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Capgemini poursuit son développement en Inde

Dans un entretien accordé à nos confrères de l’Economic Times of India, Aruna Jayanthi, Pdg de Capgemini Inde, indique prévoir de gonfler ses effectifs locaux de 28 000 personnes d’ici à 2015. La SSII emploie déjà 42 000 personnes dans le sous-continent, soit environ un tiers du total de ses effectifs. Détaillant ses projets agressifs, …

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Comment les multinationales séduisent les ingénieurs indiens…

J’adore ces conversations spontanées et détendues qui naissent autour d’un verre dans le coin fumeur de la terrasse d’un hôtel. Hier soir, l’une d’entre elles, avec deux développeurs indiens travaillant pour un éditeur américain très spécialisé, s’est avérée particulièrement intéressante…

Combien gagnez-vous ? «Combien, d’après toi ?» Peut-être 800 000 Rs [1 € équivaut actuellement à environ 60 roupies indiennes] par an ? «Moins, plutôt de l’ordre de 650 000.» L’un des deux sort tout juste de l’IIT de Delhi; l’autre a déjà deux ans d’expérience.

Avez-vous déjà travaillé pour une SSII indienne ? «Non.» Et pourquoi ? Le plus expérimenté : «dans mon cas, c’est juste une question d’argent. Je voulais un bon package. Les SSII indiennes vont proposer de 150 000 à 250 000 Rs pour un débutant; c’est trop peu.» Pourtant, vous avez été approchés sur votre campus ? «En fait, non. Je n’ai pas vu les SSII indiennes; elles faisait leur recrutement en marge du processus officiel de l’IIT.» Pourquoi cela ? «Parce qu’elle savent que, dans l’IIT, elles ne sont que le dernier recours; personne, sortant de là, ne veut travailler à moins de 400 000 Rs par an.» Et en face, dans les multinationales… ? «Eh bien, tu vois : je t’ai indiqué l’ordre de grandeur de mon salaire; tu peux faire la différence.»

Si donc les SSII indiennes se font couper l’herbe sous le pied par les multinationales, il semble qu’il y ait au moins une raison très terre à terre à cela : le salaire.

Pour autant, les deux ingénieurs ne crachent pas sur les SSII indiennes : «Pour un débutant, ce n’est pas forcément une mauvaise solution; elles offrent une bonne formation.» Mais que dire de ces clauses contractuelles qui prévoient un dédommagement de l’entreprise en cas de départ prématuré ? «Comment ça, tu trouves ça anormal ?» Je ne sais pas… je m’interroge. «Nous, on comprend.»

En fait, le jackpot, cela semble être l’expatriation pour quelques mois : «j’ai un ami qui vient de partir aux Etats-Unis… il reçoit 600 000 $ par an. Je ne me rends pas compte : c’est beaucoup ? Est-ce que ce sera suffisant pour vivre là-bas ?»

Interrogé sur la question des salaires, Som Mittal, président du Nasscom, a avancé le chiffre de 350 000 Rs par an, en moyenne, pour un débutant, et de 600 000 Rs pour un employé avec 2/3 ans d’expérience, travaillant sur des domaines à fort volume et faible valeur ajoutée.

Vite lu dans la presse indienne

– La crise financière inquiète de plus en plus. Le gouverneur adjoint de la réserve fédérale indienne, Rakesh Mohan, estime que l’industrie IT indienne devrait être touchée : « environ 15 à 18 % de l’activité des prestataires indiens provient de projets dans le secteur de banque, de l’assurance et des services financiers. » [ET] La principale crainte porte sur le départ des investisseurs étrangers. [ITE] Une crainte alimentée par la chute du Sensex, l’indice phare de la bourse de Mumbai, qui a perdu 7 % vendredi, emporté par la tourmente, pour toucher son plus bas niveau depuis 18 ans. La banque Icici a vu son cours dévisser de 28 % pour atteindre son plus bas depuis près de 4 ans. [IE] Il faut dire que 14 banques indiennes sont exposées aux conséquences de la chute de Lehman Brothers. [FE] Dans ce contexte, l’Inde veut jouer un rôle dans reconstruction de la régulation des marchés financiers. [ET] Petite bonne nouvelle : l’inflation a reculé à 11,80 %. [IBN] Mais le premier ministre indien s’inquiète de la capacité de l’Inde à financer son développement dans ce contexte. [HT] En attendant, les entreprises indiennes font leurs emplettes : 26 Md$ de fusions et acquisitions cette année ! [DNA][FE]

