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Les victimes collatérales de la chute de Nortel

Ce 14 janvier 2009, Nortel a déposé son bilan. Cette situation n’est pas sans conséquence en Inde. Certes, TCS et Wipro ont nié tout risque lié à la faillite de l’équipementier télécoms… tout risque, sauf pour Sasken [ET]. Enfin, presque. Nortel devrait quelques 15 M$ à Wipro. Mais Sasken générait, avec l’équipementier canadien, environ 10 % de son CA. [BS] Un canadien qui détenait 10 % du capital de l’indien Sasken. Et comme une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule, le groupe Tata a décidé de se retirer d’une co-entreprise fondée avec Sasken et spécialisée dans l’électronique embarquée, TACO Sasken Automotive Electronics. [BS] L’opérateur public BSNL s’inquiète de son côté de la capacité de Nortel à lui livrer ses équipements. [HT]

Mais, selon Ovum, les prochains Jeux Olympiques d’hiver de 2010 et la prochaine coupe du monde de football aurait aussi du souci à se faire : Nortel figurait parmi leurs principaux financiers. [HBL] Avec… Satyam.

Satyam s’oriente vers une (lente) sortie de crise

Le conseil d’administration de Satyam continue son marathon pour remettre à flots la SSII indienne. Malgré des rumeurs persistantes [ITE], le conseil a indiqué ne pas vouloir démanteler Satyam en la vendant par appartements. [DNA] Les salaires de janvier devraient pouvoir être payés, de même la couverture santé des collaborateurs. De nouveaux investisseurs banquiers ont été trouvés : Goldman Sachs et Avendus. Mais leur participation au financement à court terme de la SSII n’a pas été précisée. En attendant, le conseil d’administration continue de travailler à l’entretien du moral de ses troupes, ce fois-ci en s’y adressant dans des messages vidéo. [HT] Et si le conseil n’a pas encore nommé de nouveaux PDG et directeur financier de Satyam, une liste de trois noms aurait été arrêtée. [IBN]

Pendant ce temps, l’enquête s’étend à PwC. Deux salariés du cabinet – qui a promis une totale collaboration avec les autorités [HBL] -, soupçonnés d’avoir aidé Ramalinga Raju à trafiquer les comptes de Satyam, ont été suspendus de leurs fonctions [IBN], après avoir été entendus par la police. [HT] De son côté, Ernst & Young, pointé son estimation des entreprises Maytas, assurer n’avoir procédé à ces estimations que dans la perspective d’un rachat par la famille Raju, à titre personnel, pas pour Satyam. [HT]

La question des effectifs réels de Satyam reste en revanche entière. Les services de GRH de la SSII ont entamé des opérations de vérification [HT] alors que les banques HDFC et Icici assurent ne pas avoir trouvé de versements pour des salaires fictifs. [HT] En fait, parmi les sommes détournées, quelques 50 MdRs auraient disparu des comptes de Satyam au seul dernier trimestre 2008. [ToI] Ramalinga Raju, l’ancien PDG de Satyam, aurait caché des documents compromettant dans des… voitures maintenues en circulation dans les rues d’Hyderabad. [DNA] Les fonds détournés auraient notamment servi à racheter quelques 147 entreprises. [IBN]

Mais aux Etats-Unis, les collaborateurs de Satyam en intercontrat sont encouragés à trouver des « alternatives ». [HBL] Et, après le scandale de la Banque Mondiale, les Nations Unies ont suspendu les contrats avec Satyam afin d’en examiner les conditions d’attribution. [ET]

Vie des entreprises

Axon n’est qu’un début. HCL Technologies indique qu’il entend procéder à d’autres acquisitions, à court terme, avec, en ligne de mire, des spécialistes des services d’ingénierie, de l’environnement Blackberry, de SAP, et du BPO. [ET]

– Le PDG de Mphasis (EDS), Jeya Kumar, vient de démissionner, « pour saisir des opportunités de carrière externes » a expliqué la SSII. Jeya Kumar occupera sa fonction jusqu’à ce qu’un remplaçant soit nommé. Jeya Kumar a été nommé PDG de Mphasis en… février 2008. [HBL] Son départ sera-t-il lié aux procédures d’économies en vigueur ? La SSII va chercher à concentrer ses implantations à Bangalore, mais aussi et surtout à réduire sensiblement les émoluments des membres de son conseil d’administration et de sa direction – jusqu’à 45 % ! [BS]

