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Vite lu dans la presse indienne

– La récession est là, selon 69 % des gestionnaires de fonds d’investissement sondés par Merrill Lynch. Il y a un mois, seulement 44 % des sondés percevaient les effets de la crise financière sur l’économie réelle. [ToI]

– La crise économique touche aussi l’Inde. Et ses premiers effets se font ressentir sur les recrutements. Les instituts indiens de management commencent en effet à courtiser les entreprises IT locales, faute de déboucher dans le secteur traditionnel de la banque, les services financiers et l’assurance. [ToI] De leur côté, les jeunes diplômés des instituts technologiques commencent à recevoir des lettre de « regret », sur l’air de « désolé, on ne peut plus vous engager. » 15 étudiants de l’IIT Kharagpur, le plus ancien IIT indien, ont reçu des lettres de ce type de la part de trois entreprises IT américains de premier rang. [ET] Le salaire d’entrée dans l’entreprise devait être 10 700 euros annuels. Mais la crise à de bons côtés pour les SSII : elle contribuerait à faire chuter l’attrition dans leurs rangs. [ET]

En bourse, c’est la chute aux enfers. Le Sensex, le principal indicateur de la bourse de Mumbai, a reculé brutalement 21 207 points début janvier, à moins de 10 000 points, son plus bas depuis février 2006. [ToI] Mais pendant ce temps, l’inflation recule, à 11,44 %. [MM]

– Il n’y a pas de petites économies. Selon des salariés de TCS, la SSII aurait commencé à déployer des mesures de réduction des coûts drastiques : l’entreprise ne fournit plus de stylos et il n’y a plus de serviettes pour les mains des salariés, aux toilettes. [DNA] Chez Cognizant, c’est la subvention patronale des déjeuners qui aurait été supprimée, de même que celle portant sur les trajets domicile/travail.

– L’industrie IT peut bien essayer de nier l’impact de la crise financière sur son activité, il y a un indicateur qui ne trompe pas : l’activité hôtelière. Et là, oh surprise, les hôtels de Bangalore et d’Hyderabad ont revus leurs prix à la baisse. [DNA] La baisse reste faible, entre 1,5 et 2,2 %, mais survient alors que les taux d’occupations ont eux-mêmes reculé, de 67 à 65 % à Bangalore.

– Pas de chance. Non contents d’être moins bien traités par leurs employeurs, de voir leurs débouchés restreints, voilà que les ingénieurs indiens en informatique commenceraient à être boudés par les indiennes. La roue tourne. [IT]

Amsterdam, la tête de pont de l’industrie IT indienne en Europe ? La capitale des Pays-Bas accueille déjà 30 entreprises indiennes, dont Wipro, TCS, Styam, Cognizant et Infosys. [ITE]

– Le compte à rebours commence ! L’Inde lancera sa première mission spatiale automatisée vers la Lune le 22 octobre. [BS]

– La 3G va être légèrement retardée, du moins l’attribution des licences. Le ministère indiens des télécommunications a indiqué qu’il ne lui serait pas possible de finaliser le processus avant la mi-janvier, avec signature des contrats et règlement du montant des licences le 25 janvier. [FE]

– Selon le WiMax Forum, l’Inde devrait représenter un marché de 13 Md$ pour cette technologie sans fil, en 2012. [HBL] Manque de chance, pour l’heure, le prix des PC grimpe en raison du recul de la roupie. [HBL]

– Bonne nouvelle – modeste au regard des besoins – pour la banlieue de Mumbai et Pune : ces zones vont recevoir 100 MW de capacité électrique supplémentaire, produits dans une centrale de 250 MW du groupe Tata qui doit entrer en service dans un mois. [DNA] Mais l’Inde compte surtout sur le nucléaire pour résoudre ses difficultés d’approvisionnement électrique : en 2050, le nucléaire doit assurer 35 % de la production électrique locale. [HT]

Airtel s’apprête à lancer ses services de télévision sur IP avec Infosys. Le planning de déploiement de l’offre n’a pas été précisé. [ITE]