– Les SSII indiennes affichent, pour l’heure, un optimisme marqué face à la crise financières. Dans les faits, le tableau pourrait être moins rose : selon des salariés de SSII interrogés par Economic Times, le rythme de lancement de nouveaux projets aurait sérieusement ralenti. [ET] Des salariés qui commencent à s’inquiéter pour leur boulot. [IBN] Mais cela n’empêche pas les SSII indiennes de continuer d’afficher leur appétit pour les SSII occidentales. [ET] Satyam en tête. [ITE] Pour Infotech, c’est une entreprise allemande, spécialisée dans l’ingénierie automobile qui est visée, après un spécialiste américain des semi-conducteurs. [ITE]

– La concurrence dans le recrutement se fait rude. L’industrie IT indienne se dispute désormais les talents avec les secteurs de l’électronique et de l’automobile. [HBL]

– Reste que l’Inde domine la planète Outsourcing : à elle seule, elle fournit six des huit principaux centres de BPO au monde avec, en tête, Bangalore, Chennai, Delhi, Hyderabad, Mumabi et Pune. [NewsX] Derrière, on trouve l’Irlande et les Philippines. Mais l’industrie indienne du BPO n’est pas à l’abri de la crise. [HBL] D’ailleurs, les compétiteurs ne manquent pas d’énergie. [DNA] Mais les états indiennes entendent bien ne pas jeter l’éponge, à l’image du Gujarat et ses deux nouvelles SEZ. [BS]

– Comment adresser le marché chinois ? Les SSII indiennes se posent la question. Et d’envisager de s’appuyer sur des partenaires installés à Hong Kong pour faire le lien, et notamment la traduction. [BS]

– Peut-on faire confiance à ses correspondants électroniques ? Selon une étude menée par Liuba Belkin, de l’université de Lehigh, l’être humain serait plus enclin à mentir dans un courriel que dans le cadre d’une communication s’appuyant sur d’autres supports. [FE]

– Deux instituts indiens de technologie (IIT) figurent désormais dans le Top 200 des établissements d’enseignement supérieur, selon le Times : ceux de Delhi et de Mumbai. [TH]

– Le paiement électronique devrait faire son trou, en Inde, dans les années à venir, selon Celent. Pour le moment, plus de 50 % des transactions sont réalisées en liquide. [HBL]

– La 3G continue de faire débat. Le ministère indien des télécommunications veut ponctionner le chiffre d’affaires des opérateurs 3G à hauteur de 1 %. Et de proposer un mode de dissociation des revenus entre 2G et 3G, qui peine à convaincre. [DNA] Mais des débats, l’industrie indienne du mobile n’en a que faire : elle veut que commence le processus d’attribution des licences 3G. [HBL] Et de s’opposer à la portabilité du numéro. [DNA] Pendant que les retards profitent à MTNL et BSNL, deux opérateurs publics. [HT]

– Les émissions radio-électriques des relais de téléphonie mobile commencent aussi à inquiéter en Inde. Elles seraient responsables d’une chute de natalité chez les oiseaux. [ET]

– Non, le nucléaire n’est pas la seule source d’énergie qui intéresse l’Inde. Un partenariat sur les énergies renouvelables devrait être prochainement conclu avec le Japon. [FE] Et pendant ce temps, les défenseurs du Green IT font l’article. [FE] En attendant, Dehli postule pour le titre de capitale mondiale des déchets électroniques. [HT] Et l’Inde refuse l’aide de la Banque Mondiale pour financer la lutte contre le réchauffement climatique. [ToI]

– Le 22 octobre prochain, l’Inde lancera sa première mission automatisée vers la Lune. [ET] Le projet implique financièrement six pays, dont les Etats-Unis.  L’objectif est, notamment, de cartographier notre satellite en 3D. 

Peut-on encore se fier aux CV ?

Alors que j‘enchaînais les rencontres de hauts responsables de SSII indiennes, dans le courant du mois de juillet, un nouveau sujet de discussion s’est présenté : la gestion des faux curriculum vitae. Selon les chiffres avancés par un DRH de SSII, les départs involontaires motivés par une falsification de CV compteraient pour quelques 1,5 point d’attrition. Pour mémoire, chez Infosys, on revendique un niveau global d’attrition de 13,6 %, contre 12,5 % chez Satyam. Dans la branche BPO d’Infosys, le niveau serait plus élevé, à 35 % [HT].

