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Tech Mahindra fusionne avec Mahindra Satyam

Vue sur le campus de Mahindra Satyam à Hyderabad.

Enfin. La fusion de Tech Mahindra avec Mahindra Satyam (son siège à Hyderabad, ci-contre) sonne le clap de fin d’un feuilleton qui avait commencé début 2009 sur les aveux de malversations massives de l’ancien Pdg et fondateur de celle qui fut un temps la quatrième SSII indienne, Satyam. Des malversations si étendues qu’il aura fallu plusieurs années pour reprendre totalement les comptes de l’entreprise et pouvoir la remettre sur les rails. Cela constitue une étape indispensable à sa fusion avec Tech Mahindra, l’ancien centre offshore captif de développement de British Telecom, une SSII toujours largement spécialisée sur le marché des télécommunications. Tech Mahindra avait racheté Satyam, provoquant son changement de nom, en juin 2009.

La SSII Satyam attaque d’anciens employés et PwC

Souvenez-vous : celle qui fut une fois la quatrième SSII indienne s’est retrouvée plongée, début 2009, dans un insondable bourbier par son ancien Pdg, Ramalinga Raju.

A l’automne 2008, Satyam avait été bannie pour 8 ans des marchés publics de la Banque Mondiale. Après ce mini-scandale, tout était allé très vite : dès la fin décembre, le gouvernement indien avait ouvert une enquête sur les pratiques de gouvernance à la tête de la SSII, à la suite d’une tentative avortée de rachat d’entreprises du BTP laissant planer des soupçons de conflits d’intérêts : il s’agissait, pour le PDG de Satyam, Ramalinga Raju, de faire racheter par la SSII deux entreprises de BTP à des membres de sa famille pour 1,6 Md$. Très vite, le conseil d’administration de Satyam s’est vidé de ses membres ; le 30 décembre, Ramalinga Raju en appelait à ses employés pour le soutenir. Trop tard : début janvier, le PDG de la SSII était contraint à la démission. De fait, Ramalinga Raju avait alors reconnu avoir gonflé artificiellement la trésorerie de Satyam de près de 800 000 euros. Le rachat prévu des deux entreprises de BTP devait permettre de dissimuler ces malversations en transformant des actifs fictifs en actifs réels… Au final, les aveux initiaux de Ramalinga Raju étaient toutefois loin du compte. Les manipulations comptables du flamboyant PDG de Satyam pourraient en effet avoir dépassé le montant de 1,7 milliard de dollars, selon le Central Bureau of Investigation indien chargé de l’enquête depuis près d’un an. En juin 2009, Mahindra Satyam, la SSII née du rachat de Satyam par Tech Mahindra, reconnaissait ainsi une dette de 1,5 Md€. Mais remonter la pente reste difficile.

Gel des actifs de Satyam

Celle qui fut une fois la quatrième SSII indienne ne semble pas réussir à sortir du bourbier dans lequel son ancien Pdg, Ramalinga Raju, l’a faite tomber il y a plus de deux ans. Une cour de justice indienne vient en effet d’ordonner le gel des actifs de Satyam, estimant que celle-ci doit 137 M$ aux services fiscaux indiens. L’administration locale a rejeté une récente demande de la SSII pour la suspension du paiement de cette dette. Le gel des actifs de Satyam a été ordonné jusqu’au 31 mars, date à laquelle une nouvelle audience est prévue.

Japon : les grandes SSII indiennes mettent leurs salariés à l’abri

Infosys a décidé, ce mardi 15 mars au matin, de rapatrier ses salariés travaillant au Japon. La SSII compte environ 350 employés dans l’archipel; tous devraient avoir rejoint l’Inde d’ici un à deux jours, selon le directeur des ressources humaines cité par mes confrères de l’Economic Times of India. Et de préciser que ces collaborateurs sont principalement installés à Tokyo, Fukuoka et Nagoya.

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Changer le plomb en or…

Début 2009, l’Inde a eu son Enron, avec le scandale Satyam – dont le procès s’est ouvert au début du mois de novembre. Et puis, cette année, il y a eu les jeux du CommonWealth (CWG). Au programme : prise d’intérêt illégale, fraude à l’attribution de marchés publics… Le tout pour un moment pour l’heure estimé à environ 80 MdRs. Pour certains, une illustration de l’étendue de la corruption en Inde. Mais déjà un autre scandale vient compléter cette illustration : celui de l’attribution des licences mobiles 2G. Le parlement indien semble quasiment paralysé depuis dix jours par la confrontation entre le gouvernement et l’opposition, celle-ci demandant une commission d’enquête parlementaire – en vain jusqu’ici. Pour l’heure, ce scandale a au moins débouché sur la démission du ministre des télécommunications, A. Raja. Mes confrères de l’Economic Times of India en font un résumé : en 2008, neuf entreprises ont obtenu des licences de téléphonie mobile 2G valables pour l’ensemble du territoire indien pour moins de 350 M$. Selon l’opposition, l’Etat indien s’est ainsi privé de plusieurs milliards de dollars – l’attribution des licences 3G a rapporté près de 15 Md$. Quels mécanismes de gouvernance ont ici failli ? Raja aurait ignoré un rapport du contrôleur et audit général. La Cour Suprême indienne a demandé des explications au premier ministre pour son inaction sur le dossier. Le régulateur indien est allé jusqu’à suggérer l’annulation de 69 licences… Mint retrace de manière assez synthétique la chronologie de ce scandale sur lequel plane encore le soupçon de la corruption. et par lequel quelques journalistes pourraient être eclaboussés.

