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L’Inde fait le ménage dans sa téléphonie mobile… en attendant la 3G

Parler de coup dur n’est peut-être pas suffisant. Et peut-être fait-il y voir le énième signal marquant l’envie des autorités indiennes de reprendre en main une industrie de la téléphonie mobile qui se développe très rapidement. Ainsi, selon l’Hindustan Times, rien moins que 188 relais de téléphonie mobile sauvages ont été placés sous scellés et inactivés par les autorités locales de Noida, une ville de la banlieue de New Delhi qui compte, en tout, 400 relais de téléphonie mobile (la SSII franchise Sopra, notamment, y a des bureaux).

Une mesure pour le moins radical qui fait suite à d’autres. Fin décembre, plusieurs opérateurs mobiles indiens ont été condamnés à verser, en tout, 8,75 M$ d’amende pour avoir écoulé des cartes SIM auprès de personnes ayant présenté de fausses cartes d’identité – au Kashmir, les terroristes sont soupçonnés d’utiliser des cartes SIM prépayées pour communiquer. Plus tôt, fin novembre, ces mêmes opérateurs ont été sommés de déconnecter de leur réseau plus de vingt millions de téléphones mobiles non marqués par IMEI – le numéro d’identité des téléphones mobiles – des terminaux généralement importés de Chine.

Ces deux dernières décisions ont été motivées par des questions de sécurité nationale : pour les autorités indiennes, il s’agit de pouvoir tracer les appels mobiles et identifier leurs auteurs.

Ça, c’est pour le bâton. La carotte, c’est la 3G. Malheureusement, elle ne cesse de danser le tango. Mi-novembre, l’ouverture du processus d’attribution des licences 3G par enchères était annoncée pour la mi-janvier 2010. Une fois de plus, elle a été repoussée. En février ? Non, probablement dans le courant du prochain exercice fiscal, qui doit commencer le 1er avril. Une situation que certains ne se privent plus de déplorer publiquement, à commencer par le patron de Barthi Airtel, le premier opérateur mobile privé du sous-continent.

MàJ [05/02/10@09h04] Selon nos confrères indiens de l’Economic Times of India, le régulateur indien des télécoms prévoit, d’ici juin, de définir un cadre réglementaire pour l’installation des relais de téléphonie mobile dans les zones résidentielles – afin de le limiter –, suite à l’incident de Noida. Ce cadre pourrait définir le nombre optimal de relais pour la couverture d’une zone géographique, tous opérateurs confondus, et imposer la mutualisation des infrastructures. La réflexion porte aussi sur l’utilisation des installations de distribution électrique comme points hauts d’implantation de relais. En attendant, les autorités de Delhi envisageraient de suivre l’exemple de Noida – à Delhi, selon nos confrères, on compte 4 532 relais dont 2 517 auraient été implantés de manière illégale.

Vite lu dans la presse indienne

– Après l’offensive terroriste de Mumbai, les entreprises IT renforcent la sécurité sur leurs campus. [HBL][HT] Les événements ont notamment rappelé de mauvais souvenirs à Hyderabad. Infosys, Microsoft ou encore Satyam, pour n’évoquer qu’eux, auraient largement raffermi la sécurité physique de leurs installations. Les ventes de matériels de sécurité – caméra, détecteurs de métaux, etc. – seraient au beau fixe. [ToI] Bluffées par le niveau de sophistication des attaques de Mumbai, les entreprises du secteur marchand demandent de l’aide pour sécuriser leurs installations. [IE] Reste que la menace semble généralisée : alors que les aéroports indiens ont été placés en alerte maximale, un coup de fil anonyme vient de menacer d’attentats à Bangalore. [TH]

– Les SEZ, ces zones à fiscalité réduite continuent d’être l’objet de débats en Inde. De nombreuses entreprises IT s’y sont implantées pour profiter de niveaux d’imposition réduits. Mais pas encore assez. Ainsi, les administrateurs des SEZ militent-ils actuellement pour que l’imposition sur les revenus des sociétés implantées en SEZ ne soit plus calculé que sur le CA généré dans les SEZ, un CA à dissocier donc de celui généré par les autres implantations éventuelles. [BS] L’Inde compte 531 SEZ pour environ 20 Md€ d’exportations attendus pour l’exercice fiscal 2008-2009. Mais la crise économique mondiale contribuerait au ralentissement de certains projets de nouvelles SEZ. [BS] Quoique. Au Tamil Nadu (Chennai), de nouvelles SEZ devraient attirer jusqu’à 39 M€ d’investissements. [BS] Les parcs technologiques de Madurai et Tiruchi, situés en SEZ, seraient déjà pleinement réservés. [TH] Mais au Kerala, les entreprises du GTech, installées en Technopark, veulent obtenir du gouvernement une réduction de leurs loyers ; ils seraient 15 % plus chers qu’à Bangalore ou Chennai. [BS]

– L’Inde s’apprête à réviser sa législation, datant de 2000, afin de pénaliser la cybercriminalité. Jusqu’à la pédopornographie sur Internet. [ET] L’Inde devrait adopter la même ligne que l’Union Européenne.

