India

Posts Tagged ‘IIM’

«Nous avons des diplômes d’ingénieur, mais pas d’ingénieurs»

Arvind Shrouti, Option Positive

Mon récent séjour à Pune, près de Mumbai, a été l’occasion d’une rencontre étonnante. Celle d’Arvind Shrouti, d’Option Positive. Étonnante à deux égards. Tout d’abord par l’activité de la personne : faire de la formation en management pour les représentants syndicaux. En Inde, mais aussi à travers le monde – comme récemment, à Rome, pour des ouvriers chinois. La démarche a un objectif simple : permettre aux représentants des salariés de discuter avec le management en s’appuyant sur un niveau de compréhension de la vie de l’entreprise au moins aussi élevé. Histoire de sortir des dialogues de dupes. À titre personnel, Arvind indique lire les philosophes occidentaux et indiens pour essayer d’en retirer quelque chose de «neuf» et d’adapté au monde globalisé moderne.

Son action se concentre actuellement sur les secteurs de la banque, de la finance, et les industries manufacturières : «les syndicats de cette industrie souffraient, historiquement, d’un attachement idéologique fort et bloquant. Désormais, ils ont su s’en détacher et développer une approche basée sur les réalités internes des entreprises. Cela s’est fait d’abord sur un besoin : celui de se développer. L’attachement idéologique les limitait dans leur capacité à toucher une base plus large. Nous les avons aidés à travailler ensemble : les représentations syndicales de plus d’une centaine d’entreprises nous ont rejoints, ce qui représente plus de 30 000 personnes impliquées.» Pour l’heure, en revanche, il n’est pas présent dans l’industrie IT/BPO indienne : «il nous manque là la base de cols bleus sur laquelle nous appuyer. Nous devons trouver le moyen de développer une structure syndicale plus adaptée aux spécificités de cette industrie.» Une remarque que me faisait Karthik Shekkar en octobre dernier, à Bangalore.

(suite…)

L’Inde tente d'oublier l’affront du CAT

Flashback : fin novembre dernier, plus de 240 000 étudiants indiens commencent à passer le CAT, ou Common Admission Test. C’est un examen d’entrée pour les Instituts Indiens de Management, les IIMs. Pour la première fois, en 2009, le CAT est passé en ligne, sur Internet. Le 2 décembre, nos confrères d’IBNLive relèvent un important dysfonctionnement : « un étudiant sur 5 n’a pas été capable de passer le CAT […] Les tests ont été annulés dans 6 centres [de test] alors que les dysfonctionnements continuaient. » Et d’interroger : « pourquoi Prometric n’est-il pas capable de résoudre le problème ? » Prometric, c’est le prestataire retenu pour organiser le processus – une agence américaine. Le 8 décembre, les IIM décident de donner aux étudiants un délai supplémentaire pour passer le CAT ; environ 20 000 seraient concernés. Les directeurs des IIMs, qui ont signé pour 5 ans avec Prometric pour un montant de 40 M$, évoquent la possibilité de trouver des « alternatives », selon nos confrères de l’Hindustan Times. Des directeurs qui, dès le lendemain, présentent leurs excuses aux étudiants victimes des « pannes de serveurs, défauts de communications, et autres problèmes » et à leurs parents. En fait, un virus serait à l’origine du problème. Nos confrères de The Hindu évoquent le très célèbre Conficker et Nimda. McAfee et Symantec sont, selon Express India, intervenu pour nettoyer les machines servant à faire passer le CAT. Et y aurait trouvé ces logiciels malveillants. Finalement, une session de rattrapage a eu lieu fin janvier. Mais, là, c’est l’organisation qui aurait souffert de quelques défaillances : certains étudiants ayant réussi à passer le test en première session auraient été convoqué au rattrapage, et vice-versa, selon l’Hindustan Times. Finalement, les résultats ont été publiés fin février.

Pour Prometric, l’heure est aux explications et à la reconstruction d’une image qui a souffert. Mi-décembre, selon Silicon India, les directeurs des IIMs commençaient même à réfléchir à l’adoption d’une autre solution, Open Source, avec Linux. Ce qui, accessoirement, permettrait, selon des représentants d’IIMs interrogés par nos confrères, de réduire la facture des examens de 50 %. Mais Prometric laisse encore nombre de réponses en suspens. Nos confrères d’Express India indiquaient ainsi récemment que « Prometric refuse de communiquer des détails sur le virus qui a attaqué […] Ils n’ont pas non plus répondu à la question de savoir comment des systèmes, qui ont été fournis à leurs équipes et nettoyés au préalable, ont pu être infectés par un virus le premier jour du test. » Et si Prometric souligne vouloir assumer l’entière responsabilité du « fiasco », certains s’interrogent sur celle de son partenaire, NIIT, chargé notamment de la maintenance sur les centres d’examen, mais sous la supervision de Prometric. Pour l’heure, le contrat avec Prometric ne serait pas remis en cause pour l’édition 2010 du CAT.

La bonne nouvelle pour faire oublier cette mésaventure ? L’informatisation du CAT aurait permis d’éviter la consommation de 50 tonnes de papier, soit 1 000 arbres.