India

Posts Tagged ‘TCS’

Vie des entreprises

– Logica vient de décider d’étendre sa présence indienne. La SSII s’apprête à ouvrir un nouveau centre de service à Chennai (anciennement Madras), dédié au BPO, à l’administration d’infrastructures et aux services applicatifs. Ce centre sera capable d’accueillir 1500 personnes. En tout, Logica prévoit d’employer 8000 personnes en Inde d’ici fin 2009.

Satyam vient de nouer un partenariat avec Oracle pour le développement d’applications médicales. Ce partenariat prévoit notamment la commercialisation du logiciel Clinical xPress de Satyam à l’abonnement pour les mondes de la pharmacie, des biotechnologies et de la recherche. Satyam commercialisera en outre les applications Oracle Remote Data Capture, Oracle Adverse Event Reporting System, Oracle Thesaurus Management System et Oracle Life Science Data Hub.

Wipro n’est pas oublié par Oracle. La SSII indienne vient de conclure un partenariat avec l’éditeur américain pour le développement d’un nouveau pack d’intégration de processus pour opérateurs télécoms. [TMN]

IBM poursuit son offensive sur le cloud computing en ouvrant quatre nouveaux centres de recherche et de développement dédiés au nuage et au service des universités et services publics qui souhaiteraient tester des services et applications en ligne sur ce type d’architecture. Big Blue possède désormais 13 centres dans le monde et multiplie les annonces d’ouvertures, de partenariats et services dédiés au cloud computing (voir à ce sujet notre article consacré à la stratégie d’IBM dans le cadre du dossier Cloud Computing publié il y a quelques semaines).
Quatre pays sont concernés par l’annonce du jour. L’Inde, avec un centre à Bangalore ; le Vietnam, à Hanoi ; la Corée du Sud, à Seoul ; et le Brésil, avec un centre à Sao Paulo.

Microsoft est aux prises avec le fisc indien. Celui-ci lui réclame quelque 2,56 MdRs pour l’exercice 2006-2007. Le géant de Redmond est tout simplement accusé d’évasion fiscale : l’administration indienne estime que son implantation de Gurgaon, dans la banlieue de New Delhi, ne travaillait pas effectivement pour Singapour mais commercialisait ses produits et services en Inde. [NewsX]

Infosys croît à la croissance des services d’administration d’infrastructure. Selon la SSII, les entreprises veulent se concentrer sur leur cœur de métier et déléguer. Du coup, elle voit bien son chiffre d’affaires sur le secteur progresser de 25 % cette année. L’an passé, il était de 1,3 MdRs.  [ET]

– La branche BPO de HCL en a fini avec la croissance organique. Ce n’est pas complètement nouveau, mais cette stratégie de croissance externe est réaffirmée avec force. [DNA]

– Qui réussira à manger l’unité de conception de Flextronics en Inde ? TCS et Tech Mahindra seraient sur les rangs. Et sur les dents. [ET]

– Pourquoi ignorer le marché domestique ? C’est probablement la réflexion que se sont faits les cadres de Wipro qui ont passé près de deux heures à négocier avec la banque indienne SBI. L’objectif ? Décrocher une part du gâteau de 30 MdRs de dépenses IT prévues par SBI pour deux années à venir. Alléchant ? [BS]

– La co-optation marche aussi pour les clients. Oracle propose ainsi jusqu’à 50 000 $  de commission pour toute personne qui lui amène un nouveau client (5 % du contrat). [HBL]

Vie des entreprises

TCS vient de remporter le marché de la chambre de compensation européenne LCH.Clearnet. Aux termes du contrat, TCS fournira sa solution BaNCS Market Infrastructure et notamment sa technologie Synapse Clearing, retenue notamment pour sa résilience. Les conditions financières de la prestation n’ont pas été communiquées. [HBL]

TCS, encore, veut se développer selon le modèle du SaaS (Software as a Service) et même, plus loin, du ITaaS, afin de séduire les PME indiennes. [DNA]

Infotech Enterprises serait sur le point de racheter un spécialiste européen de l’ingénierie automobile, pour un montant de l’ordre de 30 à 40 M$. [HBL]

