’appuyer sur son industrie des services informatiques pour assurer sa croissance ? Ce secteur se porte bien, avec une croissance à deux chiffres (entre 22 et 24 % pour 2008 contre 28 à 29 % en 2007), mais la question d’un changement de modèle d’affaires est déjà d’actualité. Som Mittal, président du Nasscom, l’avait déjà brièvement évoqué lors d’un entretien avec LeMagIT. Il le confirme dans le Mumbai Mirror du 13 juillet : « les pays voisins [Chine, Philippines, Sri Lanka] sont sur le point de gâcher la fête ». Et de travailler déjà à de nouveaux modèles pour l’horizon 2020.

– Ici, c’est la rentrée des classes. Deux sujets se télescopent dans l’actualité locale : l’exigence de qualité en matière de résultats scolaires et la prise en charge des éléments que l’on pourrait qualifier de difficiles. En Une du Sunday Times du 13 juillet, Hemali Chhapia relève cette problématique apparemment nouvelle : un nombre d’élèves croissant obtient des notes très élevées, bien trop pour les capacités d’accueil des écoles supérieures. En page 2, Malini Sen développe la question des enfants qui peinent dans le système scolaire indien, enfants « souvent qualifiés de bêtes ou de paresseux. » Un film a même été consacré au sujet, Taare Zameen Par, apparemment bien reçu par la critique.

– Le Home Cinema attire aussi ici, en Inde. Dans le Sunday Times, encore, Carol Andrade raconte l’histoire d’un indien de Mumbai qui a sacrifié chambre et salle de bain pour se construire une pièce Home Cinéma dans son appartement. L’idée ne manque peut-être pas de sens : l’Inde est de plus en plus envahie par des multiplex particulièrement onéreux, avec des places de cinéma de 100 à 500 roupies, contre 100 roupies environ pour une place dans un cinéma « conventionnel ».

– Le mythe des coupures d’électricité à Mumbai n’en est pas un. Devraj Dasgupta, indique ainsi que la région de Mumbai doit se préparer à les voir survenir avec une fréquence accrue. Mais pour lutter contre ce fléau, Tata Power Trading prévoit d’acquérir 150 MW de capacité supplémentaire. Bien sûr, les coupures d’électricité ne concernent pas les hôtels, les complexes immobiliers de standing ni les entreprises : ils disposent de groupes électrogènes.

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