– L’Inde aussi se met à l’heure des campagnes électorales sur Internet. [IBN] Il faut dire que, même si elle souffre notamment d’infrastructures défiantes pour fournir largement des accès à Internet à haut débit, l’Inde se place au quatrième rang des nations mondiales en nombre d’internautes. [ITE] Le nombre d’adresses IP utilisées en Inde aurait progressé de 23 % à 2,6 millions, au troisième trimestre 2008. [HBL] Et pour aider la croissance, l’opérateur public BSNL propose un ordinateur pour 62 $ en plus d’un abonnement à Internet. [ITE]

– Une belle opportunité en vue pour les SSII : l’Etat de l’Haryana veut informatiser la gestion de sa fiscalité. Un projet à plus de 600 MRs. [FE] Autre opportunité en vue : l’informatisation des industriels de l’énergie, programmé pour l’horizon 2012. [BS] Et il faut ajouter à cela les projets des banques chinoises de multiplication des distributeurs automatiques de billets. [ITE]

– Le retournement de conjoncture ne fait pas que des malheureux. Alors que ingénieurs tous frais émoulus des instituts indiens de technologie (IIT) commenceraient à peiner à trouver place au sein des grandes SSII locales, les startups en profiter pour recruter à bon compte. [BS] Au Punjab, les licenciements ont néanmoins commencé. [FE] Dans l’IIT d’Hyderabad, les cours de .Net, SharePoint, Oracle et SQL Server commencent à voir baisser leurs effectifs. [HBL]

L’inflation continue son reflux, à un peu plus de 8 % sur un an. [NewsX] Mais la croissance aussi ralentit, à 7,6 % au second trimestre de l’exercice fiscal en cours. [ToI]

– La situation reste mauvaise sur le front de l’électricité. L’état du Tamil Nadu (Chennai) limite ainsi à 20h l’approvisionnement par le réseau des industries. Et a réduit de 40 % leur autorisation de consommation. [FE] La situation n’est guère meilleure du côté d’Hyderabad. [TH] Ou encore au Karnataka (Bangalore) où il faut compter avec 2h de coupure par jour, en ville, et jusqu’à 12h dans les villages. [ITE]

– La portabilité du numéro fait à son tour, après la 3G, les frais des tensions entre le régulateur indien et le ministère local des télécommunications. Tous deux ne cachent plus leur désaccord sur la procédure à mettre en place. [HBL] Reste que, en 2010, l’Inde devrait compter 500 millions d’utilisateurs du téléphone mobile, contre 325 millions aujourd’hui. [HBL] Pour un chiffre d’affaires de 54 Md$ en 2012. [HBL] Les enchères pour les licences 3G doivent commencer en décembre ; les opérateurs publics MTNL et BSNL devraient pouvoir ouvrir leurs services dès mars 2009. [NewsX] Pour WiMax, le processus devrait s’achever en janvier. [HBL]

La technologie au coeur de l'enquête sur les attentats d’Ahmedabad et de Bangalore

Alors que Tata Consultency Services et jusqu’au Nasscom avaient jeté l’éponge dans l’enquête pour remonter à l’auteur des e-mails de revendication des attentats d’Ahmedabad et de Bangalore, il semble que la police du Gujarat ait réussi une percée significative à l’aide de 5 téléphones mobiles utilisés par les terroristes [NewsX]. La police locale estime ainsi avoir trouvé les responsables, dix activistes du SIMI (Students Islamic Movement of India) dont leur leader présumé, le Mufti Abdul Bashar Kasmi. Le SIMI est considéré comme le bras policé des Indian Mujahideen [ToI].