Wipro étoffe son offre, avec des services liés à la reprise d’activité, dont notamment l’automatisation des workflows et des processus associés. [TMN] Et de se lancer dans le SaaS sur le marché de l’informatique hospitalière. [ITE] Tout en préparant trois acquisitions dans le domaine des services d’infrastructure. [DNA]

Satyam vient de conclure un partenariat avec l’éditeur K2 afin de développer des solutions de gestion des processus métier (BPM) sur plateformes Microsoft. [HBL]

Infosys vient de remporter un important contrat avec la banque du Punjab visant à informatiser les 1 300 implantations locales de l’institution. [FE]

TCS roule pour l’écurie Ferrari de Formule 1. Et ce, pour les trois prochaines années. [HBL] Et quitte à verser dans la mécanique, la SSII a aussi décroché un contrat avec Ducati. [HT]

– La crise économique n’a pas empêché Cognizant d’empocher plusieurs contrats de 50 à 100 M$, dont l’un avec client nord américain existant, pour des développements Oracle, ou encore d’autres avec Deutsche Telekom et Healthnet. [ToI] Ni GenPact de remporter un gros contrat avec Hyatt, ou encore Infosys, avec AstraZeneca. [ToI]

Infrasoft, un éditeur de solutions pour la banque et services financiers installé à Mumbai, s’apprête à réaliser deux acquisitions en Europe et quatre aux Etats-Unis, pour un montant total de 30 M$. [BS]

HP cherche à toucher au-delà des grandes villes indiennes, notamment dans les états du Guajarat et du Rajasthan. [HBL]

Intel prévoit d’aider les équipementiers et les opérateurs WiMax en Inde, ne serait-ce qu’en matière de promotion, afin d’aider au décollage de cette technologie dans le sous-continent. [ITE] Le fondeur vient par ailleurs de lancer « Net Yatra », une opération de sensibilisation et de formation à Internet. [FE] A cela, il convient d’ajouter le programme de formation Intel Teach lancé à Hyderabad. [HBL] Ainsi que 23 M$ d’investissements dans des entreprises indiennes. [ET]

– De son côté, Microsoft peut de targuer d’avoir signé avec 70 startups indiennes dans le cadre de programme BizSpark, un programme… gratuit de mise à disposition de certaines de ses solutions. De quoi mieux les faire connaître. [HT]

IBM s’occupera des serveurs, des infrastructures de stockage, des services réseau et du logiciel d’administration de la banque privée Madhav Nagrik Sahakari, pendant 5 ans, pour un montant non communiqué. [ITE]

– Les salariés indiens de Motorola n’échapperont pas à la curée. 100 d’entre eux vont être remerciés. [HBL]

Tata Teleservices prépare le déploiement de son réseau GSM. C’est Nokia Siemens Network qui a remporté le gros lot pour la fourniture des équipements d’infrastructure. Le montant précis du contrat n’est pas connu, mais Tata Teleservices avait précédemment indiqué vouloir investir 1,5 Md$ en deux ans pour le déploiement national de son réseau GSM. [HBL]

– Améliorer sa connexion IP internationale. C’est la volonté de l’éditeur Polaris, installé à Chennai, qui vient de s’offrir un réseau privé MPLS auprès de Verizon.

Satyam cherche toujours une sortie de crise

Les jours se suivent et se ressemblent chez Satyam. La SSII indienne aurait reçu des notifications de rupture de contrat de la part de deux importants clients. [BS] La recherche de financements n’en est que plus délicate, alors que les comptes n’ont toujours pas été corrigés. [HT] Le Conseil d’Administration étudierait même l’idée d’hypothéquer une partie des propriétés foncières de la SSII. En attendant, les salariés de la SSII pourraient perdre, au moins temporairement, leur couverture santé : Satyam n’a pas les moyens, en l’état, de régler l’échéance d’environ 300 MRs. [HBL]

L’ancien PDG de Satyam, Ramalinga Raju, a de son côté reconnu avoir siphonné les comptes bancaires de la SSII pour refinancer les entreprises de BTP Maytas qu’il proposait de racheter mi-décembre dernier. [EI] Des entreprises auxquelles l’enquête a été étendue et l’état du Maharastra a retiré plusieurs contrats pour un montant de l’ordre de 4,8 MdRs. [HT] Le gendarme des marchés boursiers indiens pourrait également être questionné, en raison de sa défaillance dans ce dossier. [ToI] Selon le procureur, jusqu’à 3 M€ par an auraient pu être détournés des comptes de Satyam; ses effectifs réels seraient de 40 000 personnes, contre 53 000 annoncés. [ToI]