Plus question de se contenter des télécoms pour Barthi Airtel : l’opérateur entend désormais se diversifier dans… les services informatiques, sur le modèle du SaaS. Il serait déjà en négociation avec Oracle, SAP, Microsoft, Google et Jamcracker, et vise les PME. [HBL]

Satyam veut se renforcer sur le marché de l’aéronautique. Pour cela, il débauche des cadres supérieurs de Boeing, Airbus, Cadence et Bombardier. Satyam vise une part du gâteau de 60 Md$ que représente l’ingénierie aéronautique. [HBL]

Pour TCS, il semble temps d’aller chercher des recrues hors des frontières indiennes. La SSII s’apprête à multiplier les centres de formation de par le monde, en Uruguay, en Hongrie, au Vietnam ou encore aux Philippines. [HBL]

Wipro vient de remporter un contrat à 1,21 MRs en Arabie Saoudite, à Jeddah, auprès de l’université de sciences et de technologie du roi Abdullah, pour déployer un PGI et gérer les données étudiants. [HBL]

Les SSII indiennes n’affichent plus la même sérénité face à la crise

La récente faillite de la banque américaine Lehman Brothers fait des remous jusque dans le sous-continent indien. Jusqu’ici, la crise financière mondiale était plutôt présentée sous l’angle d’une opportunité. Les SSII indiennes ne cessaient de clamer à qui voulait l’entendre que, poussées par le besoin de réaliser des économies supplémentaires, les entreprises occidentales allaient se jeter dans leurs bras. Mais ce discours semble avoir fait long feu. Ranil Ambani, le président du conseil d’administration de Reliance Capital, l’assure désormais : « l’Inde ne peut pas rester immunisée contre la crise financière globale. »

Une préoccupation croissante

Dans The Hindu, Wipro reconnaît qu’il perd un client avec la faillite de Lehman Brothers. Mais en minimise l’impact : cette banque ne lui aurait apporté qu’un chiffre d’affaires « modeste », avec une petite centaine d’employés expatriés sur site. Satyam réfute tout impact direct sur son activité mais se déclare désormais « concerné » par les développements de la crise aux Etats-Unis. Dans DNA, Ganapathy Subramaniam, président de TCS Financial Solution, résume l’ambiance : « il est difficile de prévoir l’impact direct de ces événements, mais le scenario qui commence à se dégager inquiète de plus en plus. » A contre-courant de la tendance, V Balakrishan, directeur financier d’Infosys, continue d’afficher la confiance : Lehman Brothers, Merrill Lynch et Bank of America (qui doit racheter Merrill Lynch, NDLR) « sont nos clients mais cela n’aura pas d’impact sur notre chiffre d’affaires ; tout dépend de qui paie. Dans le cas présent, ce sera désormais Bank of America, notre plus gros client. »

Recul en bourse

Dans The Economic Times, un analyste relève que les marchés sont prudents, sinon inquiets : c’est 40 à 45 % du chiffre d’affaires du top 5 des SSII indiennes, généré par les services bancaires et financiers, qui est exposé. En bourse, cette inquiétude est déjà perceptible. Comme le relève DNA, l’action TCS, à Mumbai, a perdu 1,61 % mardi, contre 0,64 % pour celle d’Infosys mais 3,21 % pour celle de Satyam. Plus globalement, les valeurs IT ont perdu 1,44 % à Bombay ce mardi avec des pertes de l’ordre de 2 à 4 % pour Wipro, Mphasis, Tech Mahindra ou encore Aptech. HCL est parvenu à rester dans le vert. Comme insensible au contexte, HCL prévoit d’ailleurs de réaliser trois ou quatre acquisitions, aux Etats-Unis, dans le secteur des services financiers. 

Une série d’attentats touche Delhi

Après Bangalore et Ahmedabad, c’est au tour de Delhi d’être victime du terrorisme des islamistes indiens. A l’heure où ces lignes sont écrites, on recense déjà plus d’une vingtaine de morts et d’une centaine de blessés. Autant le dire tout de suite : Romain Dupuy, cofondateur de la société Spaarth, installé à Delhi et contributeur de ce blog, est sain et sauf.

Selon la presse indienne, au moins cinq bombes auraient explosé, réparties dans les quartiers de Karol Bagh, Connaught Place et Greater Kailash (GK-1). Personnellement, je m’attends à un bilan plus lourd : les quartiers visés – et notamment celui de Karol Bagh – font des cibles de choix pour les terroristes tant la foule peut y être dense. Pour vous faire idée, voici un extrait d’une vidéo tournée cet été sur Gaffar Market, au cœur de Karol Bagh, là où l’une des attaques a eu lieu aujourd’hui.