Dans les bureaux de TCS, à Mumbai

Le chiffre avancé de 1,5 point m’a paru faible. Et mes interlocuteurs n’ont pas eu de mal à reconnaître qu’il pourrait être sous-estimé : la lutte contre les CV falsifié n’aurait commencé à s’organiser que depuis quelques mois, même si le phénomène est loin d’être nouveau [CIOL]. A Bangalore, les SSII collaborent ensemble à l’établissement d’une « liste noire » des fausses références qui peuvent être insérées dans les CV. C’est Wipro qui a lancé le mouvement en décembre dernier [HBL], allant jusqu’à communiquer à ses pairs une liste de candidats ayant présenté de faux CV. Mi-juillet, TCS a viré 20 salariés parce qu’ils avaient eu recours à des CV truqués [CIOL]. En 2007, Infosys a fait de même pour une centaine de salariés.

Certaines entreprises n’hésitent plus à procéder à une vérification téléphonique quasi systématique des références. D’autres, encore, sollicitent des cabinets de recrutement pour seulement procéder à la vérification des CV reçus et pressentis comme les plus intéressants. Le coût d’une vérification ? Environ un mois du salaire pour le poste à pourvoir. Reste que les cabinets de recrutement ne sont pas forcément innocents : en mars dernier, Wipro a porté plainte contre les cabinets qui lui avaient recommandé 25 salariés avec de faux CV [HN].

Selon une étude de First Advantage, 25 % des CV contiendraient des informations erronées dans le domaine des services informatiques. La part de CV falsifiés serait de un pour six dans le domaine de l’externalisation des processus métiers [HT]. C’est dans le domaine des services financiers, de la banque et de l’assurance que la situation serait la plus préoccupante avec un niveau de 30 % de CV falsifiés. 

Comme pour mieux illustrer les difficultés du recrutement en Inde, la banque ICICI vient d’indiquer étudier quelques 750 000 CV pour réussir à embaucher seulement 17 500 personnes, chaque année [ET].

Grosse fatigue

Au cours de ces déjà deux semaines, j’ai rencontré pas mal d’occidentaux. A chaque fois, j’ai été impressionné par la passion que l’Inde semble susciter chez eux. Mais Romain Dupuis, un français installé en Inde depuis 4 ans, a dépassé ce stade. Pour lui, l’Inde c’est aussi une grosse fatigue. D’ailleurs, il attend ses vacances annuelles en France avec une grande impatience.

La grosse fatigue, elle trouve sa source dans tout un tas de petites choses qui peuvent relever de l’exotisme pour le touriste ou pour le nouvel arrivant encore en phase de découverte. Ces petites choses, qui peuvent venir à peser au quotidien, sont nombreuses. Mais j’ai été particulièrement sensible à l’une d’entre elles : la négociation.

Un marché, à Mumbai

Selon Romain, « ici, on négocie pour tout et tout le temps. » Cela vaut bien sûr pour le rickshaw dans la rue, pour les vêtements ou encore les services. D’ailleurs, cela peut même s’étendre à des choses incongrues pour un européen comme l’électricité, le téléphone ou encore Internet.

Mais la négociation n’est pas un art aisé, surtout si l’on n’a ni d’idée sur le prix que l’on est prêt à payer, ni sur l’état du marché. Et certains de recommander sans ambages de toujours s’appuyer sur un partenaire indien ou occidental déjà bien implanté, comme intermédiaire dans le cadre de négociations. Mais pas seulement. Passer par tiers de confiance, ce peut aussi être utile lorsque l’on a un service à demander, que l’on cherche un artisan ou encore qu’un soi-disant employé de la compagnie d’électricité se présente pour changer le compteur. On ne sait jamais, il pourrait être là pour se brancher, sauvagement, sur la ligne électrique. Ca peut paraître caricatural, mais le vol d’électricité fait partie de ces fléaux contre lesquels l’Inde se démène.

Et se targuer abusivement d’une qualité n’est pas rare. Les SSII que j’ai rencontrées ici ne s’en cachent plus : il leur faut lutter contre les faux CV et les fausses certifications. Jusqu’à faire parfois appel à des cabinets spécialisés. Selon ces SSII, le phénomène n’est pas massif ; il serait même marginal. Mais il est suffisamment grave, notamment en termes d’image, pour constituer une préoccupation.