– Encore un ingénieur embarqué dans une trouble affaire ! Cette fois-ci, il sort tout droit des installations d’Infosys à Chennai. Et il est accusé d’avoir adressé des courriels de menaces au président indien Pratibha Patil. [ITE]

– Un salarié d’une entreprise BPO a été retrouvé mort, dans une guest house de Noida. Une enquête devra déterminer les causes du décès. [ToI] Un ingénieur de Satyam, à Bangalore, s’est suicidé, de même qu’une autre de Nokia, invoquant le harcèlement de ses supérieurs dans une lettre d’adieux. [ITE] De son côté, le Nasscom entend lancer une campagne de lutte contre le harcèlement sexuel sur le lieu de travail. [DNA]

– L’Inde, destination privilégiée pour les déchets électroniques ? Aux US, recycler un PC coûte 20 $. Contre 2 $ en Inde. Du coup, l’Inde se retrouve avec 330 000 tonnes de déchets électroniques par an, sans compter les déchets illégaux. [BS]

Vite lu dans la presse indienne

Au programme de la presse indienne, cette semaine du 25 août, on revient bien sûr la stratégie de croissance externe des SSII indiennes, après le rachat d’Axon par Infosys. On parle aussi campagne présidentielle aux US, suicide à Bangalore, inflation, énergie, environnement, et ressources humaines.

– L’industrie indienne des services informatiques semble avoir engagé sa saison des acquisitions. On l’a vu avec Infosys ; Wipro a dévoilé ses intentions, malgré une grande prudence affichée. [ET] HCL s’est offert l’américain Control Point. [BS] De manière générale, il s’agit de lutter contre le ralentissement économique aux Etats-Unis avec de la croissance externe. [ET] Mais pour beaucoup, le ralentissement des dépenses IT pourrait durer « un certain temps ». [DNA] Mais, en bourse, les entreprises IT sont portées par la faiblesse de la roupie [HBL][BS]. Certaines valeurs disposeraient même de belles réserves de croissance. [ET] Au final, le marché indien des services informatiques pourrait atteindre 8,1 Md$ en 2011. [ET] Un renforcement des taux d’utilisation des effectifs serait tout de même bienvenu. [ET]

– Le salut est dans le SOA ? En Inde, ce marché pourrait progresser de 49 % entre 2006 et 2009. 20 % des plus gros clients SAP locaux – soit 300 gros budgets – devraient se laisser convaincre. [BS]

– Le candidat démocrate à l’élection présidentielle américaine Barack Obama ne fait pas recette en Inde. Ses positions opposées à l’externalisation offshore sont reprises par la presse locale mais commentées avec circonspection. Pour le président de Genpact, par exemple, « il y a une grosse différence entre ce que l’on dit avant l’élection et ce que l’on fait après. » [FE][HBL]

– Fait-il bon vivre à Bangalore ? On y compte environ 200 suicides par mois. Selon l’OMC, le ratio est 17 suicides pour 100 000 habitants, le plus élevé en Inde devant New Delhi, Mumbai et Chennai qui affichent des ratios de 10, 12 et 11 respectivement. [IBN] Principale cause de suicides : le stress, professionnel dans les entreprises IT, et financier. [ToI]

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Suicide et viol au menu de l'actualité de l'industrie IT indienne

Sandeep Shelke

La ville de Pune, connue pour son riche passé et, à l’époque moderne, pour ses entreprises spécialisées dans les technologies de l’information et de la communication, a attiré sur elle l’attention des médias avec deux incidents survenus la semaine dernière. Ces deux incidents sont liés à la florissante industrie IT et à ses effets sur la société. Ils ont également montré comment cette nouvelle industrie s’avère en décalage avec la société indienne, tout en mettant en exergue des questions relatives à cette industrie, questions restées sans réponse.
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Vite lu dans la presse indienne

– Ca patine. TCS et le Nasscom, appelés à la rescousse par autorités indiennes pour trouver les auteurs des e-mails de revendication des attentats d’Ahmedabad, ont fait chou blanc. La brigade anti-terroriste espère encore des résultats du côté du laboratoire de la police scientifique de Mumbai. [NewsX]