La tension était récemment retombée, du moins en apparence, alors que la police pensait tenir une partie des responsables des attentats de Bangalore, le 25 juillet, et d’Ahmedabad le lendemain. En apparence seulement car, selon plusieurs quotidiens indiens, les forces de l’ordre indiennes savaient que New Dehli était la prochaine cible : les terroristes arrêtés à la suite des attentats de la fin juillet auraient avoué que ces opérations faisaient partie d’un projet plus vaste intégrant la capitale du pays, un projet baptisé « BAD », pour « Bangalore-Ahmedabad-Delhi ». L’information provient du premier ministre de l’état du Gujarat, Narendra Modi, qui affirme avoir communiqué ces données au premier ministre du pays, Manmohan Singh, ainsi qu’au conseiller national à la sécurité, M.K. Narayanan.

Abdul Bashar, considéré comme le cerveau de l’opération, serait actuellement retenu par la police du Gujarat. Mais les forces de l’ordre sont toujours à la recherche d’Abdul Subhan Qureshi, ancien leader du mouvement étudiant radical interdit SIMI (Students Islamic Movement of India) et ex-employé de Wipro à Mumbai, considéré comme l’informaticien en chef de l’opération. Et, encore une fois, les technologies de l’information se retrouvent placées au cœur de l’enquête.

C’est en effet dans un e-mail que les Indian Mujahideen ont revendiqué les attentats d’aujourd’hui à Delhi. Dans ce courriel – 13 pages agrémentées d’une vidéo -, les terroristes insistent sur leur intention de commettre ces attentats en plein Ramadan.

Et cette fois-ci encore, l’e-mail de revendication a été envoyé via un accès WiFi piraté. Aujourd’hui, il s’agirait de celui de l’entreprise Kamran Power Control, dans ses locaux de Chembur à Mumbai. Lors des précédents attentats de Bangalore et d’Ahmedabad, l’utilisation du réseau WiFi, piraté, de l’américain Kenneth Haywood avait permis aux terroristes de brouiller les pistes, un temps du moins. Dans un récent e-mail, Abdul Subhan avait même poussé la provocation jusqu’à présenter Kenneth Haywood comme un allié, après son départ précipité aux Etats-Unis. Mais l’américain est depuis revenu à Mumbai.

Reste à savoir si la piste informatique permettra d’avancer dans l’enquête sur les attentats de Delhi : TCS et le Nasscom avaient fait chou blanc dans l’enquête précédente. La police était néanmoins parvenue à remonter une piste à partir de cartes SIM. Aujourd’hui, elle semble disposer de pistes sérieuses, notamment grâce à des témoins visuels.

Vite lu dans la presse indienne

Programme chargé pour cette revue de presse indienne hebdomadaire avec, un accord important pour le développement du nucléaire civil en Inde, les pénuries d’électricité, ou encore l’ouverture de discussions pour la libéralisation des échanges entre Inde et Europe. Mais on parle aussi du marché domestique indien des services informatiques, de la situation économique, de la formation des ingénieurs en informatique, ainsi que de leur fidélisation.

– C’est la fête sur le front de l’énergie : l’Inde va pouvoir étendre son parc nucléaire civil. Cet été, le pays avait conclu un accord bilatéral en ce sens avec les Etats-Unis. Mais cet accord doit être ratifié par le congrès américain ; ce n’est pas encore le cas. Plus rapide, le groupe des pays fournisseurs de technologies nucléaires (NSG) vient de donner son feu vert au commerce de ces technologies avec l’Inde. Sans surprise, Paris s’est manifesté comme l’un des principaux soutien de l’Inde : Jacques Chirac avait déjà conclu un accord bilatéral avec le sous-continent, en ce sens, en février 2006. [ToI] Du coup, la France – avec Areva – prend une petite longueur d’avance. Petite parce que la Russie collabore déjà à la construction de deux centrales nucléaires de 1000 MW dans la ville de Kundakulum. L’Inde est longtemps resté dans une situation particulière : considéré comme pays « ami » des pays occidentaux, il détient l’arme nucléaire mais n’a jamais accepté de signer le traiter de non prolifération, se fermant ainsi certaines possibilités de commerce et de développement. Seul bémol, relevé par la presse indienne : la Chine a formulé des objections à l’entrée de l’Inde dans le club des pays nucléarisés. Retrouvez l’histoire du nucléaire indien ici.

