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Vite lu dans la presse indienne

Programme chargé pour cette revue de presse indienne hebdomadaire avec, un accord important pour le développement du nucléaire civil en Inde, les pénuries d’électricité, ou encore l’ouverture de discussions pour la libéralisation des échanges entre Inde et Europe. Mais on parle aussi du marché domestique indien des services informatiques, de la situation économique, de la formation des ingénieurs en informatique, ainsi que de leur fidélisation.

– C’est la fête sur le front de l’énergie : l’Inde va pouvoir étendre son parc nucléaire civil. Cet été, le pays avait conclu un accord bilatéral en ce sens avec les Etats-Unis. Mais cet accord doit être ratifié par le congrès américain ; ce n’est pas encore le cas. Plus rapide, le groupe des pays fournisseurs de technologies nucléaires (NSG) vient de donner son feu vert au commerce de ces technologies avec l’Inde. Sans surprise, Paris s’est manifesté comme l’un des principaux soutien de l’Inde : Jacques Chirac avait déjà conclu un accord bilatéral avec le sous-continent, en ce sens, en février 2006. [ToI] Du coup, la France – avec Areva – prend une petite longueur d’avance. Petite parce que la Russie collabore déjà à la construction de deux centrales nucléaires de 1000 MW dans la ville de Kundakulum. L’Inde est longtemps resté dans une situation particulière : considéré comme pays « ami » des pays occidentaux, il détient l’arme nucléaire mais n’a jamais accepté de signer le traiter de non prolifération, se fermant ainsi certaines possibilités de commerce et de développement. Seul bémol, relevé par la presse indienne : la Chine a formulé des objections à l’entrée de l’Inde dans le club des pays nucléarisés. Retrouvez l’histoire du nucléaire indien ici.

– Dans l’immédiat, l’électricité continue d’être un problème au quotidien. A Chennai, on vient de passer à 5h sans électricité par jour. [IBN] A Pune, on vient de passer à 7h. [ToI]

– Des discussions vont commencer dès aujourd’hui à Bruxelles entre des représentants de la Commission Européenne et le ministre indien du commerce en vue d’un accord pour une ouverture plus large des marchés respectifs. Au menu des discussions : commerce de biens et de services, investissement et propriété intellectuelle. Le fruit des négociations devrait être présenté à l’occasion de la visite à Paris du premier ministre indien Manmohan Singh, dans le courant du mois de septembre. [HT] Et le gouvernement indien de pousser en faveur d’un accord bilatéral facilitant la mobilité des travailleurs. [ToI]

– On regarde encore du côté de la campagne pour les élections présidentielles aux Etats-Unis. En effet, le candidat démocrate Barack Obama a fait part de son intention d’industrialisation le processus d’attribution des visas H2B. La réflexion retient l’attention ici : les visas H2B sont notamment utilisés pour envoyer des collaborateurs de SSII indiennes, de l’autre côté du Pacifique, auprès de leurs clients.

– L’enquête sur les attentats d’Ahmedabad et de Bangalore, fin juillet, se poursuit. La police aurait retrouvé des disques durs utilisés par les suspects, dans un cybercafé. [EI]

– Le marché domestique, l’autre relais de croissance des SSII indiennes. Elles l’on longtemps négligé mais s’y intéressent de plus en plus. Il a progressé de 42% en 2007 et devrait atteindre 23,3 Md$ en 2008, selon le Nasscom. [ET] Les premiers exemples d’entreprises ayant recours à l’informatisation pour améliorer efficacité et rentabilité sont là. [FE] Reste que les entreprises indiennes ne sont pas encore très adeptes du BPO. [IBN] Alors, récession au US oblige, les SSII indiennes ne se tournent pas seulement vers l’Europe, elles visent aussi le Japon. [ET]

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L’environnement, un défi supplémentaire pour l’Inde

Des poubelles, dans un quartier de Mumbai, en dehors du centre ville. Les corbeaux se portent bien; merci pour eux.

Au mois de juillet, j’ai profité de ma présence en Inde pour évoquer la pollution des eaux de surface et des sols dans le sous-continent. Alors que j’étais à New Delhi, un indien a fait le lien entre préoccupation écologique et castes. Oui ; on y revient. Pour ce cadre en entreprise, les deux questions sont intimement liées : « un indien, commerçant qui a réussi par exemple, soigne sa maison, son intérieur, mais pas la rue dans laquelle elle se trouve ; ce n’est pas le rôle de sa caste, c’est celui des intouchables. »

En tant qu’occidental, je suis tenté de trouver cette vision très réductrice de la problématique de la pollution en Inde. J’ai bien envie d’y ajouter – au moins – une urbanisation trop brutale : un déchet organique jeté dans un champ le fertilise ; sur le bitume d’une rue, il pollue, tout simplement, ne serait-ce que sur un plan olfactif [et puis là, pour l’exemple, je ne parle que d’un déchet, pas de centaines ni plus dans certains endroits.]. A moins que ce ne soit la faute de l’asphalte ; mais c’est un autre débat.