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Vite lu dans la presse indienne

– Ca patine. TCS et le Nasscom, appelés à la rescousse par autorités indiennes pour trouver les auteurs des e-mails de revendication des attentats d’Ahmedabad, ont fait chou blanc. La brigade anti-terroriste espère encore des résultats du côté du laboratoire de la police scientifique de Mumbai. [NewsX]

– Non, l’Inde n’est pas responsable des réductions d’effectifs dans le secteur bancaire en Europe. Du moins pas complètement. Selon une étude présentée par Deutsche Bank, seuls 10 % des suppressions d’emploi chez les banques européennes depuis 2002 seraient liés à l’offshoring. [ToI]

– Ceinture. Les salaires pour les cadres et cadres supérieurs des entreprises IT indiennes ne devraient croitre que de 8 à 10 % cette année, contre 50 à 60 % il n’y a encore que quelques années. [DNA] L’agence de conseil Zinnov devrait apprécier : selon elle, l’Inde risque de perdre son rang de première destination pour l’offshoring de R&D IT si les salaires continuent leur progression. [ET]

– Une nouvelle stratégie pour fidéliser les salariés dans les entreprises d’externalisation de processus métier (BPO) ? Désormais, ceux-ci auront le droit, légalement, de travailler depuis leur domicile. Le but : attirer plus de femmes et s’ouvrir aux personnes handicapées. [ET] Bien. Mais qui assumera la responsabilité de la continuité de service pour l’alimentation électrique et la connexion à Internet ? Sans compter la question de la sécurité des données.

– Il fait vraiment si bon travailler pour l’industrie IT indienne ? Sandeep Shelke, tout jeune diplômé de 25 ans, embauché comme développeur logiciel chez Persistent Systems, vient de se jeter du haut de la terrasse du bâtiment dans lequel il travaillait. Dans une note, Sandeep Shelke précise les raisons de son suicide : « je ne parviens pas à bien faire mon travail et cela me déprime. J’ai fait de mon mieux pour remplir mes objectifs mais je n’y arrive pas. Je suis désolé pour ceux qui m’aiment, mais je ne peux l’éviter. » Selon son cousin, Shelke aurait été d’une nature particulièrement sensible. [ToI]

– L’administration d’infrastructures à distance. C’est la nouvelle activité porteuse pour des SSII indiennes telles que Reliance Infocomm, Tata Telecommunications, Sify ou encore Netmagic Solutions. L’Inde serait même en passe de devenir un « hub global pour les services hébergés. » [HT]

– Greenpeace commence à s’attaquer à la question épineuse des déchets électroniques en Inde. Selon l’ONG, le pays a généré quelques 380 000 tonnes de ces déchets en 2007. En 2012, ce pourrait être 800 000 tonnes. Et de mettre à l’index des Apple, Sony, Toshiba, Philips ou encore Samsung qui n’ont pas mis en place de processus de recyclage pour leurs produits, en Inde. A l’inverse, HCL et Wipro soutiennent clairement la mise en place d’une législation contraignante sur la collecte des déchets électroniques. [HT]

– 250 millions. C’est le nombre d’abonnés au téléphone mobile en Inde. Le pays se place du coup en seconde position derrière la Chine. Mais la croissance du marché du mobile est plus rapide en Inde, avec 8 à 9 millions de nouveaux abonnés par mois, contre 6 à 7 millions en Chine. [NewsX] Mais l’Inde pourrait « faire mieux », notamment dans les zones rurales, avec un cadre réglementaire assoupli. [DNA] Les MVNO pourront peut-être aider : ils devraient bientôt pouvoir prétendre à des licences et être détenus jusqu’à 74 % par des fonds étrangers. [MM]

– Une réservation annulée pour un voyage en train ? Bientôt, l’IRTC, la compagnie indienne de transport ferroviaire proposera des alertes par SMS, à l’instar des compagnies de transport aérien. [HT]

– Au Kerala, la commission de régulation du marché de l’énergie vient de demander à toute la population de prendre des mesures pour contrôler ses dépenses d’électricité afin d’éviter une lourde hausse des coûts. [The Hindu] A Mumbai, de nombreux quartiers sont frappés par la pénurie de diesel, tant en raison des coupures d’électricité que de systèmes de quota mis en place par les distributeurs. [MM] Du côté de New Dehli, la centrale de Dabhol a été contrainte de diviser sa production électrique par 7, à 300 MW, en raison de problèmes d’approvisionnement en gaz naturel. [MM]

– Le reflux des prix du pétrole, notamment, laissait espérer une accalmie sur le front de l’inflation, en Inde. Pour l’heure, il n’en est rien : la barre des 12 % vient d’être dépassée ; au plus haut depuis 13 ans à 12,01 %. [The Hindu]

Recharge pour nomade

Borne de recharge signée Reliance

Dans tous chacun des aéroports indiens que j’ai pu explorer, j’ai trouvé ce genre de bornes. Il s’agit de postes de recharge pour téléphones mobiles de différentes marques. Ils sont sponsorisés par les opérateurs mobiles locaux, principalement Reliance, Airtel et Vodafone. 