– Dans l’immédiat, l’électricité continue d’être un problème au quotidien. A Chennai, on vient de passer à 5h sans électricité par jour. [IBN] A Pune, on vient de passer à 7h. [ToI]

– Des discussions vont commencer dès aujourd’hui à Bruxelles entre des représentants de la Commission Européenne et le ministre indien du commerce en vue d’un accord pour une ouverture plus large des marchés respectifs. Au menu des discussions : commerce de biens et de services, investissement et propriété intellectuelle. Le fruit des négociations devrait être présenté à l’occasion de la visite à Paris du premier ministre indien Manmohan Singh, dans le courant du mois de septembre. [HT] Et le gouvernement indien de pousser en faveur d’un accord bilatéral facilitant la mobilité des travailleurs. [ToI]

– On regarde encore du côté de la campagne pour les élections présidentielles aux Etats-Unis. En effet, le candidat démocrate Barack Obama a fait part de son intention d’industrialisation le processus d’attribution des visas H2B. La réflexion retient l’attention ici : les visas H2B sont notamment utilisés pour envoyer des collaborateurs de SSII indiennes, de l’autre côté du Pacifique, auprès de leurs clients.

– L’enquête sur les attentats d’Ahmedabad et de Bangalore, fin juillet, se poursuit. La police aurait retrouvé des disques durs utilisés par les suspects, dans un cybercafé. [EI]

– Le marché domestique, l’autre relais de croissance des SSII indiennes. Elles l’on longtemps négligé mais s’y intéressent de plus en plus. Il a progressé de 42% en 2007 et devrait atteindre 23,3 Md$ en 2008, selon le Nasscom. [ET] Les premiers exemples d’entreprises ayant recours à l’informatisation pour améliorer efficacité et rentabilité sont là. [FE] Reste que les entreprises indiennes ne sont pas encore très adeptes du BPO. [IBN] Alors, récession au US oblige, les SSII indiennes ne se tournent pas seulement vers l’Europe, elles visent aussi le Japon. [ET]

(suite…)

Vite lu dans la presse indienne

– Avis de tempête sur l’économie indienne. Selon Ratan Tata, président du groupe éponyme, le ralentissement économique aux Etats-Unis « est perceptible et […] l’Inde n’est pas immunisée contre ce ralentissement. » Et d’ajouter que ce ralentissement « touche l’Europe et devrait nous toucher aussi. » [ET]

IBM fait évoluer sa stratégie pour le marché indien. Le géant américain vient de décider de se concentrer sur le marché des PME : selon NewsX, les dépenses SI des PME afficheraient une croissance deux fois supérieure à celle des grandes organisation en Inde. Pour l’heure, IBM se contente de 13 % de parts de marché sur les PME. [NewsX]

– Le Dow Jones fait son entrée en Inde. C’est Rupert Murdoch qui a lui même inauguré cet index de cotation boursière local ce lundi. Le Dow Jones indien suivra les 30 actions les plus performantes du Bombay Stock Exchange et du National Stock Exchange. Pour l’heure, le top 5 est trusté par Reliance Industries, Infosys, HDFC, Barthi Airtel, et Toubro. [DNA]

– Quelle surprise… Jaguar-Land Rover, récemment racheté par le groupe Tata, vient de retenir… Tata Consultancy Services (TCS) pour les chantiers de système d’information, sans préciser lesquels. [ET]

– Après les télécoms, le foot. Anil Ambani, président de Reliance Communications et sixième homme le plus riche au monde selon Forbes, veut s’offrir un club de foot, anglais, Newscastle United. Il est prêt à débourser 260 M£. Et tant pis si l’actuel propriétaire ne voit là que rumeurs infondées. [DNA]

– De quoi donner des frissons aux Robins des toits. A Mumbai, Cogent EMR Solutions estime que les émissions électromagnétiques des relais de téléphonie mobile dépassent de très les niveaux recommandés pour la santé des personnes : par endroits, l’entreprise a relevé des puissances de l’ordre de 1000 mW/cm2 ! [NewsX]