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Vite lu dans la presse indienne

– Ca patine. TCS et le Nasscom, appelés à la rescousse par autorités indiennes pour trouver les auteurs des e-mails de revendication des attentats d’Ahmedabad, ont fait chou blanc. La brigade anti-terroriste espère encore des résultats du côté du laboratoire de la police scientifique de Mumbai. [NewsX]

– Non, l’Inde n’est pas responsable des réductions d’effectifs dans le secteur bancaire en Europe. Du moins pas complètement. Selon une étude présentée par Deutsche Bank, seuls 10 % des suppressions d’emploi chez les banques européennes depuis 2002 seraient liés à l’offshoring. [ToI]

– Ceinture. Les salaires pour les cadres et cadres supérieurs des entreprises IT indiennes ne devraient croitre que de 8 à 10 % cette année, contre 50 à 60 % il n’y a encore que quelques années. [DNA] L’agence de conseil Zinnov devrait apprécier : selon elle, l’Inde risque de perdre son rang de première destination pour l’offshoring de R&D IT si les salaires continuent leur progression. [ET]

– Une nouvelle stratégie pour fidéliser les salariés dans les entreprises d’externalisation de processus métier (BPO) ? Désormais, ceux-ci auront le droit, légalement, de travailler depuis leur domicile. Le but : attirer plus de femmes et s’ouvrir aux personnes handicapées. [ET] Bien. Mais qui assumera la responsabilité de la continuité de service pour l’alimentation électrique et la connexion à Internet ? Sans compter la question de la sécurité des données.

– Il fait vraiment si bon travailler pour l’industrie IT indienne ? Sandeep Shelke, tout jeune diplômé de 25 ans, embauché comme développeur logiciel chez Persistent Systems, vient de se jeter du haut de la terrasse du bâtiment dans lequel il travaillait. Dans une note, Sandeep Shelke précise les raisons de son suicide : « je ne parviens pas à bien faire mon travail et cela me déprime. J’ai fait de mon mieux pour remplir mes objectifs mais je n’y arrive pas. Je suis désolé pour ceux qui m’aiment, mais je ne peux l’éviter. » Selon son cousin, Shelke aurait été d’une nature particulièrement sensible. [ToI]

– L’administration d’infrastructures à distance. C’est la nouvelle activité porteuse pour des SSII indiennes telles que Reliance Infocomm, Tata Telecommunications, Sify ou encore Netmagic Solutions. L’Inde serait même en passe de devenir un « hub global pour les services hébergés. » [HT]

– Greenpeace commence à s’attaquer à la question épineuse des déchets électroniques en Inde. Selon l’ONG, le pays a généré quelques 380 000 tonnes de ces déchets en 2007. En 2012, ce pourrait être 800 000 tonnes. Et de mettre à l’index des Apple, Sony, Toshiba, Philips ou encore Samsung qui n’ont pas mis en place de processus de recyclage pour leurs produits, en Inde. A l’inverse, HCL et Wipro soutiennent clairement la mise en place d’une législation contraignante sur la collecte des déchets électroniques. [HT]

– 250 millions. C’est le nombre d’abonnés au téléphone mobile en Inde. Le pays se place du coup en seconde position derrière la Chine. Mais la croissance du marché du mobile est plus rapide en Inde, avec 8 à 9 millions de nouveaux abonnés par mois, contre 6 à 7 millions en Chine. [NewsX] Mais l’Inde pourrait « faire mieux », notamment dans les zones rurales, avec un cadre réglementaire assoupli. [DNA] Les MVNO pourront peut-être aider : ils devraient bientôt pouvoir prétendre à des licences et être détenus jusqu’à 74 % par des fonds étrangers. [MM]

– Une réservation annulée pour un voyage en train ? Bientôt, l’IRTC, la compagnie indienne de transport ferroviaire proposera des alertes par SMS, à l’instar des compagnies de transport aérien. [HT]

– Au Kerala, la commission de régulation du marché de l’énergie vient de demander à toute la population de prendre des mesures pour contrôler ses dépenses d’électricité afin d’éviter une lourde hausse des coûts. [The Hindu] A Mumbai, de nombreux quartiers sont frappés par la pénurie de diesel, tant en raison des coupures d’électricité que de systèmes de quota mis en place par les distributeurs. [MM] Du côté de New Dehli, la centrale de Dabhol a été contrainte de diviser sa production électrique par 7, à 300 MW, en raison de problèmes d’approvisionnement en gaz naturel. [MM]