Par ailleurs, les cadres dirigeants de Satyam viennent de se voir interdits de vendre ou hypothéquer le moindre de leurs actifs personnels, mobiliers comme immobiliers, afin d’éviter l’éventuelle fuite d’actifs susceptible de revenir à la SSII… [HBL] Enfin, la quête d’un PDG se poursuit avec 40 candidatures déposées. [BS]

Satyam pourrait être racheté

C’est officiel : des entreprises indiennes et occidentales se sont bien manifestées pour exprimer leur intérêt pour les actifs de Satyam, toujours dans la tourmente. Les détails de ces offres n’ont été communiqués. Sauf peut-être un nom : celui de Larsen & Toubro, une entreprise d’ingénierie déjà présente dans le capital de Satyam à hauteur de 4 %, et qui s’est déclarée prête à en prendre le contrôle.

Le conseil d’administration de la SSII doit se réunir les 22 et 23 janvier à Hyderabard. Ces questions pourraient être évoquées. Mais l’ordre du jour semble donner la priorité aux problèmes de liquidité auxquelles Satyam doit faire face, ainsi qu’au recrutement d’un PDG et d’un directeur financier.

Un autre sujet de préoccupation pourrait être les effectifs. Selon le quotidien indien The Economic Times, la précédente direction de Satyam aurait en effet gonflé artificiellement ces effectifs, de l’ordre de 15 à 20 % afin de faciliter le « siphonage » des finances de la SSII, en intégrant aux comptes les salaires de collaborateurs fictifs. Un porte-parole de Satyam a contredit le quotidien économique au micro de Reuters. Officiellement, la SSII emploie près de 53 000 personnes.

500 d’entre elles sont aujourd’hui sur la sellette : elles étaient affectées à un contrat avec l’assureur nord-américain State Farm Insurance Company, premier client de Satyam a avoir ouvertement fait défection.

La corruption mine-t-elle les marchés IT ?

Inutile de se voiler la face. L’éviction de Satyam, de Wipro et de MegaSoft des marchés de la Banque Mondiale a des relents de corruption. Du moins la suspicion entourant les avantages accordés à l’ancien DSI de l’institution, Mohamed Mushin, est-elle grande, et de cette nature.

En Inde, le problème de la corruption n’a rien d’un secret. Cet été, plusieurs indiens que j’ai pu rencontrer m’ont parlé de leur démocratie avec fierté, évoquant tout juste une certaine « faiblesse », faisant précisément référence à la corruption. Transparency International a d’ailleurs récemment placé l’Inde à la 85ème place d’un classement en comptant 180, pour l’efficacité de la lutte contre ce fléau. Sur le terrain, les témoignages de petites « rétributions » accordées à tel ou tel fonctionnaire ne manquent pas, pour accélérer des démarches ou éviter une procédure judiciaire. Mais cela va-t-il jusqu’aux marchés IT ? On peut être tenté de le penser.

L’indice de corruption des pays exportateurs, publié en décembre dernier par l’ONG, place la Russie en dernière position, précédée de la Chine, du Mexique, de l’Inde, de l’Italie et du Brésil : les entreprises originaires de ces pays seraient donc particulièrement susceptibles de recourir à la corruption pour gagner des marchés. Sur le plan sectoriel, les télécommunications sont moins bien placées que l’on ne pourrait l’imaginer, avec un score 6,6/10, contre 7/10 pour le secteur IT – les notes vont de 0 à 10, une notre de 0 indiquant une probabilité élevée de versement de pots de vin.

Mais l’Europe occidentale est-elle si blanche ? Pas si l’on en croît l’histoire récente. En France, en février 2003, Altran a porté plainte contre trois de ses anciens dirigeants pour abus de confiance et, également, corruption. Fin 2003, c’était  au tour de Cap Gemini d’être soupçonné de corruption en Allemagne. Plus près de nous, au printemps 2008, s’est ouvert en Allemagne un procès opposant Siemens à d’anciens salariés soupçonnés de corruption.