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Gouvernance : Satyam est-il un cas isolé ?

On a parlé d’Enron à l’indienne : début janvier, la quatrième SSII du sous-continent s’est trouvé au cœur d’un important scandale financier né des malversations de son ancien PDG, Ramalinga Raju, jusqu’après avoir été exclue des marchés publics de la Banque Mondial pour une sombre affaire de corruption. Ramalinga Raju aurait rien moins détourné que plus d’un milliard de dollars au travers d’un réseau de plusieurs centaines de sociétés. Le tout en gonflant sur plusieurs années les comptes de la SSII afin de dissimuler le détournement. Le rachat, abandonné, de deux sociétés spécialisées dans le BTP et appartenant à la famille Raju, devait, en décembre, permettre de rééquilibrer les comptes pour faire un trait sur les falsifications passées. Aujourd’hui, Satyam est en passe d’être rachetée par une autre SSII indienne, Tech Mahindra.
Le cas de Satyam est-il isolé ? Eclaire-t-il sur des défauts profonds de gouvernance dans pays connu pour son capitalisme familial ? Les avis sont clairement partagés. Pour le Nasscom, l’association professionnelle représentant les acteurs de l’IT et du BPO indiens, « cet incident est particulièrement malheureux alors que l’industrie indienne de l’IT et du BPO a mis en place des standards très élevés en matière de gouvernance et d’éthique. » Ce qui ne l’a pas empêché, mi-février, de mettre en place un comité dédié à la gouvernance et à l’éthique.
Pour Gilles Moutounet, vice-président de la stratégie et de l’international pour Gitanjali Group (spécialisé dans le luxe), il ne faut pas « regarder ce scandale comme un potentiel problème indien. » Se voulant rassurant, le ministère indien chargé des entreprises a assuré début janvier que seraient prises « toutes les actions nécessaires pour que ce type de scandale ne se reproduise pas. »
Pour le journaliste indien Devidas Deshpande, qui collabore au Pune Mirror, une publication locale du groupe Times, le scandale Satyam renvoie à un héritage culturel profond, le syndrome de Dhritrashtra, l’histoire d’un roi du Mahabharata déchu pour avoir aveuglément suivi et supporté ses fils dans leurs turpitudes. Et notre confrère de trouver des exemples récents et nombreux de ce syndrome dans les mondes politique et des affaires indiens modernes.
La journaliste Sucheta Delal, spécialiste des affaires financière et de la gouvernance, relevait, mi-décembre, que l’attitude cavalière de la direction de Satyam à l’égard de ses actionnaires n’a rien d’isolé : « such anti-investor actions are not new to them, but investors’ Memory, especially that of found managers, is very short ! » Et de donner plus loin la parole à un dirigeant d’entreprise technologique indienne, anonyme, dénonçant la manière dont certaines réglementations fiscales locales encouragent, selon lui, les détournements de fonds et autres abus de biens sociaux.
De son côté, l’Asia Development Bank a insisté, début mars, sur le fait que « The Satyam scandal in India highlights the need for sound enforcement of rigorous accountg standards. A particular area for close study is monitoring family-run businesses. » Le cas Satyam ne serait peut-être pas aussi isolé que certains pourraient ou voudraient le penser.
C’est dans ce contexte tendu que l’actuel premier ministre indien, Manmohan Singh, est monté au créneau mi-avril pour affirmer sa « confiance » dans la capacité des systèmes de régulation indiens de prévenir de nouveaux scandales tels que celui de Satyam. Las, les règles de gouvernance imposées aux sociétés côtés en Inde en pousseraient un nombre toujours plus grand à quitter les marchés boursiers. Une code de gouvernance pour sociétés non cotées ferait actuellement l’objet de réflexions. Et si rien de concret ne devrait aboutir avant 2010 – sinon plus -, l’Intitute of Company Secretaries of India s’est lancé dans l’étude des pratiques internationales de gouvernance corporate afin de les comparer aux pratiques locales.