– Le reflux des prix du pétrole, notamment, laissait espérer une accalmie sur le front de l’inflation, en Inde. Pour l’heure, il n’en est rien : la barre des 12 % vient d’être dépassée ; au plus haut depuis 13 ans à 12,01 %. [The Hindu]

La pollution, gangrène des métropoles indiennes

Dans une revue de presse précédente, j’ai eu l’occasion d’évoquer la pollution des eaux de surface à Chennai. Bien sûr, je n’ai pas manqué de parler aussi de celle – atmosphérique – qui règne à Bangalore, avec les quelques troubles respiratoires qu’elle a pu provoquer passagèrement chez moi.

Un bus des transports publics de New Delhi

Ici, à Dehli, la situation semble, au premier coup d’œil (ou à la première bouffée d’air chaud), un peu meilleure. Ce serait trompeur. Un français travaillant sur place m’a indiqué que la ville est considérée comme zone dangereuse, pour la santé, en raison, notamment, de la présence de particules d’aluminium en suspension dans l’air. Je n’ai pas réussi à me faire confirmer ce point par d’autres sources. Mais il reste notoire que la ville compte parmi les plus polluées de la planète. Certains efforts sont néanmoins fait du côté du transport avec taxis et bus fonctionnant au gaz.

Un étang, le long de la route entre Noida et New Delhi

Du côté des sols et des eaux de surface, la situation ne serait plus brillante. Des bassins particulièrement pollués m’ont été indiqués. Mais je n’aurai pas le temps d’aller tous les explorer mais je suis tombé par hasard sur ce qui m’a semblé être l’un d’entre eux, par hasard, le long de la route entre Delhi et Noida : l’eau stagnante est d’un vert splendide; cela ne semble pas gêner les vaches.

J’ai essayé d’aborder la question de l’environnement avec plusieurs entreprises de services informatiques indiennes. Pour l’heure, le solaire thermique semble trouver une certaine place, pour la production d’eau chaude. D’ailleurs, sur les toits de nombreuses maisons, on trouve des citernes d’eau, de couleur noire pour absorber la chaleur. Le solaire photovoltaïque peine en revanche à percer. La poussière n’aiderait pas, ajoutant des coûts d’entretiens aux coûts d’acquisition, encore élevés. Et puis il y a l’importante production électrique d’appoint qui fonctionne au diesel, quitte à entraîner des pénuries passagères à Bangalore pour ce carburant.  

Vite lu dans la presse indienne du 25 juillet

– La pollution d’un quartier très industriel de Chennai inquiète les résidents, explique The Hindu. C’est la pollution des eaux de surface et de l’air qui semble particulièrement préoccupante. Personnellement, j’ai été très impressionné par la pollution d’un fleuve qui longe l’hôtel où j’ai séjourné à Chennai : l’eau est tout simplement noire ; le fleuve dégage une odeur comparable à celle d’un égout à ciel ouvert. Mais l’air reste plus respirable que dans les embouteillages de Bangalore.

– Gestion à court terme. La pénurie d’électricité dont souffre Chennai est presque gérée au jour-le-jour. Selon The Hindu, l’état du Tamil Nadu (où se trouve Chennai), va commander quelques 100 MW de capacité supplémentaire pour une période de… un mois. La demande initiale portant sur 300 MW. Mais la capacité totale n’a pas pu être accordée en raison de la situation des autres états du pays. Dans l’état du Maharashtra (où se trouve Mumbai), le déficit de capacité électrique se monte à quelques 6000 MW, entrainant des coupures de 5 à 8 heures dans les grandes agglomération.

– Wipro renforce ses liens avec les écoles d’ingénieurs. Selon le Times of India, la SSII indienne s’est rapproché de 14 écoles d’ingénieurs des états du Tamil Nadu (Chennai), Andhra Pradesh et Karnataka (Bangalore) afin de les aider à former des ingénieurs prêts à l’embauche. L’opération n’a officiellement pas de but lucratif mais pourrait aider Wipro à soigner son image auprès des jeunes et ainsi recruter les meilleurs d’entre eux.

– Un bide ? L’EeePC semble peiner à trouver son public en Inde. Selon le Financial Express, Asus n’en a écoulé que 10 000 unités en quelques mois mais espère bien se refaire avec un objectif de 30 000 unités par mois pour les trois mois à venir. Selon Sumanta Mukherjee, analyste chez IDC India, le marché local n’est pas assez mûr pour ce produit. Mais pour Asus, le lent décollage de l’EeePC en Inde ne serait lié qu’à des problèmes d’approvisionnement.