La semaine dernière, au détour d’un entretien téléphonique, un patron de SSII s’est confié. Selon lui, en Europe occidentale, la corruption a globalement disparu des marchés IT. Mais, « en Europe de l’Est, on sait que ça existe, comme au Moyen-Orient ou en Afrique du Nord. » Là, dans certains pays, le problème serait même « profond. » Comprendre, en filigrane, qu’il faut en passer par là pour s’offrir une place au soleil.

Que dit justement le rapport 2008 de Transparency International pour ces régions ? Il classe par exemple la Roumanie à la 167ème place de son palmarès. Sont pointées notamment le manque d’indépendance du département anti-corruption du ministère de l’administration et des affaires intérieures. Ou encore l’incapacité de la justice à se saisir des affaires soulevées par ce département. Globalement, pour les rapporteurs, « le dédain parlementaire pour le respect des normes de technique législative contribue à rendre les mesures anti-corruption perméables à des interprétations abusives. » Mais le rapport reste muet sur l’Afrique du Nord.

L’espace dédié à la région Afrique du Nord/Moyen-Orient de Transparency International est plus loquace. On peut y lire que « la corruption est largement répandue et prévaut dans les pays [de la région]. » Et l’ONG de souligner que, si les nations de la région ont ratifié la Convention des Nations Unies contre la corruption, sa mise en œuvre « reste un défi majeur. »

De son côté, la France est-elle protégée ? Le projet de suppression du juge d’instruction est-il susceptible d’entraîner des dérives ? Vous-même, lecteurs collaborateurs de SSII, avez-vous été témoin d’actes assimilables à une forme de corruption ? Vous avez nos coordonnées.

Satyam : la réunion dont est né le scandale

La chaine de télévision indienne Network 18 a pu accéder aux minutes de la réunion du conseil d’administration du Satyam du 16 décembre dernier, celle dont est né le scandale. Ces minutes montrent tout d’abord que plusieurs membres du conseil d’administration ont émis des réserves sur le projet de rachat des entreprises de BTP Maytas, évoquant « une dilution du cœur de métier » de la SSII. Pour faire passer la pilule, Ramalinga Raju, l’ancien PDG de Satyam, aurait sonné le tocsin, brandissant la menace d’un rachat par un concurrent étranger tel qu’IBM.

Les minutes d’une autre réunion, celle du comité d’audit de Satyam, mi-octobre dernier, montre aussi Ram Mynampti, ex-PDG par intérim de la SSII, éviter de répondre Vinod Dham, alors administrateurs, sur les rapports entre Satyam et la Banque Mondiale.

Parallèlement, l’enquête s’élargit. Désormais, les autorités indiennes s’interrogent sur le rôle de Ramalinga Raju dans rien moins que 240 entreprises desquelles il aurait été plus ou moins proche. Et de chercher à comprendre comment l’ancien PDG de Satyam aurait finalement siphonné les comptes de Satyam d’un milliard de dollars. Mais Ramalinga Raju ne se laisse pas faire : il aurait effacé un mois de correspondance électronique.

Se pose enfin la question de la responsabilité des membres du conseil d’administration, lesquels avaient successivement démissionné de leurs fonctions courant décembre. Selon un document obtenu par The Hindustan Times, le gouvernement souhaiterait leur faire partager la responsabilité du scandale. Le rôle de PwC fait également l’objet d’une enquête.

Un travail de fourmi

La correction des comptes de Satyam risque quant à elle de prendre du temps. Ramalinga Raju a en effet confessé avoir trafiqué les comptes de quelque 28 trimestres ! Le travail risque d’être d’autant difficile que KPMG et Deloitte, les deux cabinets retenus par le nouveau conseil d’administration de Satyam – récemment remplumé de trois membres supplémentaires – pour l’audit de ses comptes n’ont pas le droit d’exercer en Inde, l’ICAI, la chambre syndicale des comptables indiens… Mais la situation est complexe : KPMG et Deloitte exercent indirectement en Inde, via des sociétés comptables locales.

Un quotidien toujours délicat

Pendant que l’enquête avance, la situation, sur le terrain, ne s’améliore guère. Le conseil d’administration de la Satyam, que le gouvernement indien se refuse pour l’heure à aider financièrement, aurait entamé des négociations avec plusieurs banques pour financer une trésorerie à court terme… limitée à 7 jours de réserve avec la défection présumée de six clients.

