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Les syndicats célèbrent à leur manière le centenaire d’IBM

«Joyeux anniversaire, IBM», lancent en coeur les délégués syndicaux d’IBM du monde entier à la fin d’une vidéo de 3 minutes diffusée sur Internet à l’occasion du centenaire du groupe. A cette occasion, Samuel Palmisano, Pdg d’IBM, a fait un discours à HEC Paris début mars dernier. En ce vendredi 10 juin, c’était au tour de Mark Loughridge, vice-président senior et directeur financier d’IBM, d’intervenir à Sciences Po Paris.

 

Les SSII multiplient les initiatives pour lutter contre l’attrition

Au dernier trimestre 2010, Infosys a du se contenter d’une croissance nette de ses effectifs inférieure au nombre des départs… La faute à une attrition passée de 11,6 % en décembre 2009 à 17,5 % fin 2010. Chez TCS, elle atteignait 14,4 % au dernier trimestre 2010 – 24,7 % sur le BPO et 13,2 % pour les services IT. Chez HCL, elle est remontée de 12,8% sur les activités de services IT, au dernier trimestre 2009, à 17,2 % fin 2010… Chez Wipro, elle était remontée à 16 % au second trimestre 2010, contre 9,8 % un an plus tôt…

Un véritable défi quand on sait les difficultés du recrutement dans le sous-continent. Alors les périodes de formation reculent, ainsi que les taux d’intercontrat.

Pour lutter contre cette explosion, les SSII indiennes multiplient les recrutements et les initiatives pour retenir leurs talents. Avec notamment des efforts sur les promotions et les rémunérations, dont la progression est attendue pour 2011 aux niveaux historiques de 2007. TCS prévoit par exemple deux cycles d’augmentation de salaire par an pour cadres supérieurs, contre un seul jusqu’ici. Et il faut bien ça: selon nos confrères de SiliconIndia, les grands de l’IT indien ont commencé «une guerre pour les meilleurs talent au niveau du top management.»Mais les entreprises IT ont également allongé de délai de préavis à 3 mois pour les départs volontaires – contre un mois, notamment durant la crise financière.

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Fait-il bon travailler chez HCL Technologies ?

La question pourrait se poser – et d’ailleurs, se pose – pour les autres SSII indiennes. Mais avec sa philosophie de management dite «Employees First, Customer Second», HCL fait un peu figure d’ovni. Question, donc : sur le terrain, au quotidien, quel est l’impact de cette philosophie ?

En particulier, lors de la rencontre organisée fin octobre entre Vineet Nayar et les salariés de Gurgaon, un salarié s’était de voir ses compétences sous sinon mal employées. Alors j’ai profité de la présence salariés lors d’un déjeuner dans les bureaux de HCL à Noida pour évoquer le sujet avec eux. Attention : il ne s’agit pas de salariés rencontrés par hasard mais de collaborateurs choisis par HCL pour rencontrer les journalistes présents. Mais l’échange n’en a pas manqué pour autant d’une certaine franchise.

Un premier : «dans mon équipe, nous recrutons d’abord sur la base de compétences acquises. Mais au bout d’un moins de formation, nous organisons un entretien pour savoir si le candidat peut être intéressé d’autres options. Par exemple parce que, après ce laps de temps, il apparaît que nous avions des attentes trop techniques par rapport au candidat, dans le cadre du poste initialement envisagé. Et qu’il ne se projette plus dans ce poste. On cherche alors une orientation au sein de l’entreprise.»

Une seconde : «Je sors d’études financières et j’ai fait ma dernière année d’études dans le marketing. Et je suis dans le département Formation. Ça surpris, au début que l’on me propose de faire du marketing au département formation. Mais je n’en suis pas frustrée; j’en suis même plus satisfaite. En fait, j’ai pu utiliser mes compétences pour assurer la promotion, en interne, de nos programmes de formation.»

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L’autonomie, clé de la fidélité des salariés indiens ?