Ces bornes semblent plutôt appréciées des voyageurs. A plusieurs reprises, je les ai trouvées avec quatre ou cinq mobiles en charge. Un indien de passage m’a indiqué en trouver fréquemment dans les aéroports asiatiques. 

En revanche, je n’ai pas trouvé de poste de recharge pour les ordinateurs portables. Dommage. Les prises électriques ne sont pas légion – m’enfin, c’est souvent mieux qu’à Roissy – et c’est un peu la bataille pour en trouver une de libre.

Le mobile, même en moto, sans casque ni kit mains libres

Je suis arrivé à Mumbai vers 6h30, heure locale. Le temps de trouver un taxi et de récupérer ma chambre d’hôtel, il était dix heures, le bon moment pour m’atteler à ma première tâche sur place : me procurer un moyen de communication mobile efficace et pas trop cher. En effet, durant les prochaines trois semaines , je devrais rester joignable autant que lorsque je suis en France, que ce soit par mes collègues restés à Paris ou par les personnes que je dois rencontrer ici, quelque part entre Mumbai, Bangalore ou Dehli. Mais il n’est pas question d’exploser le budget prévu pour ce voyage pour les beaux yeux de l’un de nos opérateurs mobiles hexagonaux.

En Inde, Vodafone enregistre les pré-commandes pour l\'iPhone.Mon dévolu s’est jeté sur Vodafone. Ce n’est pas vraiment un hasard : l’opérateur dispose d’un point de vente à 50m de mon hôtel. En devanture, on peut d’ailleurs voir le teasing opéré autour de l’iPhone 3G. Cette proximité de l’antenne Vodafone n’est pas non plus un hasard : face à Airtel ou encore Reliance, Vodafone serait en position de force à Mumbai, selon une amie qui vit dans la banlieue de cette mégapole.

Pour prendre une carte prépayée, il faut se munir de son passeport ainsi que de l’adresse complète de son hôtel, même si l’on ne doit y rester que quelques jours. Surtout, il faut prévoir une photo d’identité. Un peu partout en ville, de petites officines proposent d’en réaliser en quelques minutes, à la manière de nos photomatons. Mais là, l’automatisation est réduite au minimum. Par exemple, à la gare de Church Gate, où j’ai fait réaliser ladite photo, le père tient l’officine et la caisse; un premier fils s’occupe des prises de vue, avec un petit compact numérique, mais aussi du calage du rideau qui sert d’arrière plan, de la mise à l’échelle et de l’impression sur une imprimante photo couleur domestique; un second fils assure le découpage et la livraison des photos au client. Une fois muni de tous les documents nécessaires, l’activation de la ligne prépayée est allé très vite.  

Du coup, j’ai pu commencer à communiquer mon numéro de mobile indien à toutes les personnes concernées. Et devinez quoi ? Mon téléphone s’est mis à sonner dans les minutes qui ont suivi ! Il faut dire que le mobile rencontre ici le même succès que partout dans le monde : je n’ai pas le taux d’équipement sous la main, mais il est difficile de croiser un indien qui ne tienne pas son mobile dans la main dans la rue. 

Quai de gare, à Mumbai, en heure creuseEn prenant le train pour aller dans le quartier de Bandra, je n’ai, en revanche, presque pas entendu de sonnerie de téléphone. Mais ce n’était ni un jour, ni une heure de pointe. Ce qui n’a pas empêché le wagon d’être bondé, une configuration finalement peu propice aux longs échanges téléphoniques. Et puis il y a les prix des communications. Rapportés au budget d’un européen, ils sont ridicules. Par exemple, appeler à Chennai depuis Mumbai, m’a coûté 1,5 Rs/min avec ma carte prépayée, l’équivalent de 0,02 €/min. reste que, rapportée au salaire d’un indien, la facture peut vite être significative.

Rue de Mumbai, perçue depuis un Rickshaw (sans le son)Ici l’interdiction d’usage du mobile au volant n’existe pas. Dans la rue, j’ai même vu plusieurs indiens téléphoner au volant de leur moto – dont un avec passager -, sans kit mains libres ni casque sur la tête. Franchement, j’en ai frémi compte tenu de la densité de la circulation routière locale et… de son côté chaotique aux yeux de qui débarque fraîchement des routes bien ordonnées et largement surveillées de France. 

Enfin, les services de type « ringback tone » – on écoute de la musique pendant que ça sonne chez son correspondant – m’ont l’air plutôt populaire, même chez les trentenaires : j’y ai été confronté avec plusieurs correspondants – tous sortis depuis longtemps de l’adolescence – au cours de cette première journée.

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