D’ailleurs, selon Times of India, les cadres de la Satyam peineraient à conserver les clients. Et les concurrents de la SSII, malgré les exhortations du Nasscom, n’y sont probablement pas pour rien. Infosys, par exemple, assure ne pas chercher à démarcher les clients de Satyam, mais « laissons-les venir à nous. C’est un marché libre et s’ils veulent nous choisir, alors nous prendrons le marché. » Même chose du côté de TCS, où l’on explique avoir déjà été approché par des clients de Satyam. Bref, pas question de tirer ouvertement sur l’ambulance, mais pas question non plus de lui ouvrir un corridor sanitaire.

Du côté des salariés, le moral ne semble pas au beau fixe. A Chennai, un collaborateur de Satyam se serait ainsi suicidé de crainte de perdre son emploi. 

Situation toujours difficile pour Satyam

Les jours se suivent et les mauvaises nouvelles se succèdent pour Satyam. Cette fois-ci, c’est le ministre de l’industrie Ashwani Kumar qui a adressé un camouflet à la SSII dans la tourmente : selon lui, il n’est pas question que le gouvernement viennent renflouer les caisses siphonnées de Satyam. Ce qui n’empêche la situation de rester confuse : le ministre du commerce indique de son côté que le gouvernement est prêt à aider financièrement la SSII. Des échanges qui rappellent les allers-retours entre régulateur local des télécoms et ministère des finances sur les licences 3G.

Mais Kiran Karnik, directeur de Satyam, assure que la SSII n’a pas besoin d’un renflouement mais juste d’un prêt. Un « urgent » prêt d’un montant de 1,5 MRs (23 M€) selon Ram Mynampati, l’ex-PDG par intérim de Satyam, ne serait-ce que pour payer la couverture maladie des salariés aux Etats-Unis.

Parallèlement, Times of India indique que deux nouveaux cadres de l’exécutif de Satyam a suivi Ram Mynampati hors des frontières de l’Inde : le vice-président sénior et directeur Virendra Agarwal serait à Singapour ; le vice-président sénior et directeur Keshub Panda serait à Londres. Et le quotidien indien de citer un collaborateur sénior de la SSII selon lequel « la possibilité d’une tentative d’éviter les interrogatoires de la police et des organismes de régulation ne peut pas être écartée. » Alors que le bureau indien d’enquête sur les fraudes lourdes (SFIO), a commencé à examiner les bureaux de Satyam.

Dans le même temps, le gouvernement indien cherche des membres supplémentaires pour le conseil d’administration de la SSII, de même qu’un PDG et un directeur financier.

Au-delà de la SSII

PwC demande désormais que ses précédents audits sur Satyam soient pris avec la plus grande prudence ; Deloitte et KPMG s’apprêtent à aider le conseil d’administration à réviser les comptes. Mais, selon le Financial Express, le scandale Satyam pourrait aussi éclabousser les banques de la SSII. Selon le quotidien indien, les enquêteurs et le régulateur des marchés boursieurs indiens seraient notamment intrigués par l’absence de versement d’intérêts pour des comptes ayant affiché un solde créditeur jusqu’à 11,6 MdRs. Parmi les banquiers de Satyam, on compte notamment BNP Paribas, Citibank, HSBC et l’indien Icici.

Satyam s'enfoncerait un peu plus

Selon CNN-IBN, l’ex-PDG par intérim de Satyam pourrait ne pas être aux Etats-Unis uniquement pour rassurer les clients de la SSII en pleine tourmente. La chaîne de télévision indienne indique en effet sur son site Web que Ram Mynampati aurait vendu quelque 250 000 actions Satyam aux outre-Atlantique, et 700 000 sur les marchés indiens, « juste avant que ne soit révélée l’escroquerie ». En tout, 16 cadres supérieurs de l’exécutif de la SSII indienne serait actuellement sous le coup d’une enquête ; Ram Mynampati serait recherché par les autorités indiennes pour une audition. 

Selon The Hindu Business Line, et contrairement aux affirmations du secrétaire général du syndicat Unites, la panique aurait commencé à se répandre parmi les salariés de Satyam, notamment ceux travaillant sur site, en dehors du sous-continent indien. Localement, on s’interroge aussi sur les SEZ promues par Satyam, ces zones à la fiscalité privilégiée, dédiées au développement des activités de sous-traitance offshore.

Côté clients, en Europe, l’heure semble toujours à la prudence. Interrogé sur le sujet, le groupe Dexia nous a par exemple indiqué n’être que très peu exposé, évoquant une relation venant tout juste de démarrer. Et de manifester une confiance certaine dans l’évolution de la situation.