– Bataille au sommet autour de la brevetabilité du logiciel. Infosys et TCS serait en situation d’opposition frontale avec Red Hat, ici en Inde. Selon le Financial Express, les deux premiers militent contre la Section 3(K) du projet d’amendement à la législation indienne sur la propriété intellectuelle. Celle-ci dispose que les « méthodes mathématiques ou professionnelles, un programme informatique ou algorithme ne sont pas brevetables. » Bien sûr, Red Hat soutient de son côté cet amendement.  

La réputation de Bangalore n’est pas usurpée !

Beaucoup de gens me l’ont dit : Bangalore est une ville embouteillée à l’air difficilement respirable aux heures de pointe. J’avoue que j’avais du mal à le croire. Surtout, j’étais très loin d’imaginer les proportions de la chose.

Hier matin, le taxi qui m’emmenait chez Wipro a dû mettre quelques 2h pour atteindre les bureaux de l’entreprise, contre une heure – grand maximum – prévue initialement. Il semble qu’une manifestation de taxis ait aggravé ponctuellement la situation. Mais, le soir même, alors que la manifestation s’était achevée, rebelote : 1h30 pour accomplir un trajet en ville qui pourrait ne prendre que 20 minutes si la circulation n’était pas aussi dense. Et quand on parle de densité de circulation aux heures de pointe à Bangalore, on évoque des situations où le chauffeur de taxi coupe son moteur pendant quelques 10 minutes, faute de pouvoir avancer ne serait-ce que d’un pouce.

Emboutaillages à Bangalore, en direction d'Electronic City

Las, tout le monde ne procède pas de la manière. Du coup, l’air environnant devient très vite irrespirable (pour un européen, au moins). Seule solution : demander au chauffeur de fermer l’habitacle et de passer l’aération en mode « recyclage » afin couper l’apport d’air extérieur. En rickshaw ou à moto, de nombreux indiens portent des masques, à commencer les policiers en charge de la circulation.

Pour autant des efforts sont faits. La route qui mène à Electronics City, cette ville à côté de la ville où sont installées la plupart des entreprises IT, devrait être doublée d’une voie aérienne d’ici 1 à 2 ans. Un ancien commercial de Dell en Inde, rencontré dans un pub de Bangalore, affirme quant à lui que la situation était bien pire il y a deux ans.

Pour les entreprises installées sur place, la situation est à double tranchant : elle pèse quelque peu sur leur image voire sur leur productivité. Mais elle force parallèlement leurs salariés à venir plus tôt au bureau : ils arrivent chez Wipro à 8h30 le matin, alors que le travail ne commence officiellement qu’à 9h. 

Vite lu dans la presse indienne

– Selon l’édition du 15 juillet du Mumbai Mirror, les ventes de baladeurs MP3 et d’appareils photos numériques se portent bien. En fait, la santé de ces marchés serait si bonne qu’elle permettrait aux principales chaines locales de détaillants de redresser la tête dans une période traditionnellement morose sur le plan commercial : la mousson.

Prises entre deux feux. C’est un peu la situation des entreprises de distribution de gaz domestique à New Dehli, selon le Mumbai Mirror. D’un côté, elles souffrent d’un prix d’achat toujours plus élevé. De l’autre, elles sont contraintes par une situation de concurrence exacerbée qui limite leur capacité à répercuter la hausse de leurs coûts sur leurs clients finaux. Du coup, leur profitabilité devrait reculer.

– Dans l’édition de Mumbai du Times of India, on apprend que 46 personnes sont décédées depuis le début de la saison de la mousson. Les deux principales causes de décès seraient la malaria et la leptospirose.

– Ce même quotidien rapporte une opération de sensibilisation à la lutte contre la pollution atmosphérique et le réchauffement climatique organisée par Greenpeace. Des militants se sont déguisés en policiers « verts », mettant à l’index une cinquantaine de véhicules dont le niveau d’émission de polluants n’avait fait l’objet d’aucun contrôle. L’association souhaite obtenir la mise en place d’une réglementation de limitation des émissions de polluants. A Mumbai, la situation n’est semble-t-il pas aussi impressionnante qu’à Bangalore. Un français m’a conseillé d’acheter un masque facial à mon arrivée dans cette ville, la semaine prochaine.

– Enfin, le Times of India se fait l’écho de l’initiative de Collobrières, village de provence qui a décidé de remettre le franc en circulation. Ne cherchez pas dans l’actualité française : La nouvelle n’est plus très fraîche.

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