Satyam : how big is the Indian Enron ?

It’s being referred to as the Indian Enron : by the beginning of January, the fourth biggest Indian IT services provider has arised in the center a huge financial scandal, coming from misbehavior of its former CEO, Ramalinga Raju, just weeks after being banned from the World Bank in a case of “inappropriate benefits.”

Ramalinga Raju is understood to have diverted more than a billion dollars from Satyam, through hundreds of companies while artificially inflating the IT company business results in order to hide the fraud. The cancelled buyout of Maytas Infra and Maytas Properties, by mid-December, was intended to change false assets into real ones… Now, Satyam is to be bought by another Indian IT company, Tech Mahindra.

But the question remains: how isolated is the Satyam case? What kind of a light does it shed on Indian corporate governance practices, in a country well known for its family-run businesses culture? According to Nasscom, the professional association for IT and ITeS Indian companies, this is only a “sad incident as the Indian IT and BPO industry has set up very high standard rules for governance and ethics.” Nonetheless, Nasscom decided, by mid-February, to create its own governance and ethics committee.

According to Gille Moutounet, vice president, Strategy and International, Gitanjali Group, the Satyam scam should not be seen “as a potential Indian issue.” Trying to reassure, the Indian minister for commerce explained, by the beginning of January, that “all necessary actions have been taken to avoid future scams” like this one. For the Indian journalist Devidas Deshpande, working with the Pune Mirror (Times Group), the Satyam scam relates to a strong cultural inheritage, the Dhritrashtra syndrome : a king from the Mahabharata who lost his kingdom after following carelessly his sons in their misbehavior. According to Devidas, there are several examples of this syndrome in the modern business and politics Indian worlds. Sucheta Delal, an Indian journalist specialized in corporate finance and governance, was pointing out, mid-December, the unfriendly behavior of Satyam board, towards investors, something not new nor isolated : « such anti-investor actions are not new to them, but investors’ Memory, especially that of found managers, is very short ! » She later openned her website to the head of an Indian IT company, who explains, anonymously, that local regulations encourage loot. Last but not least, the Asia Development Bank stressed by the beginning of March on the fact that « the Satyam scandal in India highlights the need for sound enforcement of rigorous accountg standards. A particular area for close study is monitoring family-run businesses. » The Satyam may definitely not be as isolated as some may want to believe.

In this quite tense atmosphere, the current Indian Prime Minister, Manmohan Singh, expressed, mid-April, his “confidence” in India regulators to prevent new scams like the Satyam one. Unfortunately, governance rules placed upon listed companies are said to encourage more and more companies to delist. Thus, a new and stronger code of governance is currently mulled for unlisted companies. However, nothing should really change before 2010, at least. But the Intitute of Company Secretaries of India just launched a study on international corporate governance practices and intends to compare them to the Indian ones.

Satyam se prépare lentement à un rachat

Satyam retrouve progressivement une tête. Son conseil d’administration vient ainsi de désigner son président, Kiran Karnik, l’ancien président du Nasscom, la chambre syndicale du patronat des SSII indiennes. Le conseil d ‘administration a par ailleurs enfin nommé un nouveau PDG pour diriger la SSII – sur une cinquantaine de prétendants ! L’heureux gagnant est A.S. Murty. Ce n’est pas un inconnu : c’était l’un des lieutenants de Ramalinga Raju, l’ancien PDG déchu de Satyam ; il travaille pour la SSII depuis 15 ans. Mais cette nomination fait déjà grincer des dents : A.S. Murty a en effet vendu 7000 actions Satyam le 12 décembre 2008, puis 14 000 de plus le 15 décembre, et enfin 19 000 le 16 décembre, juste avant que n’éclate le scandale. Ce n’est pas le seul : le Top 5 de l’exécutif de la SSII aurait liquidé quelques 106 000 actions Satyam entre le 1er octobre et le 16 décembre derniers. Le SEBI, le gendarme des marchés boursiers indien, s’intéresse d’ailleurs de près à ces opérations ; A.S. Murty serait soupçonné de délit d’initié.

Dans un webcast à l’intention des collaborateurs de Satyam, Murty a tenté de galvaniser ses troupes, assurant que, ensemble, « nous pouvons accomplir l’impossible. » Parmi les bonnes nouvelles, on peut relever l’obtention d’un prêt de 6 MdRs, à court terme, obtenu par Satyam auprès des banques pour faire face à ses échéances immédiates. Des propriétés foncières de la SSII ont été utilisées à titre de caution. Mais les mauvaises nouvelles sont nombreuses. Les salaires de février des salariés de Satyam hors Inde devraient être réglés en deux fois, en raison de problèmes de liquidités. Des licenciements seraient également en cours de préparation, la SSII souhaitant « rationnaliser ses effectifs fournissant des services avant-vente et après-vente sur site, » soit environ 10 000 personnes.