Un salarié heureux, fidèle, est d’abord un salarié qui se sent libre d’initiative et autonome. Kalian, le collaborateur indien de Michel Guez, qui dirige l’implantation indienne de Smartesting, à Bangalore, voit ainsi et les choses et ne s’en cache pas. Il n’a jamais travaillé pour une entreprise indienne et espère bien pouvoir l’éviter… Question: «compte tenu de l’autonomie dont vous disposez chez Smartesting, envisageriez-vous d’aller, par la suite, travailler pour une entreprise indienne ?» Réponse : «Non. Je ne veux pas travailler pour une entreprise indienne. En dix ans d’expérience, je ne l’ai d’ailleurs pas fait. Mais je sais comment ça se passe, par les retours de mes amis qui y travaillent. Il y a beaucoup de bureaucratie; la hiérarchie est très pesante. Les règles ne sont pas très bonnes. Il n’y a pas beaucoup de liberté et la capacité individuelle de décision est limitée. Pour la moindre petite chose, il faut demander à son supérieur l’autorisation. Et les gens sont de toute façon tellement habitués à ce fonctionnement qu’ils n’ont pas les tripes d’en sortir.»

Et ce ne serait pas exclusif des entreprises indiennes : cela vaudrait aussi pour les implantations indiennes de multinationales, dirigées par des indiens.

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Regards croisés sur la crise financière telle que l’a traversée Bangalore

Si l’industrie IT indienne a clairement et rapidement relevé la tête, la traversée de la crise financière n’a pas été complètement indolore. Cela s’est traduit dans les résultats trimestriels des grandes SSII indiennes, tout particulièrement entre le 4ème trimestre 2008 et le 3ème trimestre 2009. Mais sur le terrain, au quotidien, et précisément à Bangalore, comment cela s’est-il passé ? C’est la question que j’ai posée à trois personnes qui vivent sur place : deux indiens et un français.

Karthik Shekhar, secrétaire général du syndicat Unites en Inde.

Pour Karthik Shekhar, secrétaire général du syndicat Unites, la crise a dû générer «environ 50 000 pertes d’emploi. Officiellement, l’industrie ne fournit pas de chiffres; nous tirons cette estimation des contacts que nous avons eu. Les salariés de Wipro que tu as rencontré la dernière fois font partie de ceux qui ont perdu leur boulot pendant la récession.» Pour Michel Guez, qui dirige l’implantation indienne de Smartesting, «il y a eu une réaction tardive, comme un tsunami qui serait arrivé avec un temps de retard. Mais quand les grandes SSII ont pris la mesure de la chose, leur réaction a été violente. Elles ont coupé toutes les dépenses, viré des sous-traitants – il faut bien avoir à l’esprit que 20 à 30 % des effectifs réels de ces SSII ne sont pas employés en interne. Ces sous-traitants ont sérieusement souffert. Notre partenaire de l’époque, par exemple, a du passer, du jour au lendemain, de 100 collaborateurs à une petite vingtaine. Et encore, en inter-contrat…» Un épisode violent, donc, mais très court.

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Inquiétude palpable après la décision américaine de restreindre le recours aux visas H1B

Le choix des parlementaires américains de recourir à la préférence nationale pour les effectifs IT – dans le secteur financier, et plus particulièrement les banques aidées par l’état – suscite un émoi certain dans le sous-continent indien.

Dans le Business Standard, Leslie D’Monte relève notamment que le « Top 10 des consommateurs de visas H1B est largement trusté par des entreprises indiennes, y compris Infosys, Wipro et Satyam. » Des entreprises déjà malmenées par la réduction, il y a deux ans, du quota de visas H1B de 195 000 par an à 65 000. Et bien sûr par la crise économique mondiale.

Dans la presse indienne, Som Mittal, le président du Nasscom, la chambre syndicale du patronat des SSII indiennes, clame à l’envi que la disposition votée par les parlementaires américains n’aura pas d’impact direct, en l’état, sur l’activité de ces entreprises.

Dans les colonnes du Hindu Business Line, Som Mittal explique notamment que la disposition concerne les entreprises américaines aidées par l’état et qui sont dépendantes de ressources étrangères sous visas H1B. Pour le président du Nasscom, « c’est fait pour les entreprises américaines […] Cela n’a rien à voir avec les SSII indiennes. » Plus précisément, dans les colonnes du Hindustan Times, Som Mittal estime que ne sont concernées que les employeurs directs… pas leurs éventuels sous-traitants. De quoi laisser une vaste marge d’interprétation et d’ajustement.

Dans les colonnes de The Economic Times, Viral Thakkar, directeur exécutif de KMPG en charge des services de conseil en sourcing, estime de son côté que « l’impact sera minimal. » Le broker CLSA se rallie quant à lui à l’analyse de Som Mittal. Mais le secrétaire général du syndicat Unites, Karthik Shekkar, ne partage pas cette sérénité et affiche clairement son inquiétude. Dans les colonnes de IT Examiner, il insiste : « il est temps que les employeurs IT indiens regardent la réalité en face. »

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