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La formation initiale est-elle réellement adaptée aux défis de l’industrie IT ?

En Inde – comme en Europe, accessoirement – les entreprises IT recherchent des salariés susceptibles d’être le plus rapidement possible productifs. HCL, Infosys, TCS et Wipro disposent bien sûr d’importantes ressources internes dédiées à la formation. Mais qui refuserait de profiter des compétences de salariés «clé en main» ? C’est là que l’on touche peut-être à un paradoxe. Shiv Nadar, fondateur de HCL Technologies et l’un des pères de l’industrie IT indienne, a bien volontiers abordé le sujet avec moi, lors d’un entretien dans les bureaux de l’entreprise à Noida, près de Delhi.

Question : «D’un côté vous attendez des institutions scolaires des jeunes immédiatement employables et, de l’autre, vous demandez à ceux-ci d’être ouvert à la mobilité interne, d’être flexibles et de pouvoir s’adapter à des domaines différents de leur formation initiale… ce n’est pas un peu contradictoire ?»

Shiv Nadar, HCL Technologies, évoque la formation des jeunes en Inde.

Réponse : (sourire) «C’est une réflexion vicieuse; ce n’est pas exact. […] Qui devient un talent ? Il s’agit d’enfants issus de la classe moyenne, dont les parents veulent qu’ils reçoivent une bonne éducation, de bons salaires, qu’ils aient une vie qu’ils n’ont pas eu.» Et Shiv Nadar d’illustrer par l’exemple comment la manière dont s’effectuent, en Inde, les transferts de richesse, des enfants vers les parents. Un classique ici, sur lequel Lavanya Sankaran insistait déjà il y a deux ans, lors de notre première rencontre. Pour faire simple, en Inde, la retraite des anciens est payée par les jeunes, mais de le strict cadre de la famille. Souvenez-vous : «En Inde, la sécurité sociale, c’est la famille,» me disait Lavanya Sankaran.
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Vite lu dans la presse indienne

– Après l’offensive terroriste de Mumbai, les entreprises IT renforcent la sécurité sur leurs campus. [HBL][HT] Les événements ont notamment rappelé de mauvais souvenirs à Hyderabad. Infosys, Microsoft ou encore Satyam, pour n’évoquer qu’eux, auraient largement raffermi la sécurité physique de leurs installations. Les ventes de matériels de sécurité – caméra, détecteurs de métaux, etc. – seraient au beau fixe. [ToI] Bluffées par le niveau de sophistication des attaques de Mumbai, les entreprises du secteur marchand demandent de l’aide pour sécuriser leurs installations. [IE] Reste que la menace semble généralisée : alors que les aéroports indiens ont été placés en alerte maximale, un coup de fil anonyme vient de menacer d’attentats à Bangalore. [TH]

– Les SEZ, ces zones à fiscalité réduite continuent d’être l’objet de débats en Inde. De nombreuses entreprises IT s’y sont implantées pour profiter de niveaux d’imposition réduits. Mais pas encore assez. Ainsi, les administrateurs des SEZ militent-ils actuellement pour que l’imposition sur les revenus des sociétés implantées en SEZ ne soit plus calculé que sur le CA généré dans les SEZ, un CA à dissocier donc de celui généré par les autres implantations éventuelles. [BS] L’Inde compte 531 SEZ pour environ 20 Md€ d’exportations attendus pour l’exercice fiscal 2008-2009. Mais la crise économique mondiale contribuerait au ralentissement de certains projets de nouvelles SEZ. [BS] Quoique. Au Tamil Nadu (Chennai), de nouvelles SEZ devraient attirer jusqu’à 39 M€ d’investissements. [BS] Les parcs technologiques de Madurai et Tiruchi, situés en SEZ, seraient déjà pleinement réservés. [TH] Mais au Kerala, les entreprises du GTech, installées en Technopark, veulent obtenir du gouvernement une réduction de leurs loyers ; ils seraient 15 % plus chers qu’à Bangalore ou Chennai. [BS]

– L’Inde s’apprête à réviser sa législation, datant de 2000, afin de pénaliser la cybercriminalité. Jusqu’à la pédopornographie sur Internet. [ET] L’Inde devrait adopter la même ligne que l’Union Européenne.