Vite lu dans la presse indienne du 31 juillet

– Mauvais temps pour les patrons de cybercafés. Dans Pune Newsline, j’apprends que tous les cybercafés ouverts sans licence délivrée par la police devront être fermés. C’est valable pour tout l’état du Maharastra et c’est bien sûr lié aux récents attentats de Bangalore et Ahmedabad. Las, ces autorisations ne concernent pas que des questions de sécurité informatique. Elles touchent aussi à la sécurité sanitaire, notamment pour la vente de boissons. Restent certains cybercafés iraient déjà au-delà des exigences des autorités en photographiant leurs clients et en notant les références d’une pièce d’identité.

– Selon The Indian Express, la police indienne considère comme très probable que l’ordinateur de Keith Haywood, cet américain dont la connexion à Internet a été détournée pour envoyer le mail de revendication des attentats de samedi à Ahmedabad, ait été infecté par un cheval de Troie : les terroristes auraient alors pu prendre le contrôle de l’ordinateur portable afin d’expédier leur courriel en toute impunité. Reste à savoir pourquoi Haywood a été choisi. Celui-ci a d’ailleurs précisé à la police avoir laissé un technicien, envoyé par son FAI, bidouiller sa connexion WiFi plus de 20 fois. Ce technicien aurait connaissance de son mot de passe et lui aurait clairement indiqué de ne pas le changer.

– Dans Mint, Nirai Seth revient sur l’intérêt croissant des SSII indiennes pour l’Europe continentale : « sur le campus d’Infosys, un groupe d’ingénieurs vient d’apprendre récemment les bases de l’étiquette française : toujours se lever lorsqu’une femme entre dans la pièce ; ne pas poser ses coudes sur la table ; et, plus important, ne pas parler affaires pendant le repas. » Vu de Bangalore, les législations européennes seraient un frein à l’externalisation vers l’Inde : « Ils sont un peu plus rigides [qu’aux Etats-Unis] », explique Ayan Mukeherji, directeur exécutif de Wipro pour l’Europe, tout ajoutant qu’il pense que les européens « vont développer plus de confiance à notre égard avec le temps. » Et Nirai Seth de s’attarder sur les procédures de formation culturelle mises en place chez TCS. Procédure sur lesquelles j’aurai l’occasion de revenir plus tard, dans LeMagIT.

Question d’échelle

Vue du campus d'Infosys, à Bangalore

Les campus des principales SSII indiennes ont quelque chose de démesuré. Celui d’Infosys, à Bangalore, accueille plus de vingt mille personnes chaque jour. En plus de multiples bureaux et cafétérias – monstrueusement bruyantes, au passage – il intègre un authentique hôtel, avec piscine, pour les hôtes de marque. Ce dernier a fait l’objet d’un soin architectural tout particulier, s’inspirant dans son dessin de l’opéra de Sidney. Un grand bâtiment, « troué » en son milieu, est tout aussi étonnant : Il s’intègre au paysage dans une très agréable perspective.

Construction du bâtiment médian du futur campus de TCS à Chennai

Mais j’ai presque envie de dire que c’est peu de chose, comparé au campus qu’érige actuellement Tata Consultancy Service, sur le site de Siruseri, à la périphérie de Chennai. A terme, ce campus accueillira quelques 25 000 travailleurs. Ceux-ci seront répartis dans six bâtiments entourant une sorte d’épine dorsale. A l’une de ses extrémités se trouvera une tour, haute de plus de 100 m, avec plateforme panoramique pour recevoir les hôtes de marque en leur permettant de dominer les lieux. La direction aura bien évidemment ses bureaux en haut de cette tour. A côté de celle-ci doivent se dresser une bibliothèque ainsi qu’un micro-complexe hôtelier pour VIP.

Dans l'un des deux premiers éléments opérationnels du futur campus du TCS à Chennai

Coût des bâtiments ? Mystère. Coût de fonctionnement de l’ensemble ? Il est encore à l’étude. Les procédures d’entretien du site n’ont même pas encore été finalisées. Pour l’heure, seul un des six modules périphériques à l’épine dorsale est opérationnel. Un second doit être inauguré la semaine prochaine. L’ensemble sera achevé d’ici… quelques années. Mais quelques questions restent en suspens, à commencer par la date à laquelle l’Etat aura fini de rénover le chemin de terre – qui doit se transformer en route- pour supporter le passage de tous les cars transportant quotidiennement les personnels de TCS. Sans compter les voitures et deux-roues personnels pour lesquels des parkings souterrains ont été aménagés.