Du côté des clients, si la tendance n’est pas encore à l’évasion massive, quelques entreprises semblent en passe de faire défaut. Assurant, n°309 dans le Fortune 500, a quitté Satyam au profit de Zensar. Visa n’a pas caché ses inquiétudes à la suite de l’éviction de la SSII indienne des marchés de la Banque Mondiale. Nos confrères du Financial Express évoquent aussi les noms de Coca-Cola, Nestlé, BP, ou encore Tesco parmi ceux des entreprises qui ré-examineraient la pertinence de leur relation avec Satyam. De son côté, la National Australian Bank aurait suspendu un projet en cours, projet qui venait d’être transféré à la SSII indienne. Et chez Infosys, on indique avoir été approché par des clients de Satyam.

Kiran Karnik promet de dévoiler un projet de long terme pour Satyam d’ici 7 à 10 jours. Au cœur de ce projet se trouve notamment la question du rachat de la SSII. On compte au moins trois sérieux prétendants, à commencer par Larsen & Toubro et Spice. Le processus de dépôt des offres doit être défini par Goldman Sachs et Avendus.

En attendant, le processus judiciaire se poursuit. Le SFIO, le bureau indien des délits financiers, a étendu son enquête à PwC ainsi qu’à plus de 325 entreprises et 25 individus. Mais le processus dépasse les frontières du sous-continent : les traces laissées par l’argent détourné par Ramalinga Raju remontent jusqu’à des compte bancaires situés dans des pays occidentaux. Aux Etats-Unis, une procédure collective – class action – vient d’être engagée, entrainant au passage PwC, de quoi pousser Satyam à engager tout spécialement un cabinet d’avocat afin d’assurer sa défense.

Satyam n’est pas encore sorti de crise

Les PDG et directeur financier de Satyam n’ont pas encore été nommés par la conseil d’administration mis en place par le gouvernement indien. Un ancien de Tata Chemicals et un autre du groupe Murugappa sont pressentis pour les postes. [ET] Mais les deux élus, quelque soient les noms finalement retenus, devraient profiter d’un régime de faveur : une véritable immunité légale. [ET]

En attendant, la situation reste tendue. Le ministre indien du commerce Kamal Nath l’assure, depuis Davos : Satyam continuera d’assurer des prestations de haut niveau. [ToI] Le ministre de l’industrie de l’état du Maharastra Ashwani Kumar assure de son côté que Satyam est en mesure de lever des fonds, si nécessaires. [DNA] Le patron de la communication et du marketing de SSII se veut tout aussi rassurant : Satyam a les moyens de faire face à ses besoins de finances. [DNA] Le gouvernement indien et les principales entreprises du pays pourraient jouer là un rôle essentiel Indian Railways, BSNL, Vizag Steel Plant, Indian Mint, pourraient aider Satyam par le biais d’importants contrats. [ET] De son côté, l’avionneur Bombardier a assuré la SSII de sa confiance. [DNA] L’investisseur Fidelity a monté sa participation à 6,8 % dans Satyam. [HT] Mais quatre clients importants seraient en train de négocier leur départ : Citigroup, Merrill Lynch, Novartis, et GlaxoSmithKline. [ET]

Du côté des salariés de Satyam – qui ne seraient peut-être que 43 622 [ET] -, la situation n’est guère plus brillante. Les rémunérations de janvier auraient été payés. [HBL] Certes. Mais les collaborateurs les plus valeureux de la SSII auraient commencé à trouver des postes dans d’autres SSII, plus petites, moins rémunératrices, mais offrant des perspectives meilleures – ou du moins plus rassurantes. [ToI]

Reste que sept prétendants se seraient déjà pressés devant les grilles de Satyam. [ET] Parmi eux, on compte par exemple le groupe Spice. [IBN] Mais, pour Gartner, la SSII indienne devrait, d’ici à 2010, abandonner certaines activités voire cesser tout simplement d’être présente dans certaines régions du monde. [ET] Un scenario du démantèlement qui s’oppose à celui du rachat, lequel, selon certains, pourrait se concrétiser d’ici 2 mois. [ET] Cela n’empêchera pas l’American Society for Training and Development de récompenser Satyam, début juin, pour ses programmes de formation. [ToI]

La situation des auditeurs ne semble guère enviable. Les investisseurs demandent leur remplacement. [ET] PwC, au cœur du scandale, a pris la peine de dépêcher en Inde son PDG, Samuel DiPiazza, depuis Davos, pour rassurer et défendre son image, une image entachée depuis que deux de ses collaborateurs ont été suspendus en raison d’un rôle suspecté dans l’affaire Satyam. [FE]

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