– Non, l’Inde n’est pas responsable des réductions d’effectifs dans le secteur bancaire en Europe. Du moins pas complètement. Selon une étude présentée par Deutsche Bank, seuls 10 % des suppressions d’emploi chez les banques européennes depuis 2002 seraient liés à l’offshoring. [ToI]

– Ceinture. Les salaires pour les cadres et cadres supérieurs des entreprises IT indiennes ne devraient croitre que de 8 à 10 % cette année, contre 50 à 60 % il n’y a encore que quelques années. [DNA] L’agence de conseil Zinnov devrait apprécier : selon elle, l’Inde risque de perdre son rang de première destination pour l’offshoring de R&D IT si les salaires continuent leur progression. [ET]

– Une nouvelle stratégie pour fidéliser les salariés dans les entreprises d’externalisation de processus métier (BPO) ? Désormais, ceux-ci auront le droit, légalement, de travailler depuis leur domicile. Le but : attirer plus de femmes et s’ouvrir aux personnes handicapées. [ET] Bien. Mais qui assumera la responsabilité de la continuité de service pour l’alimentation électrique et la connexion à Internet ? Sans compter la question de la sécurité des données.

– Il fait vraiment si bon travailler pour l’industrie IT indienne ? Sandeep Shelke, tout jeune diplômé de 25 ans, embauché comme développeur logiciel chez Persistent Systems, vient de se jeter du haut de la terrasse du bâtiment dans lequel il travaillait. Dans une note, Sandeep Shelke précise les raisons de son suicide : « je ne parviens pas à bien faire mon travail et cela me déprime. J’ai fait de mon mieux pour remplir mes objectifs mais je n’y arrive pas. Je suis désolé pour ceux qui m’aiment, mais je ne peux l’éviter. » Selon son cousin, Shelke aurait été d’une nature particulièrement sensible. [ToI]

– L’administration d’infrastructures à distance. C’est la nouvelle activité porteuse pour des SSII indiennes telles que Reliance Infocomm, Tata Telecommunications, Sify ou encore Netmagic Solutions. L’Inde serait même en passe de devenir un « hub global pour les services hébergés. » [HT]

– Greenpeace commence à s’attaquer à la question épineuse des déchets électroniques en Inde. Selon l’ONG, le pays a généré quelques 380 000 tonnes de ces déchets en 2007. En 2012, ce pourrait être 800 000 tonnes. Et de mettre à l’index des Apple, Sony, Toshiba, Philips ou encore Samsung qui n’ont pas mis en place de processus de recyclage pour leurs produits, en Inde. A l’inverse, HCL et Wipro soutiennent clairement la mise en place d’une législation contraignante sur la collecte des déchets électroniques. [HT]

– 250 millions. C’est le nombre d’abonnés au téléphone mobile en Inde. Le pays se place du coup en seconde position derrière la Chine. Mais la croissance du marché du mobile est plus rapide en Inde, avec 8 à 9 millions de nouveaux abonnés par mois, contre 6 à 7 millions en Chine. [NewsX] Mais l’Inde pourrait « faire mieux », notamment dans les zones rurales, avec un cadre réglementaire assoupli. [DNA] Les MVNO pourront peut-être aider : ils devraient bientôt pouvoir prétendre à des licences et être détenus jusqu’à 74 % par des fonds étrangers. [MM]

– Une réservation annulée pour un voyage en train ? Bientôt, l’IRTC, la compagnie indienne de transport ferroviaire proposera des alertes par SMS, à l’instar des compagnies de transport aérien. [HT]

– Au Kerala, la commission de régulation du marché de l’énergie vient de demander à toute la population de prendre des mesures pour contrôler ses dépenses d’électricité afin d’éviter une lourde hausse des coûts. [The Hindu] A Mumbai, de nombreux quartiers sont frappés par la pénurie de diesel, tant en raison des coupures d’électricité que de systèmes de quota mis en place par les distributeurs. [MM] Du côté de New Dehli, la centrale de Dabhol a été contrainte de diviser sa production électrique par 7, à 300 MW, en raison de problèmes d’approvisionnement en gaz naturel. [MM]