Pour la petite histoire, Hexaware est en train de construire de nouveaux locaux à côté de ceux de TCS à Siruseri. Ceux-ci devraient quasiment se trouver dans le prolongement de l’épine dorsale du colossal ensemble de TCS, à l’opposé de la grande tour. Mais vus depuis le chantier de Tata Consultancy Services, ils paraissent vraiment petits et d’une grande banalité architecturale. A moins qu’il ne s’agisse de sobriété, question de point de vue.

Vite lu dans la presse indienne du 16 juillet 2008

– Tromper l’ennui dans les embouteillages, ce fléau des grandes agglomérations indiennes [et encore, il paraît que Bagalore est bien pire que Mumbai, cette dernière disposant d’un réseau de transport public plutôt efficace et assez peu onéreux.], c’est ce que propose le Times of India, avec les livres lus et enregistrés  sur CD ou baladeur MP3. Et de citer Hormuzd Madan, cadre supérieur chez Accenture, qui se rend péniblement chaque matin à Vikhroli, le quartier des entreprises IT à Mumbai.

Le Times of India se fait également l’écho du déploiement, par la police de Mumbai, d’un nouveau piège technologie contre les voleurs de voitures haut de gamme. Il s’agit d’un véhicule « appât », équipé d’un GPS, d’une caméra et un dispositif de communication GSM : le voleur peut-être filmé en plein flagrant délit et suivi jusqu’à sa planque.

– Dans la même page, Bina Venkatraman, revient sur une nouvelle tendance architecturale tendant à construire des immeubles dans lesquels les habitants pourront produire les cultures nécessaires à leur consommation, ou tout du moins une partie. Ce n’est le toit végétalisé pour lutter contre le réchauffement climatique, mais ça peut aider dans un pays où l’on souffre du prix élevé des denrées de première nécessité. Sauf que cela ne devrait raisonnablement toucher que les classes les plus aisées, au moins dans un bon premier temps. Dans le Mumbai Mirror, Rahul Srivastava, associé d’un cabinet d’architectes, fait le point sur les erreurs dans l’urbanisation de Mumbai, pointant tout simplement l’absence complète de réflexion… urbanistique.

– La recherche publique indienne n’arrive à attirer les talents. La faute à des salaires quatre fois moins élevés que dans le privé (env. 30 000 Rs/an dans le privé ; la même chose que dans le secteur informatique). Les sciences fondamentales attirent quelques 21 % des étudiants. La demande a progressé de 17 % en 2006 avec des déficits de recrutement en agronomie, physique, chimie et botanique.

– Dans le Mumbai Mirror, on apprend la découverte d’un téléphone mobile Motoroka K1, incrusté de diamants, dans une urne à donations d’un temple dédié au dieu Ganesh. Le téléphone fera l’objet d’une mise aux enchères dont les fruits reviendront à l’organisation religieuse Siddhivinayak, la plus riche de Mumbai et l’une des plus riches d’Inde.

– L’Hindustan Times et le Financial Express consacrent quant eux les gros titres de leurs pages économiques aux résultats trimestriels de Tata Consulting Services. Au premier trimestre, clos le 30 juin dernier, TCS a réalisé un bénéfice net consolidé de 12,91 MdRs, soit 7,3 % de mieux qu’un an plus tôt, pour un chiffre d’affaires de 65,3 MdRs. S. Ramadorai, PDG de TCS, a fait état d’un ralentissement de l’activité dans le secteur bancaire, sensible depuis un mois. Les secteurs bancaire et des services financiers représentent quelques 44 % de l’activité de TCS. Le cours de l’action de TCS sur le Bombay Stock Exchange a reculé de 3 % pour toucher son plus bas depuis le 2 novembre 2005 à 728,10 Rs, avant la publication des résultats. A la bourse de Mumbai, c’est Infosys qui semble le plus à la fête avec une progression du cours de son action de 21 % au cours du trimestre écoulé.