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Liaisons dangereuses entre renseignement pakistanais et crime organisé en Inde

Cet article est extrait de l'édition n°30 de la lettre d'information Security Defense Business Review, à paraître le mardi 14 décembre.

Les autorités indiennes viennent de saisir le GAFI [Groupe d’Action Financière, qui lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, NDLA] au sujet des fausses roupies qui seraient produites par le Pakistan. Les services de renseignement indiens accusent le Pakistan de vouloir déstabiliser leur économie en favorisant les réseaux de fausse monnaie et l’Inde soupçonne que les bénéfices de ce trafic servent ensuite à financer des organisations terroristes « sponsorisées » par l’ISI (Inter-Services Intelligence,  principale agence de renseignement pakistanaise). Le réseau s’étendrait en Inde, au Népal, au Pakistan, au Bangladesh, en Thaïlande et aux Emirats Arabes Unis.

Fausse monnaie et contrefaçons multimédia, même combat…

Si cette affaire relève de la rivalité historique entre les deux puissances régionales, elle révèle aussi les liens entre les services pakistanais et le crime organisé indien. Selon les informations indiennes, les fausses roupies seraient imprimées à Quetta (capitale du Baloutchistan, au sud-ouest du pays, près de la frontière afghane) et entreraient ensuite en Inde en utilisant les réseaux de la « D-Company ». Une des filières de distribution de la fausse-monnaie se ferait en parallèle aux réseaux de revente de DVD et CD contrefaits, eux aussi entre les mains de la « D-Company », organisation criminelle considérée comme une des plus puissantes du sous-continent dont le leader est Dawood Ibrahim Kaskar. Contrebandier puis trafiquant de drogue, Dawood s’est fait une place au sein de la pègre indienne en s’alliant avec des criminels hindous et musulmans. La « D-Company » s’est également spécialisée dans le racket de l’industrie cinématographique indienne, le mythique « Bollywood », et dans les paris illégaux sur le sport national, le cricket.

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Le piratage des contenus culturels touche aussi l’Inde

…mais pas de la même manière que l’Europe. Ici, on ne parle pas encore de piratage par Internet. La copie illégale se fait principalement sur des supports physiques, CD et DVD. Kulmeet Makkar, PDG du très puissant Reliance Entertainment, le piratage musical engendrerait une perte de chiffre d’affaires de l’ordre de 40 à 50 %, contre 70 à 80 % pour les films. Dans tous les cas, ce sont les ventes de supports physiques, dans la rue, qui sont le principal vecteur du piratage en Inde. Dans le domaine musical, on compte aussi le transfert illégitime de contenus protégés entre téléphones mobiles. Que ce soit pour les films ou pour la musique, il faut enfin compter avec la diffusion publique illégale des contenus.

Les délais de mise sur le marché sont étonnamment courts. Jivraj Burman, journaliste à l’Indo Asian News Service, m’avait fait part d’un délai de l’ordre de 48h, ce que confirme Kulmeet Makkar. Des délais aussi courts sont atteints grâce à des complicités internes. L’industrie suspecte autant la distribution que… les services chargés de veiller à la sécurité des produits culturels.

Selon un « consommateur occasionnel » interrogé sur le sujet il y a quelques jours, il faut se méfier : « sur certains DVD, ils cherchent à mettre trop de films et la qualité est mauvaise. »

La production et la distribution des CD et DVD pirates serait « organisée et protégée par la mafia », selon Kulmeet Makkar. Avec des centres de « production » au Pakistan et en Asie du sud-est. Mais cette protection ne fait apparemment pas tout : dans l’édition du 25 juillet du Times of India, on apprend ainsi l’arrestation d’un homme de 37 ans, diplômé mais sans emploi conforme à sa qualification, qui vendait des DVD pirates. La police en aurait saisi quelques 3000 à son domicile. Pour ne rien arranger, des films pornographiques figuraient apparemment dans le lot.

L’homme en question aurait reçu livraison de ces DVD à Pudhucherry et les aurait cachés chez lui dans l’attente de les livrer à des boutiques de Kancheepuram et Chengalpattu.

Depuis le début de l’année, la police de Chennai aurait procédé à quelques 916 saisies et arrestations de ce type, recueillant un total de plus de 200 000 CD et DVD pirates, pour un préjudice estimé à plus de 10 MRs.

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