– Le reflux des prix du pétrole, notamment, laissait espérer une accalmie sur le front de l’inflation, en Inde. Pour l’heure, il n’en est rien : la barre des 12 % vient d’être dépassée ; au plus haut depuis 13 ans à 12,01 %. [The Hindu]

La famille, force bivalente de la société indienne

Lavanya Sankaran

Je crois comprendre que la famille est une composante essentielle de la société indienne. Ce matin, j’ai pu m’entretenir avec Lavanya Sankaran, l’auteur du Tapis Rouge. Et celle-ci de m’expliquer, par exemple, qu’en Inde, « nous n’avons pas de sécurité sociale. La couverture sociale, c’est la famille. C’est vers elle que vous vous tournez lorsque vous rencontrez des difficultés. » Et si la société indienne s’ouvre à la société de consommation et à « la culture pop », la famille reste importante : « les femmes indiennes sont encore nombreuses à se marier et à emménager avec leur mari, sa mère, ses cousins, etc. » Cela n’empêche pas certains jeunes actifs de vouloir vivre leur relation de couple hors mariage ou encore l’homosexualité d’exister voire d’être vécue sans trop de difficultés, du moins à Bangalore et « tant que l’on n’en fait pas une question politique. »

Karthik Shekkar

Mais la famille, c’est aussi une pression, souvent formidable, sur les enfants dans le cadre de leurs études. Partho Ganguly, directeur exécutif de BOB Technologies, ici à Bangalore, le confirme sans peine, de même que Karthik Shekkar, secrétaire général du syndicat Unites Professionals pour l’Inde. « Les parents indiens poussent leurs enfants vers l’industrie IT », expliquent-ils tous les deux. C’est la perspective des revenus élevés – souvent considérés et présentés comme les plus élevés en Inde – qui les motivent, ainsi que les opportunités d’expatriation. Comme on me l’expliquait chez Tata Consultancy Services : lorsqu’un jeune indien est embauché, c’est cinq, six personnes autour de lui qui profitent directement de cette embauche, sur le plan financier.

Mais la famille indienne a aussi son côté sombre. Ce mercredi 23 juillet, dans l’édition de Bangalore du Times of India, j’ai appris par exemple le suicide d’un étudiant indien de 15 ans : il s’est pendu, dans sa chambre, en raison de notes pas assez bonnes à l’école. Pour Lavanya Sankaran, « Bangalore est la capitale du suicide en Inde. » Elle consacre d’ailleurs l’une des nouvelles de son livre à cette question.

Ce n’est pas tout. Plus tôt dans mon périple indien, j’ai eu l’occasion d’être sensibilisé à la question des abus sexuels au sein du cercle familial, au cours d’une discussion; un sujet également évoqué dans le livre de Lavanya Sankaran. Il n’est pas question de considérer que problème est généralisé. Mais Lavanya Sankaran se refuse à imaginer que « ce ne soit pas comme partout dans le monde »… Reste que le phénomène est difficile à chiffrer : dans un pays où la pornographie est interdite où l’on utilise les dispositifs de contrôle parental pour s’assurer que les enfants ne voient de « french kiss » à la télévision – dixit Reliance Global Communications -, le sujet est tout simplement tabou. Et ce n’est pas que lui : c’est la sexualité dans son ensemble qui semble concernée. « Avant les apports culturels musulmans et de l’Angleterre victorienne, la sexualité était un sujet très libre en Inde. Mais la conjugaison des deux a mis une chape de plomb sur la question. Les lois indiennes sur la sexualité – interdiction de l’homosexualité, des rapports anaux, etc. – remontent à l’époque coloniale. » Néanmoins, certains sujets connexes, tels que la protection des mineurs, justement, progresseraient sensiblement.

Mais selon Karthik Shekkar, il resterait encore beaucoup de travail à accomplir en matière de lutte contre le harcèlement sexuel – et pas que sexuel – sur le lieu de travail. En la matière, la loi du silence dominerait… aidée – pas uniquement mais notamment – par le poids d’une famille qu’il ne faut ni décevoir, ni priver de ressources. 

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