– L’Inde aussi se met à l’heure des campagnes électorales sur Internet. [IBN] Il faut dire que, même si elle souffre notamment d’infrastructures défiantes pour fournir largement des accès à Internet à haut débit, l’Inde se place au quatrième rang des nations mondiales en nombre d’internautes. [ITE] Le nombre d’adresses IP utilisées en Inde aurait progressé de 23 % à 2,6 millions, au troisième trimestre 2008. [HBL] Et pour aider la croissance, l’opérateur public BSNL propose un ordinateur pour 62 $ en plus d’un abonnement à Internet. [ITE]

– Une belle opportunité en vue pour les SSII : l’Etat de l’Haryana veut informatiser la gestion de sa fiscalité. Un projet à plus de 600 MRs. [FE] Autre opportunité en vue : l’informatisation des industriels de l’énergie, programmé pour l’horizon 2012. [BS] Et il faut ajouter à cela les projets des banques chinoises de multiplication des distributeurs automatiques de billets. [ITE]

– Le retournement de conjoncture ne fait pas que des malheureux. Alors que ingénieurs tous frais émoulus des instituts indiens de technologie (IIT) commenceraient à peiner à trouver place au sein des grandes SSII locales, les startups en profiter pour recruter à bon compte. [BS] Au Punjab, les licenciements ont néanmoins commencé. [FE] Dans l’IIT d’Hyderabad, les cours de .Net, SharePoint, Oracle et SQL Server commencent à voir baisser leurs effectifs. [HBL]

L’inflation continue son reflux, à un peu plus de 8 % sur un an. [NewsX] Mais la croissance aussi ralentit, à 7,6 % au second trimestre de l’exercice fiscal en cours. [ToI]

– La situation reste mauvaise sur le front de l’électricité. L’état du Tamil Nadu (Chennai) limite ainsi à 20h l’approvisionnement par le réseau des industries. Et a réduit de 40 % leur autorisation de consommation. [FE] La situation n’est guère meilleure du côté d’Hyderabad. [TH] Ou encore au Karnataka (Bangalore) où il faut compter avec 2h de coupure par jour, en ville, et jusqu’à 12h dans les villages. [ITE]

– La portabilité du numéro fait à son tour, après la 3G, les frais des tensions entre le régulateur indien et le ministère local des télécommunications. Tous deux ne cachent plus leur désaccord sur la procédure à mettre en place. [HBL] Reste que, en 2010, l’Inde devrait compter 500 millions d’utilisateurs du téléphone mobile, contre 325 millions aujourd’hui. [HBL] Pour un chiffre d’affaires de 54 Md$ en 2012. [HBL] Les enchères pour les licences 3G doivent commencer en décembre ; les opérateurs publics MTNL et BSNL devraient pouvoir ouvrir leurs services dès mars 2009. [NewsX] Pour WiMax, le processus devrait s’achever en janvier. [HBL]

Vite lu dans la presse indienne du 24 juillet

– Est-il prudent d’équiper ses enfants d’un téléphone mobile ? Les chercheurs indiens s’intéressent également aux impacts sanitaires du téléphone mobile, rapporte The Hindu. Selon une récente étude de l’université de Jawaharlal Nehru à New Dehli, les émissions radio des téléphones mobiles pourraient avoir un effet sur l’ADN et sur la fertilité. Du moins chez les rats.

– Deux téléphones, c’est mieux qu’un. Les adolescents indiens commenceraient à s’équiper d’un second téléphone mobile, selon le Chennai Chronicle. Le premier, c’est celui qui est fourni par les parents pour les communications habituelles. Le second est offert par le petit ami comme moyen de communication très personnel.

– A Chennai, The Hindu détaille les coupures de courant prévues pour la journée, quartier par quartier. La liste est impressionnante avec, dans de nombreux cas, des coupures de courant de 9h du matin jusqu’à 17h.

– The Hindu revient sur les règles de présence des entreprises IT indiennes sur le campus du centre de recherche public IIT de Chennai. Pour rester, elles doivent gagner au moins 100 crédits. A partir de 150 crédits, elles gagnent un droit d’accès privilégié aux meilleurs élèves. Financer les projets de R&D de l’IIT à hauteur de 100 000 Rs, c’est obtenir 200 crédits. Aider dans ses études un doctorant, c’est 100 crédits. Aider un étudiant en master, c’est 75 crédits. La présence sur les campus est essentielle dans le processus de recrutement des SSII indiennes : toutes veulent les meilleurs éléments ; la SSII qui obtient l’exclusivité sur la première journée de rencontres avec les étudiants est largement avantgée.

Former plus d’étudiants, avec moins de profs. Ou du moins pour permettre au plus grand nombre d’accéder aux meilleurs spécialistes du monde entier. C’est l’une des utilisations de la vidéo-conférence. The Hindu relate une expérience conduite en ce sens entre les Etats-Unis et l’Inde sur le sujet du traitement des glaucomes. Mais, hier, j’ai vu un dispositif comparable installé dans les locaux d’Ignite, un centre de formation de TCS : il permet à un même professeur d’interagir avec deux classes. 

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